Un souvenir impérissable

OPINION / En réaction à la chronique de Joël Martel, publiée le 30 juin.

Bonjour Joël, 

C’est la deuxième fois en peu de temps que je t’écris. La première concernait les « fausses nouvelles ». J’espère au moins que ton voisin va mieux depuis ce temps.

Je tiens à te féliciter pour ton article du chroniqueur du samedi Le tricycle de Bertrand que j’ai lu par hasard, dimanche matin, chez GD Oeufs, en regardant la Coupe du monde de soccer.

Joël, par ce beau texte, tu as réussi à me faire couler quelques larmes.

J’ai connu Bertrand en 1979-80, alors que j’ai travaillé, en prêt de service de ma commission scolaire, à la CEDAP, devenu depuis le CTA.

Bertrand y était stagiaire. Je l’avais connu brièvement, auparavant à l’école, à l’hiver 1977. Toutefois, c’est au cours de deux saisons de hockey que j’ai eu la chance de le connaître davantage.

En effet, alors que j’étais président de l’équipe pee-wee régionale des Aiglons d’Alma, Bertrand, en compagnie de son complice de toujours, Claude Simard, était préposé de notre équipe de hockey.

Je peux te dire que pour lui, c’était un travail très important et qu’il exécutait avec beaucoup de professionnalisme, et mon mot n’est pas trop fort.

Je me rappelle encore de le voir arriver pour les « games », habillé chic et en cravate, s’il vous plaît !

Joël, tu ne peux savoir à quel point ce travail, bénévole bien sûr, pouvait le revaloriser et le rendre important, car c’était lui, le boss de l’équipement, tâche qu’il exécutait avec beaucoup de plaisir, de fierté, et surtout d’honneur.

Pour moi, Bertrand Beaulieu, malgré son handicap, était un modèle de générosité et de dévouement rare dans ce temps-là.

Merci pour ces beaux souvenirs que tu as brassés « dans mon moi » et continue ton beau travail.

Léonce Gilbert

Alma

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UN ÊTRE D'EXCEPTION

En réaction à la chronique de Joël Martel, publiée le 30 juin.

Salut Joël,

Je me permets de te tutoyer, même si on ne se connaît pas, car ton texte me donne l’impression du contraire. En fait, je suis natif d’Alma. J’ai 48 ans et je réside maintenant à Joliette, depuis près de 20 ans. 

Ton super beau texte m’a tellement rappelé de bons souvenirs. J’ai fait mon hockey mineur à Alma et j’ai joué au hockey au jadis CREPS (maintenant le Centre Mario Tremblay), jusqu’à l’âge de 17 ans. D’atome à midget, j’ai très bien connu Bertrand. J’ai travaillé également au CREPS (aréna et piscine) comme préposé de la ville, de 1986 à 1988. 

Je te dis que j’en ai fait des blagues avec lui. On riait et, crois-moi, il était conscient que parfois, on le taquinait, mais il savait que nous l’aimions. Mon amitié avec cette personne, dite « différente » pour nous à cet âge, a commencé au primaire. Alors que j’étais en cinquième année, une activité était organisée, et nous étions jumelés à des personnes handicapées de la CEDAP, pour deux journées d’échange. C’est qui le chanceux qui a été associé à notre fameux Bertrand ? Eh oui, moi-même ! Crois-moi, j’ai fait bien des jaloux cette fois. Il rayonnait par son charisme et éclipsait sa différence par son humour et sa joie de vivre. Je me suis attaché à lui, et plus tard, nous avons gardé ce lien privilégié entre nous. Les autres étaient proches de lui, mais n’avaient pas eu cette rencontre unique. En tout cas, c’est l’impression que j’avais comme jeune garçon. Crois-moi, j’étais fier de l’avoir eu à moi, de visiter son environnement de travail à la CEDAP. Car, pour lui, le CREPS, avec ses promenades en trois roues, c’était ses vacances et sa partie de plaisir. Aujourd’hui, j’ai le coeur heureux et triste en même temps. Heureux d’avoir eu la chance de le croiser sur mon chemin ; triste de l’avoir oublié depuis tout ce temps. 

Merci Joël, d’avoir ouvert la valve des souvenirs de mon enfance et de cet être merveilleux et bon : Bertrand.

Que Dieu te protège, mon Bertrand. Je te souhaite de rencontrer le Rocket au paradis ! Tu le feras sûrement rire.

Steeve Simard

Joliette