Un grand homme derrière ses pensées

OPINION / Par une journée sombre où le vent et la pluie semblaient s’installer sur l’ensemble de la journée, j’ai entrepris de lire des moments importants de la vie de René Lévesque. Mais principalement de son passage en politique.

Sa vision du peuple, sa détermination, ses grandes citations, etc.

Cela m’a ramené en 1980, lors de la défaite du référendum et de la fameuse phrase de René Lévesque, qui était remplie d’émotion lors de son discours.

« Si j’ai bien compris, vous venez de me dire à la prochaine fois. »

Quel grand homme, ce René Lévesque, et quel héritage il nous laisse ! J’ai toujours eu un grand respect pour lui et le charisme qu’il dégageait.

Quelques jours après cette lecture captivante et dans un tout autre contexte, où François Legault commente ouvertement ses idées sur le nationalisme québécois, notamment en déclarant que la souveraineté ne constitue pas un projet moderne. Une sortie pour le moins surprenante qui met de l’eau sur les flammes souverainistes de ces quelques adeptes et partisans convaincus que cette vision ne repose pas sous une épitaphe.

Certes, M. Legault s’initie dans une philosophie pour ramener dans son camp ce pourcentage d’électeurs devenus nomades, indécis. Sachant que cette option n’est pas réalisable à court terme et davantage sans un grand chef pour reprendre la barre de ce bateau bien échoué et difficile à redémarrer.

Rappelons-nous bien que notre premier ministre actuel a tenu plusieurs fonctions dans le cabinet du gouvernement du Parti québécois, sous M. Lucien Bouchard ainsi que sous M. Bernard Landry. Ce n’est pas un reproche, bien au contraire.

Évidemment, aujourd’hui, il a renoncé à cette option séparatiste, à l’indépendance du Québec, sans pour autant embrasser le fédéralisme. En fondant son propre parti, il peut maintenant négocier avec le fédéral sur son terrain, sans pour autant parler d’indépendance ou du dossier constitutionnel, que l’élite fédérale a déjà mis sur les tablettes sans vraiment écouter les demandes du Québec.

Soyons réalistes ! La cuisante défaite aux dernières élections provinciales a fait très mal au Parti québécois, à la crédibilité de Jean-François Lisée, à son parti. En plus de miner à tous les niveaux sa survie, ses objectifs, voire les bases mêmes de sa fondation. Bref ! La division au sein de ce parti nous fait comprendre que sa reconstruction sera ardue et qu’un virage vers la jeunesse sera nécessaire. À la question qui sera son prochain chef, la réponse s’avère primordiale pour son avenir, mais faut-il encore régler la guerre intestine dans ce parti sous respirateur ?

Pour terminer, je vous invite à prendre connaissance de quelques citations de René Lévesque tirées de livres, que j’ai retenues et qui ont captivé mon attention lors de ma lecture. À vous d’en juger le contenu.

« La première chose que l’on jette par-dessus bord, quand ça va mal, n’est-ce pas toujours la solidarité ? »

« Il y a des gens qui, pour diverses raisons, l’excès de suffisance n’en étant qu’un exemple, ne sont pas vraiment faits pour la vie publique. »

« Être informé, c’est être libre. »

« Les partis [...] vieillissent généralement assez mal ; ils ont tendance à se transformer en église laïque hors desquelles point de salut, et peuvent se montrer franchement insupportables. À la longue, les idées se sclérosent et c’est l’opportunisme (politique) qui les remplace. »

En mémoire de René Lévesque. Merci.

Denis Lefebvre

Saguenay