Un vote utile

Pourquoi irais-je voter, cette fois-ci? Rien n'a changé.
Ou si peu. Je sais d'avance que je vais perdre mes élections. Les raisons, pertinentes ou non, de ne pas se prévaloir de son droit de vote sont nombreuses. Pour certains c'est la démotivation, le cynisme; pour moi, c'est dû à l'injustice d'un système électoral qui perdure envers les partis marginaux au Québec. En attendant qu'une assemblée constituante en décide autrement pour, notamment, mettre fin à cette iniquité qui ne favorise, en alternance, que les deux vieux partis, avec la sécurité d'une zone de confort à la clé, le 7 avril prochain, je me présenterai quand même à l'urne.
Seulement, à défaut de pouvoir cocher «j'annule», je vais voter pour un parti marginal. Parce qu'avec la réforme du financement des partis politiques, une avancée, tout de même, vers la reconnaissance des tiers partis, tout électeur dûment accrédité qui se prévaut de son droit de vote vaut à ce parti un dollar en soutien politique. J'aurai alors la conviction, l'argent n'est-il pas le nerf de la guerre, que mon vote aura, au moins, servi à quelque chose. Y aura-t-il, parmi les citoyens qui refusent d'aller voter, des indécis, des désabusés, des cyniques pour en faire autant? Je l'espère bien.
David Falardeau
Chicoutimi