Pierre Dostie, candidat de Québec solidaire

Une chronique bric-à-brac

OPINION / La chronique de Sébastien Lévesque du Quotidien du 18 juin 2018 s’en prend à la gauche et la trouve responsable de la montée de la droite. Nous présentant la gauche sans nuance, en mettant tous les courants dans le même sac, le chroniqueur rate ici une belle occasion de faire un peu d’éducation politique et répète les préjugés à l’endroit de ceux qui « vivent dans une bulle idéologique parfaitement hermétique » face à des enjeux comme la charte de la laïcité ou l’immigration.

Je voudrais signaler que Québec solidaire a déposé un projet de loi à l’Assemblée nationale sur la laïcité de l’État québécois, parrainé par la députée Françoise David. Sur la question de l’immigration, nous considérons qu’il n’y a pas lieu de restreindre l’entrée de nouveaux immigrants, mais qu’il faut, au contraire du gouvernement Couillard, renforcer les mesures d’intégration en emploi, d’apprentissage du français et d’accueil en région où les pénuries d’emploi sont grandissantes. Il n’y a pas de contradiction entre ces enjeux et la lutte à la culture du viol ou le racisme systémique.

Nous considérons d’ailleurs que l’indépendance du Québec est la mesure qui permettrait pleinement à l’État québécois de faire face à ces enjeux. Je ne vois pas où se trouve l’anti-nationalisme dans ce projet. Nous travaillons à construire une nouvelle nation inclusive qui ne laissera personne derrière au pays du Québec, et qui partagera sa souveraineté avec les Premières nations. Je vous invite à prendre connaissance du programme de Québec solidaire, qui n’est pas « complètement déconnecté de la réalité ». J’ai cependant le regret de vous dire que votre chronique bric-à-brac elle, l’est.

Pierre Dostie

Candidat de Québec solidaire

Chicoutimi

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TOUJOURS LA POLITIQUE DU MOINS

OPINION / Monsieur Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux

Il y a quelques années, j’ai dû me résoudre à confier ma conjointe à une maison d’hébergement, un CHSLD, en fait, situé sur la rue Jacques-Cartier, à Chicoutimi.

Jusqu’à il y a trois semaines, la nourriture était confectionnée sur place et elle était d’excellente qualité, en plus d’être bien adaptée au groupe restreint de personnes qui vivent à cet endroit. Les bénéficiaires avaient droit à des soupes convenablement assaisonnées, des plats de résistance goûteux et des desserts consistants. Il fallait bien s’y attendre, cependant, cette orgie de luxe n’a pas tardé à vous paraître intolérable.

Aujourd’hui, ordre du ministère, paraît-il, nous devons nourrir nos aînés d’une cuisine fabriquée à l’hôpital, pour une énorme collectivité qui n’est généralement que de passage. Elle nous est livrée en matinée et gardée au chaud toute la journée pour être servie tant au souper qu’au dîner. Plus de soupes, sinon de façon exceptionnelle ; des crèmes insipides dont à peu près personne ne veut et qui finissent le plus souvent aux rebuts. Les mets principaux sont à l’avenant, le plus souvent mal assaisonnés. De plus, imaginez une omelette ou une quiche qui a été gardée au chaud toute la journée ; en fait, le goût et la consistance du réchauffé sont fort répandus dans les plats qu’on propose. Quant aux desserts, ils sont dominés par des meringues et crèmes diverses qu’on se procure en vrac dans le commerce et dont on ne voudrait guère comme collation.

Chose certaine, on a perdu au change, en plus d’être privés d’une influence directe sur les menus et leur préparation. Jamais vous ne vous contenteriez de cette mangeaille pour votre ordinaire, même si vous prétendez être séduit par les patates en poudre.

Sans doute considérez-vous qu’ils sont quantité négligeable, ceux qui souffrent d’un handicap invalidant ou qui, parvenus à un âge avancé, ne sont plus productifs ; qu’il n’y a plus qu’à les tolérer le temps qu’il leur reste en limitant les dépenses au minimum ; qu’il vaut mieux garder le caviar et les bons morceaux pour ceux de votre acabit.

Car ce n’est pas le premier coup que vous portez non seulement aux services aux plus démunis, mais également à l’organisation et à la gestion des soins de santé. La centralisation à outrance a des effets pervers que vous ignorez délibérément. Certes, votre œuvre et votre nom passeront à la postérité. L’histoire se souviendra de vous comme de celui qui, pour enrichir des médecins millionnaires, aura sacrifié tout un réseau. Bien sûr, l’élite ne se contente jamais de vagues bonbons ; pour la gâter, il faut pressurer une masse très importante de gagne-petit.

Ce n’est sans doute pas un hasard si on a tant de difficulté à recruter pour combler les rangs de nos préposés et si les taux d’absentéisme bondissent. Votre vision de l’équité ne peut que décourager la relève et démobiliser ceux, celles, surtout, car il s’agit principalement de femmes, qui sont vos plus fidèles alliés et qui, en dépit de tout, entourent d’affection les bénéficiaires, qu’ils soient aimables ou acariâtres, capricieux ou conciliants, nickel ou malpropres.

Finalement, les inévitables heures supplémentaires plombent les économies que vous prétendez faire et aboutissent sans cesse à de nouvelles restrictions. De toute façon, hein ! la campagne électorale bat son plein depuis quelques mois. Vos soi-disant économies, elles s’y engloutissent allègrement.

Clément Martel

Chicoutimi