Un mauvais rêve

OPINION / À suivre les événements et les opinions à propos du projet de GNL Québec, dernièrement, j’ai fait un rêve cauchemardesque. À la suite d’une guerre entre les pour et les contre, tous les robinets des énergies fossiles ont été fermés. Tous les transports en autos, camions, avions et bateaux se sont arrêtés. Seulement pouvaient circuler les privilégiés ayant des unités à l’électricité. La plupart des gens devaient se déplacer à pied, à bicyclette et à bord des transports en commun déjà convertis à l’électricité. Montréal avait rétabli la circulation des chevaux pour le transport des individus et des marchandises. C’était le retour des livreurs de pains, de lait, de viande, de fruits et de légumes.

En raison de l’hiver, plusieurs maisons étaient privées de chauffage. Pour la même raison, plusieurs hôpitaux et écoles étaient fermés. Les sportifs ne pouvaient pas se servir de leur équipement motorisé. Les militaires voyaient leurs véhicules, avions, tanks, jeeps et fusées sans utilité. Même le retour sur la Terre des astronautes de la navette spatiale était compromis. Les Autochtones retournaient à leur mode de vie ancestral.

Avec beaucoup plus de monde, nous étions revenus au siècle dernier. La nourriture et les autres biens de consommation se faisaient rares. C’était la panique généralisée, la folie furieuse, les bagarres, les vols et les meurtres. Les policiers à pied et à cheval étaient débordés, voire dépassés. 

Soudain, en pleine nuit, je me suis réveillé en sursaut. Je me suis exclamé : « Ce n’est pas possible ! »

De retour à la réalité, j’ai constaté que ce n’était qu’un mauvais rêve.

Il est heureux que l’utilisation des énergies fossiles soit à son apogée. Il a fallu, avec l’évolution, un siècle pour nous rendre à aujourd’hui. Peut-être que, d’ici 30 ans, les réserves seront épuisées et que les robinets se fermeront d’eux-mêmes. Sachant cela, les responsables des compagnies sont déjà dans la course aux énergies nouvelles. Cette course ne peut que s’accentuer.

En modernisant avec les énergies fossiles, l’humain a su faire une étape de développement importante. Tout le monde, ou presque, a applaudi. Qu’est-ce qui empêche d’avoir confiance que la transition aux énergies renouvelables se fasse à temps ? Il serait plus opportun de souhaiter du bien à ceux qui sont impliqués dans le développement et la fabrication que de manifester sa peur d’un avenir qui n’est pas là. Il va arriver ce que nous imaginons. Imaginons le bon pour tous, et l’univers l’accordera.

Se poser des questions sur les faits, peser les pour et les contre, émettre ses opinions, c’est très bien. Toutefois, nous avons élu des décideurs en qui nous avons mis notre confiance. C’est ça, la force du nombre, traiter avec respect ceux qui sont à notre service, quitte à leur rappeler, s’il y a lieu. Chialer, tempêter, s’obstiner, combattre, vouloir gagner ou avoir raison est une perte d’énergie. Jean de Lafontaine n’a-t-il pas comparé cet énervement à la mouche du coche qui s’attribuait à elle seule le mérite – dans ce cas-ci, de vouloir sauver seule la planète ? Mettre une entreprise au monde et la faire fonctionner au moins dix ans, c’est très respectable. Des créateurs d’emplois ça ne court pas les rues. Alors, le projet de GNL Québec, c’est un pensez-y-bien.

Martin Belley

Saint-Nazaire