Jean Béliveau en 2003

Un homme de classe

En 1952, les Saguenéens de Chicoutimi, de la défunte Ligue de hockey sénior du Québec (le Circuit Slater du nom de son président), se mesuraient en séries éliminatoires aux As de Québec qui comptaient dans leur rang un certain Jean Béliveau. La dernière partie d'un 4 de 7 se jouait à Québec et j'accompagnais mon père dans la Vieille capitale pour voir une dernière fois cet artiste du hockey qui allait rejoindre la Ligue nationale l'année suivante... Je m'en souviens comme si c'était hier.
Cet homme n'était pas seulement un hockeyeur mais un aussi un citoyen de classe doté d'un grand savoir-vivre. J'avais reçu à Noël en 1981 le volume «Les Canadiens de Montréal» du regretté Claude Mouton, et dans lequel, au fil des ans, j'ai réussi à obtenir les autographes de plusieurs légendes du CH dont Maurice Richard, qui dirigeait les anciens Canadiens lors d'un match à Chicoutimi le 22 février 1995. Il me manquait celui du «Gros Bill» et je n'ai pas raté ma chance lorsque le Cercle de presse du Saguenay l'a invité.
Je me suis donc assis dans le lobby de l'Hôtel Chicoutimi avec le livre de M. Mouton afin d'obtenir l'autographe désiré. Monsieur Béliveau a dû sortir pour aller placer un appel téléphonique et, avant qu'il ne retourne dans la salle, je suis levé pour le saluer et lui dire que je l'attendais à la toute fin de sa réunion pour obtenir sa signature. Il m'a alors dit: «vous n'attendrez pas tout ce temps, venez avec moi dans la salle, je vais mettre ce livre sur la table pour mieux l'autographier».
C'était cela aussi «le Grand Jean»...
Eugène Tremblay
Saguenay