Notre chroniqueur Vincent Marissal écrit une lettre au premier ministre Philippe Couillard afin de lui faire part de ses inquiétudes quant aux impacts des compressions budgétaires dans les écoles publiques.

Une catastrophe planétaire

«C'est tragique qu'on ait eu besoin d'un enfant mort pour réveiller notre conscience». Incroyable cette réflexion de notre premier ministre, Philippe Couillard, dans le journal Le Quotidien, sur la tragédie que vivent des millions de migrants sur le Vieux continent...
Une tragédie qui durent depuis des mois, voire des années, que TV5 nous relaie presqu'à tous les jours. Devenu tout à coup sensible à ces millions d'êtres humains, à titre de dirigeant d'État, cela aurait dû faire un bail qu'il décide, comme il vient de le faire savoir, d'accueillir plus de réfugiés. Mon conjoint et moi, ça fait des mois qu'on voit ces pauvres gens fuyant la guerre, qui meurent noyés, qui se font rejeter aux frontières, qui se font tirer dessus, qui s'enchevêtrent dans les barbelés. Les quatre coins de la planète sont devenus accessibles étant donné toute la quincaillerie technologique de communication cependant, la moitié d'elle préfère fermer les yeux et refuse le principe des quotas de réfugiés. Pourtant nous sommes tous «inter-reliés» et dépendants les uns des autres. Le petit Alan Kurdi, comme des millions de ses petits congénères, aurait eu droit à une rentrée scolaire dans la quiétude, le confort et l'enthousiasme comme nos millions de petits Québécois. Ce n'est pas le mauvais sort qui en a décidé autrement, ce sont les inégalités toujours grandissantes, incluant les nôtres. Et si l'on arrêtait de voir les nouveaux arrivants comme un fardeau plutôt que comme une richesse? À méditer, ces paroles de Gilles Vigneault: «Les derniers arrivés que je ne connais pas et que voici chez nous pour avoir fuit des guerres et qui ne disent rien mais qui ne s'en vont guère retenant leurs pas. Chacun porte son âge, sa pierre et ses outils, pour bâtir son village sa ville ou son pays».
Louise Brassard
Jonquière