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Un système farci d’injustice

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Le Quotidien
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OPINION / On a raconté, récemment, dans le journal Le Quotidien, sous la plume du journaliste Normand Boivin, que le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, s’est dit préoccupé par les limites du système de justice envers les cas pathétiques de récidivistes toxicomanes qui se retrouvent dans sa salle d’audience.

Par Marcel Lapointe, Jonquière

Au palais de Justice de Chicoutimi, ce juge a prononcé une sentence de 90 jours de prison contre un homme de 48 ans accro aux drogues dures, telle la morphine. Le magistrat qui l’a lui-même qualifié de victime de la drogue : « Vous n’êtes pas un criminel, mais une victime », lui a quand même collé une punition. Punir une victime ! Cherchez l’erreur !

Du coup, pour quelqu’un qui doit avoir un brin de suite dans les idées, je me suis dit : « Mais comment un magistrat, qui qualifie, lui-même un accusé de victime, a-t-il pu être aussi impitoyable, en appliquant quand même une loi qui est devenue dépassée ? »

L’occasion fut belle, pour l’honorable juge qui a reconnu lui-même les limites de notre système de justice, de jeter un pavé dans la mare bien-pensante. Volontairement ou pas, il a ajouté sa voix à celles des progressistes qui prônent la voie de la décriminalisation de possession simple de drogues. Peu importe laquelle.

De fait, il faut voir au-delà du moralisme dépassé qui maintient solidement nos œillères.

Que l’on arrête enfin de contempler ce qui est pour les victimes un véritable calvaire.

Je subodore qu’il y a là, comme ce l’est en d’autres domaines, une question d’intérêt pécuniaire.

Un vil intérêt qui, sans aucun doute, est à l’affût d’argent à faire pas très loin derrière.

À piler du fric, tous les dos sont propices, même et sans doute celui de l’humaine misère.