Une approche déséquilibrée

OPINION / L'abolition partielle des référendums municipaux a fait les manchettes dernièrement, mais d'autres mesures contenues dans le projet de loi 122 sur l'autonomie des municipalités seront une perte pour l'information publique, comme la fin des discours annuels du maire sur la situation financière et de la publication des avis publics dans les journaux.
Le projet de loi augmente parallèlement les pouvoirs de taxation, de redevance, de développement économique, d'aménagement, etc. En contrepartie, le gouvernement s'est avancé en prévoyant quelques maigres mesures de transparence. Par exemple, les avis publics devront être publiés sur Internet et les règlements municipaux devront être déposés en conseil avant d'être adoptés. En commission parlementaire, les élus municipaux ont eu le cran de protester contre certaines de ces mesures.
Pour le professeur Robert Gagné des HEC, dont le palmarès des municipalités est désormais enterré faute de données depuis l'abrogation du décret sur les indicateurs de gestion, « on assiste ici à un copinage malsain entre le gouvernement et les municipalités ». « Le gouvernement affirme qu'il compte sur la vigilance des citoyens pour suppléer au retrait de ces contrôles, mais il ne donne pas aux citoyens les moyens nécessaires pour le faire. Pire même, on leur en retire », résume Amir Khadir. Afin de ne pas prêter flanc à ces accusations, le gouvernement doit impérativement offrir des garanties plus fortes en matière de reddition de comptes aux citoyens.
D'abord, le projet de refonte de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics est fin prêt à être déposé à l'Assemblée nationale, mais il ne semble pas figurer dans les priorités du gouvernement. Au cours des dernières années, les élus municipaux se sont constamment objectés à ce que l'obligation de diffusion de l'information s'étende à leurs activités. Une approche équilibrée voudrait que la nouvelle loi sur l'accès à l'information soit adoptée en même temps que les mesures d'allégement réglementaire. Il en va de même pour la réforme de la Loi sur le lobbyisme qui connaît un retard considérable.
De plus, alors que le projet de loi 122 fait passer le seuil des contrats en appel d'offres de 25 000 $ à 100 000 $, la majorité des contrats des petites municipalités sera désormais conclue de gré à gré, ce qui a soulevé avec raison l'inquiétude de plusieurs intervenants. Il est pertinent de rappeler que la commission Charbonneau a recommandé d'élargir la compétence du Vérificateur général sur les municipalités de moins de 100 000 habitants. Qu'en est-il de cette recommandation dans le projet de loi ? La commission Charbonneau a aussi étalé au grand jour l'impuissance de la Commission municipale du Québec pour enquêter librement et efficacement. On ne s'attaque d'aucune manière aux défaillances majeures de cet organisme.
En conclusion, nombre de modifications promues par le gouvernement déréglementent des secteurs, l'attribution de contrats et le zonage, qui sont particulièrement vulnérables aux manoeuvres illicites observées ces dernières années dans le monde municipal. Proposer une approche équilibrée ne signifie pas, comme le prétend le ministre Martin Coiteux, ne pas faire confiance aux élus, ni d'ailleurs remettre en question les piliers de la démocratie représentative, mais opter pour une saine gestion fondée sur des données probantes. Et faute de renforcer la reddition de comptes en contrepartie des pouvoirs accordés, on pourra effectivement penser que le gouvernement a raté une bonne occasion en étant démesurément influencé par le lobby des élus municipaux.
Étienne LeBlanc-Lavoie
Université Laval
Sortez-moi de moi
J'aime les artistes. Ils sont le thermomètre de notre société. Ils sont indispensables.
Notre société ne va pas bien. Elle est un peu, pas mal, malade.
Le spectacle de Daniel Bélanger le 4 mai dernier au TBN ne m'a pas rassurée sur le sujet.
Le monsieur commençait sa tournée. C'était son 3e soir de suite, après ses deux représentations au Grand Théâtre de Québec. Ces détails-là ne sont pas inutiles. La salle était comble, si l'on fait abstraction des balcons.
La presse, ici comme à Québec, fait patte douce aux artistes. Que des éloges. Ce n'est pas leur rendre service. Un artiste, par définition, aime vivre dans la vérité.
Le spectacle m'a déçue. Tout m'a déçue. L'éclairage. Une demi-douzaine de spot lumineux sur une scène obscure m'ont aveuglée pour des heures après le spectacle. Le son. Je n'ai jamais associée un artiste comme Daniel Bélanger au heavy metal. J'étais sourde à l'entracte. 
C'était la première fois que j'assistais à un show de Daniel Bélanger. Le déclencheur : au dernier show de la Saint-Jean en plein coeur de Montréal, en 2016, son Sortez-moi de moi . Les mots me sont rentrés dedans.
« Six milliards, six milliards d'humains sur terre, et combien d'êtres solitaires.... ». La solitude, l'incapacité de communiquer, m'ont semblé être les grands thèmes de l'artiste.
La preuve : on l'a vécu au TBN le 4 mai 2017.
Cher Daniel, j'ai acheté l'un de tes disques à l'entracte, La Paloma, avec bien de la misère parce que j'étais devenue sourde à cause du bruit. Je comprends tous les mots, sans les lire, ils sont très forts, sans les cris et le bruit. 
Je suis de l'époque où un spectacle était d'abord et surtout la rencontre avec un artiste qui venait jaser avec ses fans, Vigneault, Ferland, Rivard et bien d'autres. 
Tu es l'un des nos très grands poètes. Tu fais ce que tu veux avec ce que je viens de t'écrire.
Pauline Germain
Chicoutimi