Un trop long calvaire

OPINION / En réaction à la chronique de Roger Blackburn intitulée « Le geste fatal après un refus », et publiée le 9 janvier.

Bonjour M. Blackburn,

J’ai lu votre article du 9 janvier concernant l’aide médicale à mourir. Je suis pleinement d’accord à l’effet que la loi sur l’aide médicale à mourir devrait être élargie pour que les malades atteints d’une maladie dégénérative puissent avoir accès à cette méthode de fin de vie. Ils perdent leur qualité de vie et leur dignité.

Mon mari a été diagnostiqué de la maladie de Parkinson à l’âge de 32 ans. Il a été bien pendant plusieurs années avec une bonne médication et un bon suivi de ses neurologues. Il a accepté toutes les interventions qui risquaient d’améliorer son état, qui ont été bénéfiques quelque temps, mais sans plus. Il est décédé en 2015. Il a vécu cette maladie jusqu’à l’âge de 70 ans.

Depuis 20 ans, sa maladie avait progressé plus rapidement. Il a quitté son emploi à l’âge de 43 ans. Il a pris cette décision après un an de réflexion, un autre deuil difficile à prendre. Il s’est relevé les manches et il a décidé de relever d’autres défis à la mesure de ses capacités.

Plus les années avançaient, plus le quotidien était difficile. Il me disait souvent que j’étais ses bras et ses jambes. Il avait besoin d’aide en permanence, que ce soit pour se rendre aux toilettes, pour ses soins corporels, pour l’aide à manger et à boire. Après deux ans de demande d’aide du CLSC, et je parle des deux années avant son décès, j’ai finalement reçu 9 heures par semaine pour m’aider, uniquement pour le ménage et les repas, mais pas pour aider mon mari dans son quotidien et c’est cet aspect dont nous avions besoin.

Un matin du mois de février en 2015, je me suis levée très épuisée et là, il a compris qu’il fallait qu’il fasse quelque chose. Il demandait depuis plusieurs années de l’aider à partir, ce que je ne pouvais me permettre. D’abord émotivement, j’aurais été incapable, mais j’aurais aussi été accusée de complicité. Je ne me suis absentée qu’une heure dans la journée, prendre une marche avec mon chien. En revenant, j’ai constaté qu’il avait pris la voiture, malgré son état, pour mettre fin à sa vie. Il s’est rendu près d’un quai pour sauter à l’eau. Un employé du traversier a réussi à le retenir et il a été hospitalisé.

Il a demandé au médecin de l’aider à partir, mais bien entendu c’était impossible. Après avoir fait la grève de la faim et de la soif, ils se sont occupés de lui. Il est décédé une semaine après que les soins palliatifs aient débuté, il a dû subir ce délai tout en étant conscient même deux jours avant de mourir. Il ne voulait pas mourir, mais il ne pouvait plus vivre dans cette souffrance physique et psychologique.

Cela fait déjà 4 ans et demi et j’en pleure encore. Toutes les souffrances qu’il a pu endurer pendant toutes ces années. Une bataille sans fin.

J’espère de tout cœur¦ que la loi va changer. Peut-être que mon témoignage ne sert à rien, mais je me suis libéré le c¦œur. C’est un sujet qui me touche beaucoup.

Merci de votre écoute.

Guylaine Fiset

Neufchâtel

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LE COEUR DE CETTE USINE

OPINION / J’ai pris ma retraite en 2006, après 26 ans et 7 mois de services à l’usine Grande-Baie. J’ai été embauché le 3 novembre 1980. L’usine était encore en construction, et pour une centaine d’employés (es) comme moi, c’était tout un défi, car nous ne connaissions pas le processus de fabrication de l’aluminium.

Après 39 ans, l’usine Grande-Baie fonctionne toujours à plein régime. Certes, beaucoup de changements technologiques ont eu lieu. Cependant, une chose n’a pas changé et ne changera jamais. Quoi ? Le cœur de cette usine : les employés, qui travaillent toujours à améliorer le rendement de l’usine et à conserver un haut standard de sécurité. Comme si l’usine était encore au démarrage, à toujours à relever des défis.

Aujourd’hui, nous sommes beaucoup de retraités (es) et malheureusement, plusieurs nous ont quittés. Il n’y a pas si longtemps, une fois par année, on avait le plaisir de se rencontrer au brunch des retraités (es). Bavarder, se souvenir des débuts de l’usine, d’anecdotes, se serrer la main, être heureux de se revoir, et se souvenir de ceux qui nous ont quittés (es). Je n’ai jamais compris pourquoi la direction a mis fin à cette rencontre. Ce n’est sûrement pas une question d’argent, alors pourquoi ? C’était une belle reconnaissance pour nous, les retraités (es). Une occasion pour la compagnie de dire merci pour le travail accompli après toutes ces années.

Je m’adresse donc à la direction de l’usine Grande Baie. Nous, les retraités (es), étions aussi le cœur de cette usine. Nous ne sommes plus sur le plancher, cependant, nous ferons toujours partie de l’usine, car nos noms sont gravés sur une plaque à l’entrée. En espérant que vous graverez d’autres noms sur cette plaque à leur retraite. Alors, pourquoi ne pas faire un petit effort ? Refaire ce brunch au printemps comme avant, ça nous ferait grand plaisir.

Alain Duchesne

Chicoutimi-Nord