Un tournant important à ne pas manquer

OPINION / Il n’est pas étonnant que le ministre de l’Éducation veuille modifier ou abolir les cours d’éthique et de culture enseignés dans nos écoles depuis 2008. Plusieurs signes nous disent que nous sommes dans un tournant important de l’histoire de l’humanité. Les femmes émergent de la relation infantilisante où on les a maintenues depuis des siècles ; les Églises sont moins triomphantes et leurs représentants plus humbles et moins doctrinaires ; la laïcité des organismes publics est reconnue ; les différences entre les personnes mieux accueillies ; l’instantanéité des nouvelles et le mélange des cultures font du monde un village ; et bien d’autres signes.

Tout tournant majeur ne peut se faire sans heurts, sans crispations, sans remises en question, sans échanges. Et plus il est rapide, plus il nécessite de revenir sur l’orientation à donner. Comme point de départ, il nous faut accueillir les thèmes proposés pour l’élaboration de ces nouveaux cours. Mais plus important encore, il faut nous entendre sur l’objectif. Jusqu’ici, on questionne beaucoup les thèmes et les partenaires à impliquer, et bien peu la cible à atteindre.

Il faudrait d’abord réfléchir sur ce qu’il y a de commun à tous les humains, ce qui les unit, ce qui pourrait rassembler sous un même credo les religieux, les athées et les agnostiques. Cette réflexion amènerait à identifier que l’objectif ultime à viser, le but incontournable qui devrait inspirer tous les éducateurs, devrait être d’aider nos jeunes à grandir dans leur humanité. Et donc de les orienter dans la construction d’un monde où les personnes se démarquent non par leur religion ou autres signes, mais par leur niveau d’humanité ou de déshumanité. Chacun des thèmes proposés devrait être examiné sous la loupe de cet objectif. Est-ce qu’ils apprennent à nos jeunes à s’informer à des sources fiables, à réfléchir aux conséquences de leurs actions, à agir avec lucidité, à être ouverts aux échanges entre le « je » et le « tu », le « nous » et les « autres », à vivre en citoyen impliqué et respectueux de soi, des autres et de l’environnement ?

Partout sur la planète, même dans les pays les plus réprimés, on voit les populations se soulever lorsque la justice et la liberté sont bafouées. Cette solidarité et ces cris de révolte m’apparaissent des signes universels d’humanité. Ils ont comme fondement l’amour. C’est pourquoi il serait impardonnable de ne pas parler dans ces cours du Jésus de l’évangile. Non pas pour enseigner les doctrines érigées sur ses enseignements et qui divisent, mais pour l’offrir comme le modèle par excellence de l’être humain, celui qui a atteint les plus hauts sommets dans l’humanité. Évacuer son témoignage créerait un déficit culturel qui risquerait de nous faire manquer le tournant. En plus de faire partie de notre culture et de notre paysage, les enseignements de ce maître inégalé sont à la base de la civilisation occidentale et même après 2000 ans, ils sont toujours actuels. Faire connaître son art d’aimer et de servir, de vivre et de mourir, donnerait à nos citoyens de demain un idéal à imiter. Celui de l’être humain accompli. Leur enseigner à suivre tant bien que mal ses traces les élèverait dans leur humanité. Ce retour aux sources en s’éclairant des dérives de notre histoire aurait toutes les chances d’orienter vers un monde plus humain sans rupture radicale avec le passé.

Robert Gaudin

Saint-David-de-Falardeau

LES VÉGANES

M. Lévesque,

Dans votre chronique Maudits véganes publiée le lundi 20 janvier, vous dites : « Ils sont tannants, car ils nous obligent à remettre en question certaines de nos habitudes et de nos croyances les plus profondément ancrées. Et ils nous mettent parfois face à nos propres contradictions. Pour toutes ces raisons, il peut être tentant de chercher à les discréditer, notamment en les traitant d’extrémistes ou d’illuminés, mais se pourrait-il qu’ils aient raison ? »

Les fanatiques religieux ont aussi raison pour notre manque de croyance et de spiritualité.

C’est le phénomène des extrémistes, que ce soit les véganes, les « jesus break » ou les animateurs des radios poubelles de Québec, qui commence à être dérangeant. Crois ou meurs, tu es pour ou contre nous, en dehors de notre croyance, point de salut...

On n’augmente pas le nombre d’adeptes en terrorisant ou en malmenant les gens. On s’en fait des ennemis. L’argument de l’entropie serait encore plus fort pour justifier de se nourrir de plantes. Mais notre génération n’a pas été élevée ainsi. Malgré l’empressement des activistes, ça va prendre du temps.

Ils seraient mieux de s’inquiéter de la viande végétarienne, qui peut contenir près de 20 ingrédients, qui est ultra transformée et qui demande presque autant d’énergie à produire que d’élever un animal pour sa consommation.

Mario Tremblay

Métabetchouan-Lac-à-la-Croix