Un pas dans la bonne direction

L'Ordre des architectes du Québec se réjouit de la récente intervention du député de Jonquière et ministre des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire, Sylvain Gaudreault, en faveur de la sauvegarde de l'ancienne église Notre-Dame-de-Fatima, menacée de démolition pour faire place à un projet de développement résidentiel.
Ce bâtiment illustre avec éclat le renouveau de l'architecture au Québec, qui s'inscrit lui-même dans la modernité issue de la Révolution tranquille. Il faut conserver ce témoin de l'histoire qui marque le paysage de façon unique. S'il est pertinent que le ministre Gaudreault souhaite la survie de l'ancienne église, il appartient à un autre intervenant-clé d'être convaincu : la Ville de Saguenay. Bien sûr, celle-ci doit d'abord calculer les coûts de conservation et de rénovation de l'édifice. Mais elle ne doit pas pour autant perdre de vue que le rôle d'une administration publique est aussi de montrer l'exemple lorsqu'un pan de son patrimoine culturel est en danger. Si certaines personnes n'ont pas conscience de la valeur de cette oeuvre architecturale unique, il lui faut l'expliquer.
Au-delà des intentions du promoteur, aussi louables soient-elles, il appartient à la communauté de se mobiliser. La Ville et ses citoyens doivent d'abord faire de la sauvegarde de ce bâtiment patrimonial un projet collectif, si tant est que la volonté soit au rendez-vous. Il s'agira ensuite de trouver un nouvel usage à ce lieu emblématique, de réunir les moyens et, finalement, de mettre en oeuvre un projet qui respecte l'intégrité du bâtiment.
La mise en valeur du secteur Arvida a démontré le savoir-faire de la Ville de Saguenay en matière de préservation du patrimoine moderne. Nous n'en attendons pas moins des Saguenéens pour
Notre-Dame-de-Fatima.
André Bourassa
Président de l'Ordre des architectes du Québec