Un pavé dans la marre

OPINION / La photo publiée en page 13 du Quotidien du 27 décembre dernier, où on voit une église articulaire en bois datant de 1725, m’a frappé par son niveau de conservation. 

Le rôle premier de la conservation patrimoniale est la mémoire du temps ; que ce soit pour le patrimoine bâti, naturel, culturel, immatériel. Cette église luthérienne de Slovaquie vient d’être reconnue avec sept de ses semblables par l’UNESCO comme faisant partie du patrimoine mondial. Sans oublier, cela va sans dire, les retombées économiques à la clé: subventions pour fin de conservation et apport touristique, création d’emplois, etc. 

À titre de touriste visitant l’Europe de l’Est, je ne ferais pas le détour exprès par les Carpates seulement pour en visiter une ; mais si, d’aventure, il devait s’en trouver une dans le coin de pays que je visite et que j’apprenais que mon guide de voyage ne m’y eut pas conduit, j’en serais très offusqué. 

Imaginez un instant une construction de bois du coin encore debout et encore utilisée depuis 300 ans grâce à l’effort des multiples générations d’habitants qui se sont succédé. 

Sans aucun doute cela mérite-t-il sa place sur le prestigieux palmarès du patrimoine mondial.

De quoi, par ailleurs, faire leçon aux élus plus enclins à recourir au pic du démolisseur qu’à déployer les efforts nécessaires en matière de conservation patrimoniale. Entre viser une place au patrimoine mondial et jeter par terre sans réfléchir le vieux pour le remplacer par du moderne, il peut exister de modestes, mais de louables engagements dans la conservation de la mémoire collective.

Les 265 maisons d’Arvida, première ville industrielle de l’aluminium en Amérique du Nord, construites en 135 jours dans les années 20, cela constitue un fait unique qui mérite la reconnaissance qu’il se doit. Toutefois, de là à obtenir une reconnaissance par l’UNESCO, à mon sens, c’est rêver en couleur ; jamais assez d’eau ne coulera sous le pont d’aluminium avant que cela n’arrive. Pour un touriste venu nous visiter, je ne pense pas que le détour en vaille le coup. 

Marcel Lapointe

Jonquière

Courtoisie sur les réseaux sociaux

OPINION / Confucius disait « Avant d’ouvrir la bouche, assure-toi que ce que tu veux dire est plus beau que le silence ». Une citation qui vient à point dans l’ère des réseaux sociaux où tout s’écrit sans retenu, le disgracieux comme le beau, le mauvais comme le bon, tantôt des injures, des insultes, des impolitesses, tantôt des louanges, des encouragements, des félicitations.

Je ne sais pas pour vous, mais quand je lis le côté sombre de l’humain se révéler sans filtre, où des fleuves de commentaires discourtois, désobligeants sont publiés envers autrui, j’en suis estomaquée et triste à la fois. Ces gens cachés derrière un profil, incapables de contenir leurs élans émotionnels négatifs, savent-ils qu’à l’autre bout du spectre, il y a leur égal, un être tout aussi humain ? Que l’intimidation, l’impolitesse sont tout aussi inacceptables dans les réseaux sociaux que dans la cour d’école ?

Mais je reste convaincue que l’humain est foncièrement bon, et ce, bien au-delà de ce qu’il peut écrire. Que devant sa tablette, son téléphone intelligent ou son ordi, avant de cliquer « envoyer », il peut choisir d’abaisser, de démoraliser, de juger, de blesser, de détruire, mais il peut aussi choisir de relever, d’encourager, de respecter, d’aimer et de construire.

Et c’est ce qui m’amène en ce début d’année 2018 à formuler un vœu sociétal en faveur d’une conscientisation collective sur la portée de nos écrits dans les réseaux sociaux. Puisse le respect guider nos doigts sur le clavier afin d’offrir à celles et ceux qui nous lisent ainsi qu’aux générations à venir, le meilleur de soi pour un monde meilleur ! C’est peut-être un vœu pieux, me direz-vous, mais saura-t-il inspirer une seule personne cette année que j’en serai déjà comblée !

Sonia Côté, coordonnatrice 

Loge m’entraide