Un lac-à-l’épaule questionnable

OPINION / Madame Néron, vous qui êtes mairesse de Saguenay, j’ai toujours dit que vous aviez à redresser la barque. En tant que communicateur j’ai toujours dit les choses au mieux de mes connaissances, dénoncé les mauvaises. Et je suis d’accord qu’on ne sait pas tout de « l’héritage » de l’ancienne administration.

Mais quand il s’agit de tenir un lac-à-l’épaule, et de lancer cette initiative comme aller dans un hôtel au lieu d’utiliser vos propres salles (qui sont disponibles en grand nombre sur notre territoire) là aussi je dirai les vraies choses : vous vous devez, à mon humble avis, de montrer l’exemple, à l’approche d’une autre annonce d’austérité avec une éventuelle hausse de près de 4 % (peut-être moins, sait-on jamais), vous vous deviez de votre côté de montrer l’exemple. Il est vrai que je ne connais pas les raisons qui font que l’on choisisse un hôtel plutôt qu’une de nos propres ressources, je n’ai pas la science infuse.

Mais vous auriez peut-être dû aller dans une salle comme un de vos centres multiservices (Shipshaw, Laterrière, ou le Pavillon Mellon, etc.) et montrer aux contribuables que le serrage de ceinture, ça commence d’abord avec vos dépenses pour vos réunions. Je sais que ça a été mentionné précédemment dans d’autres commentaires émis, mais... dans la chronologie des événements, si la salle mise à votre disposition avait été gratuite dès le départ, le conseiller Simon-Olivier Côté (envoyé au front dehors devant la caméra) l’aurait mentionné d’entrée de jeu, au lieu de dire que « toute location de salle engendrait des coûts » (ou à peu près ces mots-là). J’avais comme l’impression (je peux me tromper, je ne suis pas parfait) que le tir avait été ajusté en cours de route suite aux nombreuses protestations. Et c’est ce qui m’a été confirmé par votre conseiller Marc Pettersen en ondes jeudi matin. Alors, tenter de glisser subtilement en fin d’un communiqué envoyé aux médias ou sur votre page Facebook (même publication) que nous les médias avons erré sur un coût de salle alors que nous savions dès le départ de toute évidence que le tir a été rectifié en cours de route suite aux protestations... hmmm... OK, la « game » se joue et c’est correct, vous vous défendez. Prenez juste conscience qu’autres temps autres mœurs, nous les payeurs de taxes à Saguenay avons le droit de nous insurger, de nous questionner, de remettre en question. Rappelez-vous Mme Néron : dans un passé pas si lointain, vous vous insurgiez, vous vous questionniez, vous avez questionné aussi, et vous remettiez en question l’ancienne gestion lorsque vous étiez dans l’opposition. Et c’était légitime. Alors nous aussi sommes en droit de le faire. J’espère que vous le comprenez. Je respecte votre travail, mais nous avons le droit de ne pas être d’accord sur certaines avenues empruntées, tout comme vous-même n’hésitiez pas à manifester vos propres désaccords dans un passé pas si lointain. Je ne questionnerai pas les augmentations de salaires aux conseillers, qui sont moins nombreux désormais, et dont le territoire à couvrir est plus vaste et les charges devenant plus lourdes. Mais nous devons vous signifier que nous ne sommes pas obligés, nous, citoyens et médias, de croire facilement certaines excuses servies rapidement lorsque le feu menace. Saguenay a besoin d’aller de l’avant. J’y crois, vous y croyez sûrement aussi. Je suis un régionaliste dans l’âme, je crois au développement. Reste juste à s’assurer que tout le monde s’entende sur la manière de procéder.

André Deschênes

Saguenay

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GILLES VIGNEAULT ET L'IDÉE DE GRANDEUR

Je me souviens fort bien du passage de Gilles Vigneault dans un cégep où j’étudiais en 1981, alors qu’il était venu présenter un spectacle-conférence. Il devait avoir autour de 52 ans. De nous tous, étudiants venus l’entendre, il me sembla être le plus jeune, le plus vif. Il fallait le voir danser tout en chantant ! Droit sur la scène comme un chêne, le geste agile et la parole flamboyante, il chanta donc quelques unes de ses plus grandes chansons, accompagné par un pianiste. Quand il entonna J’ai pour toi un lac, véritable et magnifique poème mis en musique, je me souviens avoir eu la réflexion suivante : n’y a-t-il rien de plus beau et de plus grand que d’offrir un lac ?

Et comme Vigneault était là aussi pour nous parler, il répondit à nos questions qui portaient sur la vie, la science, le Québec, la guerre, l’amour, etc. Nous étions suspendus à ses lèvres, tant ses réponses étaient élaborées, vives, savantes et poétiques à la fois. Il avait évidemment réponse à tout. Nous avions devant nous un grand penseur.

Ce qui me resta de cette rencontre était l’idée de grandeur. D’un homme ; grand auteur-compositeur-interprète de renom, d’un humain aux multiples facettes, ouvert sur le monde, fraternel et engagé dans la vie.

Gilles Vigneault atteindra l’âge vénérable de 90 ans ce 27 octobre. Il est toujours debout, fier et ancré de belle façon dans notre monde. Des projets plein la tête et la plume toujours alerte. Il vient de lancer d’ailleurs un nouveau recueil de poésie inédit, Le chemin montant. Il a offert, encore tout dernièrement, des spectacles et il offre même à l’occasion des ateliers d’écriture à des auteurs-compositeurs professionnels.

La contribution de Gilles Vigneault pour le Québec est immense et la portée se son œuvre est universelle.

Pour son anniversaire, je ne peux évidemment que lui chanter : « Monsieur Vigneault, c’est votre tour de vous laisser parler d’amour. »

Yvan Giguère

Saguenay