Une approche équilibrée pour le caribou forestier

OPINION / Le secteur forestier québécois regroupe plus de 60 000 travailleurs, aujourd'hui inquiets des conséquences que pourraient avoir les décisions du gouvernement fédéral relativement au caribou forestier.
Le caribou forestier est certes l'un des enjeux cruciaux de l'aménagement durable des forêts québécoises. La complexité de cet enjeu et le besoin de connaissances additionnelles rejoignent toutefois la majorité des intervenants. Beaucoup d'énergie et de ressources ont été investies au cours des dernières décennies pour améliorer nos connaissances, mais les manques demeurent criants. Qu'en est-il de la population totale de caribou forestier ? Quels sont les effets du réchauffement climatique ? Comment expliquer le déclin des populations de caribou toundrique là où les activités humaines sont très limitées ? Comment expliquer que des inventaires récents montrent des hausses de population dans des régions où le taux de perturbation est très important ? Autant de questions sans réponse. 
Ce que l'on sait, très bien par ailleurs, c'est qu'on a mis en place au Canada un cadre de gestion des espèces menacées qui peut avoir des conséquences bien réelles sur les travailleurs forestiers canadiens qui oeuvrent sur les territoires concernés. Pourquoi ces craintes ? Parce que l'approche du programme de rétablissement du fédéral repose sur une étude établissant qu'au-delà de 35 % de perturbation, une population locale de caribou (harde) aurait moins de 60 % de probabilité de survivre dans le temps.
D'ici le 5 octobre prochain, la ministre fédérale de l'Environnement et du Changement climatique, l'honorable Catherine McKenna, devra rendre public un rapport sur la mise en oeuvre de ce programme de rétablissement. Certains groupes environnementaux ayant mis en demeure la ministre, la pression sera forte pour qu'elle intervienne et ordonne l'arrêt d'activités prétendument jugées préjudiciables au caribou forestier. Depuis plus de 15 ans, l'industrie forestière du Québec travaille avec son gouvernement afin d'améliorer nos connaissances et nos pratiques relatives au caribou. En 2015, ce dernier a publié un plan d'action qui vise à optimiser la protection de l'habitat du caribou forestier tout en minimisant les impacts sur les activités forestières et les retombées socio-économiques qui en découlent. Ce plan est discuté au sein d'une table des partenaires, regroupant des représentants des Premières Nations du Québec, des élus municipaux et régionaux, des groupes environnementaux et de l'industrie forestière.
L'approche du Québec est audacieuse, mais s'appuyant sur des connaissances locales, régionales, scientifiques et traditionnelles autochtones, elle produira, nous en sommes assurés, des résultats plus satisfaisants pour tous.
Voilà pourquoi nous demandons au gouvernement fédéral, qu'avant de poser un geste qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour des milliers de travailleurs et les dizaines de communautés qu'ils habitent, il s'assure d'avoir en main toutes les informations scientifiques ainsi que les études socio-économiques lui permettant de prendre des décisions qui maintiendront l'équilibre entre la protection de l'habitat du caribou forestier et le développement socioéconomique des régions. Il en va de l'avenir du caribou, des travailleurs et de nos communautés.
André Tremblay
Président-directeur général
Conseil de l'industrie forestière
Abattons la tour!
OPINION / Native de Saint-Fulgence, à dix-huit ans, je quitte mon patelin pour y revenir vingt-cinq années plus tard. Deux semaines après mon retour dans ce joyau du Saguenay-Lac-Saint-Jean, faisant une petite balade à vélo le long des superbes battures, qu'entends-je, que vois-je ? L'hélicoptère travaille fort à transporter des structures... cadeau de bienvenue... une tour de télécommunications pousse en plein coeur de notre village !
Sous le choc et malgré le fait accompli, des citoyens se mobilisent, ruent dans les brancards et creusent pour comprendre les failles du système décisionnel municipal. Nous sommes pourtant riches d'un beau et grand territoire, pourquoi nous imposer un pareil monstre aux effets sournois en plein milieu de notre communauté ? Comment pouvait-on en cette ère de développement durable, donner son aval à un tel projet ? Au détriment de notre santé, à la dévaluation de nos propriétés, à l'horreur visuelle et au gaspillage environnemental !
La désinformation, l'inconscience et la bêtise humaine peuvent faire des ravages, nous en sommes des victimes, notre contrée la première, par l'érection de cette infrastructure qui de plus nous est d'aucune utilité puisqu'elle dessert la rive sud du Saguenay. C'était une question de temps, pour les autorités la montre tournait vite ; il fallait agir rapidement en catimini avant que la loi C-122 arrive et que grâce à cette loi les élus soient dans l'obligation de transparence face à la population en la consultant de façon décente.
Malgré les mois et les années qui passent, les habitants continuent de crier au scandale. Nous exigeons toujours une relocalisation. Nous restons convaincus que ce qui a été fait, et disons-le, mal fait, peut être défait. Certes, c'est une bonne chose, assez facile, d'avouer que l'entérinement d'un tel gâchis fût une erreur. Mais le vrai défi est de corriger cette monumentale bévue, pour nous redonner la fierté d'habiter notre village, pour que nous puissions aller de l'avant et avoir le goût de lui remettre ses lettres de noblesse agroalimentaire, touristique et lui rendre sa magnificence.
Françoise Harvey
Regroupement Village Responsable