Un pays de gentils «poteux»

OPINION / Au départ, l’idée de rendre légale la consommation de cannabis au Canada a semblé séduisante quoique dérangeante. Le premier ministre Justin Trudeau n’a cessé depuis de faire les frais de quolibets et le bonheur des caricaturistes. Ne deviendra-t-il pas effectivement le père du pot libre du « plus beau pays du monde » ? Comme la légalisation deviendra effective en juillet 2018, je me demande si le 1er juillet, justement, Justin en profitera pour fumer un gros pétard devant les caméras question de lancer les festivités de la Fête du Canada.

Mais trêve de plaisanterie, il apparait évident que c’est au Québec que l’idée du pot légal passe moins bien. Pourtant on pourrait penser le contraire parce qu’on a tendance à dire que les anglophones des autres provinces sont plus puritains que les Québécois. Mais, comme ils sont plus près que nous de l’idéologie américaine, et que le cannabis est maintenant légal en Californie, ces derniers sont plus ouverts à sa légalisation au Canada. J’ai lu un texte de l’éditorialiste Paul Journet sur le site Web de La Presse, en date du 17 janvier, dans lequel ce dernier fait presque l’apologie de l’usage légal du cannabis au pays, mentionnant entre autres que l’odeur du pot n’est pas un véritable prétexte pour interdire les fumeurs récréatifs dans les lieux publics, ou autres, et que l’odeur se dissipe après quelques secondes. Je m’excuse, mais j’ai habité en 2017 dans un bloc à logements, dans lequel mes voisins les plus rapprochés en consommaient sur leur balcon, et je pouvais sentir l’odeur une bonne cinquantaine de mètres à l’extérieur avant de revenir chez moi le soir. Une fois rendu, l’odeur était même présente dans mon logement et demeurait plusieurs minutes. Pas très agréable. En plus, il leur arrivait d’en fumer dans leur logement et là, l’odeur était encore plus forte. J’en avais glissé un mot au proprio, mais ce dernier m’avais répondu que je devais apprendre à faire avec, puisque de toute façon la légalisation du cannabis au Canada se ferait en 2018. J’ai donc pris la décision de quitter les lieux. 

Alors oui, l’odeur est un des principaux irritants qui attend bon nombre de locataires qui devront vivre avec les aléas des fumeurs récréatifs de pot à la suite de la mise en vigueur de la nouvelle mesure.

Il sera difficile d’interdire la consommation du cannabis des lieux publics. Et même si on applique les mêmes règles qui sont en vigueur pour les fumeurs de cigarettes, soit de fumer à l’extérieur des établissements — à quelques mètres de distance — des écoles, des bars et des édifices provinciaux et fédéraux, etc., l’odeur sera un élément qui risque de devenir source de conflits. Et ça sent fort le pot, j’en sais quelque chose ! Malgré ces réserves de ma part, j’avoue tout de même que l’idée de rendre légal l’usage du cannabis récréatif à grande échelle, peut avoir quelque chose de « cool » et de libérateur. Avec le monde dans lequel on vit, il pourrait être de bon ton de relaxer ses méninges en fumant son petit joint sans faire de mal à personne. Pas pire que de boire un bon verre de vin après une bonne journée de labeur. OK. Mais on parle ici d’une drogue dont les effets varient considérablement d’un fumeur à l’autre. Et il y a cette fumée qui dégage la fameuse odeur qui vient un peu beaucoup porter ombrage à sa consommation légale.

Je me demande à quel point l’idée de légaliser le cannabis au Canada sera révolutionnaire et si cela offrira une meilleure image du pays au reste du monde. Un pays qui se veut déjà pacifique en plus de devenir un pays de gentils « poteux ».  Au Québec l’application de la nouvelle mesure fédérale s’annonce plus ardue et ne sera pas nécessairement la bienvenue sauf peut-être lors de notre Fête nationale et lors des nombreux spectacles en plein air durant la chaude saison.

Yvan Giguère, Saguenay

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L’UPAC, que ça donne ?

Il n’y a pas que dans la foulée de l’affaire Guy Ouellet que l’UPAC a perdu des plumes. L’Unité permanente anticorruption vient de démontrer chez nous, à Saguenay que cette unité qui se veut au-dessus de tous les autres corps de police ne sert finalement que des intérêts politiques discutables. 

Ces interventions, qui ont couté les yeux de la tête aux contribuables, n’auront servi qu’à briser des réputations et à démoniser des individus qui ne s’en remettront jamais. Autant pour l’ex-conseiller Bernard Noël que pour cet employé de l’OMH, Alain Belley, et par extension l’administration municipale, l’UPAC contribue subtilement à miner la confiance populaire envers les institutions politiques et organismes publics. L’UPAC, bien servi par les médias, est entré à l’hôtel de ville, chez Promotion Saguenay et à l’OMH avec ses gros sabots n’a rien trouvé que l’on ne sache déjà. 

Noël a voyagé sur le bras des contribuables, les médias l’ont dénoncé. Il a dû démissionner de son poste de conseiller, il a remboursé et tout ce que l’UPAC a trouvé pour couvrir son impuissance à découvrir quoi que ce soit d’autre est de porter contre lui une plainte au criminel. La justice a pourtant bien d’autres chats à fouetter et il vaudrait mieux consacrer les millions de dollars versés à l’UPAC à des fins plus utiles, par exemple l’allègement des tribunaux et des stages de formation aux policiers et policières appelés à traiter des actes d’agression. Le gouvernement Couillard, qui a reçu ce cadeau de Grec, imposée par le gouvernement Charest, doit freiner l’élan de cette nouvelle créature policière qui contribue, comme pas une, à faire de nous un peuple de délateurs professionnels. Assez c’est assez…

Richard Banford, consultant, Bégin