L'hôtel de ville de Saguenay.

Un mandat de transition

OPINION / Le mandat du prochain conseil municipal de Saguenay sera indubitablement sous le signe d'une délicate et cruciale transition politique dont il faut prendre toute la mesure. Croire que le seul départ de Jean Tremblay créera comme par magie les conditions d'un renouveau démocratique et d'une relance municipale est au pire une illusion, au mieux un voeu pieux.
L'unique régime politique qui a exercé le pouvoir depuis la fusion a marqué profondément l'administration municipale et la ville elle-même, en imposant un type de gestion autocratique et des choix à tout le moins discutables dans la direction et le développement de la ville. Ce système de gouvernance et son réseau d'influence ne s'évaporeront pas spontanément en novembre, car ils sont évidemment arrimés, légalement jusqu'à preuve du contraire, à des intérêts particuliers et corporatifs actifs dans les couloirs de l'hôtel de ville, souvent même liés à diverses corporations largement financées par les fonds municipaux.
Voilà pourquoi, quelle que soit sa composition, le nouveau conseil municipal trouvera le plus grand et le plus urgent défi de ce mandat de transition dans les choix politiques qui cautionneront ou modifieront les fondamentaux du régime Tremblay. C'est alors qu'on pourra mesurer l'efficience de l'action du nouveau conseil qui devra lui aussi composer avec les particularités des moeurs politiques locales et les clivages entre les groupes d'intérêts et les arrondissements. À cet égard, inutile d'insister sur la qualité de leadership dont devra faire preuve le nouveau maire ou la nouvelle mairesse, un leadership qu'on souhaite empreint de constante fermeté et de patiente sagesse, de communication intelligente et de vision d'avenir.
Entre-temps, la joute électorale déjà en cours doit faire le bilan du règne Tremblay et débattre des différents engagements des partis et des candidats. Et il y a plus. On s'attend à ce que les aspirants à la mairie nous fassent part d'une stratégie claire et d'un plan d'action crédible pour appliquer leur programme dans le contexte exceptionnel de ce mandat de transition.
Pour faire avancer le débat, identifions tout de suite quelques enjeux majeurs. Je les présente sous la forme de cinq chantiers.
Réforme de la gouvernance politique municipale : instaurer un meilleur équilibre entre les instances du pouvoir démocratique ; adopter des règles de procédures et de délibérations du parlement municipal ; adopter une politique d'information et de consultation de la population ; resserrer le code d'éthique des élus municipaux ; adopter une politique de financement et de reddition de compte des organismes subventionnés ; revoir l'organisation des organismes paramunicipaux.
Réforme de l'administration municipale : adopter une politique budgétaire et un plan d'investissements pour le mandat ; élever les standards de gestion et de livraison des services ; accroître l'expertise de la fonction publique ; clarifier et resserrer les règles d'octroi des contrats.
Mise en oeuvre d'une stratégie de développement durable : revoir le plan d'urbanisme et d'aménagement du territoire ; adopter un plan d'infrastructures et de services publics de qualité et complet ; concevoir et appliquer une stratégie de redressement démographique.
Diversification du développement économique : consolider les secteurs traditionnels ; mettre en place une stratégie de relance autour d'axes porteurs, dont l'économie du savoir et le tourisme ; réformer les organismes de développement économique et touristique ; organiser un sommet économique.
Assumer un leadership régional : mobiliser les forces vives pour maintenir et accroître les investissements gouvernementaux dans les services publics et soutenir les projets de développement ; prendre le leadership de la formation d'une nouvelle instance de concertation pour le développement régional, avec la participation de la société civile.
Laval Gagnon
Chicoutimi
Il y a des copeaux
Mon commentaire porte sur l'article du 28 février de M. Denis Villeneuve intitulé Produits forestiers Résolu craint l'effet Domino. Puisque l'objet principal de l'article concerne l'effet sur les usines des pâtes et papiers de Résolu, je suis surpris de la teneur de l'avant-dernier paragraphe commençant par « Une autre ombre... » La compagnie semble vouloir insinuer qu'elle risque de manquer de bois pour ses scieries, entraînant un manque de copeaux et conséquemment un arrêt de production de ses usines de pâtes et papiers. Or, les scieries de la région Saguenay-Lac-Saint-Jean-Chibougamau-Chapais se retrouvent avec un volume d'environ 250 000 tonnes de copeaux qu'ils ne réussiront pas à vendre en 2017. La plus grande partie de ces copeaux était jusqu'à tout récemment incluse dans des contrats de copeaux entre Résolu et les scieries régionales, que Résolu a elle même annulés dernièrement. Ces scieries ne demandent pas mieux que de signer des contrats de vente de copeaux avec Résolu, sinon ce sont elles qui devront faire des arrêts de production.
Je comprends parfaitement que Résolu souhaite opérer ses usines de sciage à pleine capacité pour profiter des prix actuels très intéressants du bois de sciage. Mais comme ce n'était pas le propos de l'article, je considère que la compagnie fait un lien fort discutable entre deux dossiers.
Pierre Marineau, ing. f.
Président-directeur général
Association des producteurs de copeaux du Québec