Un long historique

M. François St-Gelais,Je me demande si vous êtes déjà allé à des réunions du conseil de Saguenay. Je me demande si vous auriez écrit la même chose que dans votre éditorial, intitulé «Saguenay: un climat néfaste», publié le 15 avril, qui évoque une responsabilité du «dérapage» du maire sur la présence de l'ERD, arrivé au conseil qu'en novembre 2013. Je vous donne ici certains exemples de comportement inapproprié qui explique selon moi la situation actuelle. En 2003, les citoyens de Laterrière ont manifesté qu'ils avaient perdu les services de proximité dont ils jouissaient auparavant. Le maire s'est avisé de nous ridiculiser au lieu de nous aider. Lors de la fusion, Jonquière a conservé les revenus d'Hydro-Jonquière en plus des revenus proportionnés à sa population durant huit à dix ans. Laterrière a pourtant vu les revenus de l'aluminerie de Laterrière passer totalement au fonds général de la nouvelle ville en 2002.
Nous avons «chiâlé» pour notre service incendie qui a été démantibulé sans aucune compensation. Notre camion-incendie presque neuf sert à La Baie, et nos mâchoires de vie sont rendues à Chicoutimi-Nord. Nous avons suggéré que la ville pourrait donner des cours à des sans-travail pour leur permettre de prendre des postes de pompiers volontaires. Nous avons suggéré que la ville songe sérieusement à construire une caserne en face du Rona du boulevard Talbot, permettant de mieux desservir les secteurs de Jonquière, ÀLa Baie, et Laterrière. Rien n'a été fait suite à ces suggestions.
Un citoyen plusieurs fois élu dans l'ancienne ville de Jonquière est souvent intervenu pour suggérer au maire Tremblay d'augmenter d'une demi-cent le taux de la taxe pour réparer les routes. Il l'a renvoyé s'asseoir comme un enfant. Une citoyenne de La Baie, compétente dans le domaine des bibliothèques, est intervenue à plusieurs reprises pour suggérer d'acheter l'église de Port-Alfred pour en faire une vraie bibliothèque, d'autant plus que le gouvernement accorde de l'argent aux municipalités pour conserver et transformer les édifices patrimoniaux. Niet...
Le maire ne croit pas à la valeur de la Conférence régionale des élus. Il s'est accroché avec des maires; il ne joue pas son rôle de rassembleur avec le Lac-St-Jean. Quand a-t-il parlé en bien des élus péquistes et des fonctionnaires provinciaux avant 2013, et après la fermeture du pont Dubuc? Ces événements, et je pourrais vous en citer bien davantage, ont eu lieu avant l'arrivée de l'ERD. Depuis, la population n'a pas demandé de mettre les réunions mensuelles le midi. La population n'a pas demandé de faire disparaître les plénières avant la réunion publique. Le maire n'a pas à donner la parole aux élus qui l'appuient et qui ont remis presque tous leurs pouvoirs et leur compétences dans les mains de l'exécutif après une résolution adoptée en mai 2002. Mais il ne peut empêcher les élues de l'ERD de demander des renseignements et de questionner le bien-fondé de certaines décisions, alors qu'elles les apprennent subitement. Le maire «perd la carte» devant des questions du public. Davantage lorsqu'il s'agit de questions des élues de l'ERD. Elles ne sont pas des ennemies, mais des adversaires et aussi des collaboratrices, comme ceux qui se trouvent dans la salle.
Gilles Potvin
Laterrière