Un G7 sécuritaire, mais peu concluant

OPINION / J’aurais aimé que ce G7 dans Charlevoix soit un succès et qu’il soit concluant. Après tout il se tenait ici au Québec dans cette ville superbe qu’est La Malbaie. Et aussi il en allait tout de même de la réputation du Canada et de son image projetée à l’international.

Mais force est de constater que ce G7 a été un échec, même du côté des manifestants qui ont boudé l’événement. On dirait presque une première. Plusieurs diront que l’effet dissuasif de l’armada policière déployée à Québec et à La Malbaie y a été pour beaucoup. Les mesures de sécurité auront coûté au final plus de 400 M$ sur un budget total de 600 M$.

La seule manifestation marquante a réuni quelque 500 personnes le 9 juin à Québec. À La Malbaie, là où on avait érigé une clôture au coût de 3 M$ autour du Manoir Richelieu, une poignée de manifestants auront fait office de présence dans la Zone de libre expression. Ils faisaient presque pitié à voir, malgré la pertinence de leurs revendications.

Très peu d’arrestations de manifestants, très peu de casseurs. Même le député Amir Khadir de Québec solidaire semblait se désoler du peu de grabuge généré par ce G7 et du manque d’intérêt de la part des groupes communautaires qui ont ni plus ni moins boycotté l’événement.

Pour sa part, le maire de La Malbaie a parlé en bien de ce G7 en disant qu’il deviendra une référence sur le plan de la sécurité. Oui sans doute, mais certainement pas sur le plan des thèmes abordés et débattus par les 7 chefs d’État réunis au Manoir Richelieu. Il aura été presque inutile.

Ce qu’on retiendra, c’est surtout la volte-face du président Trump qui a finalement balayé du revers de la main son soutien au communiqué final de ce G7, en ne manquant pas au passage de souligner la malhonnêteté de Trudeau. Trump aura donc été le seul véritable casseur de ce G7 !

Hélas, Justin Trudeau vient d’offrir sur un plateau d’argent à ses adversaires de la Colline Parlementaire des munitions contre lui en vue de la prochaine campagne électorale fédérale qui viendra bien assez vite d’ici 2019.

Yvan Giguère

Saguenay

Un joyau à préserver

OPINION / L’église St-Édouard devrait renaître à l’automne 2018. Érigé au cœur géographique de La Baie, ce monument de pierre d’art néogothique se dresse fièrement dans le ciel : il est témoin d’un vécu des gens de notre communauté depuis 88 ans.

Classé A comme édifice patrimonial, il est situé au centre d’un terrain orné d’arbres majestueux. Son imposante stature, malgré sa fermeture en janvier 2006, demeure encore en 2018 une présence significative de la tradition chrétienne des paroissiens de St-Édouard. Conçu en forme de cathédrale, le toit en forme de croix de chaque côté est un chef-d’œuvre d’architecture par la hauteur de sa voûte et ses vitraux. Cet édifice peut accueillir quatre cents personnes. Je tiens à signaler qu’il a été construit en 1930, en pierre de granit exempte de défauts.

Depuis déjà deux ans, le comité « Patrimoine St-Édouard » a multiplié les contacts et les démarches de consultation, tant du côté politique, échevins de l’arrondissement de La Baie, de Saguenay, de M. Serge Simard, député de Dubuc, que celui des paroissiens de St-Édouard.

Ils ont obtenu un signal très significatif (100 %) à l’assemblée des paroissiens convoquée par le conseil des marguilliers pour réaliser le projet de relocaliser la bibliothèque municipale dans l’église St-Édouard. Un projet d’envergure dont l’estimation présente est de 17 millions.

Il est à signaler que les gens de tous les secteurs de La Baie ont manifesté leur intérêt en participant à des activités organisées par le comité central (brunch, exposition d’art, marche symbolique, éclairage de l’extérieur de l’église en décembre).

Préserver bien sûr ce bâtiment « trésor d’architecture d’art néogothique » est un enjeu majeur, mais la restauration de l’église serait aussi un levier économique, car il permettra de créer de nouveaux emplois, artisans, ébénistes.

L’injection de subventions, par le ministère des Affaires culturelles ou autres (gouvernements fédéral et provincial) pour les infrastructures, permettrait de revitaliser le secteur Port-Alfred, dont la fermeture de l’industrie Abitibi-Consolidated s’est fait sentir davantage. L’église St-Édouard deviendrait la pierre angulaire pour créer une nouvelle dynamique de prospérité à La Baie.

Bravo et chapeau à ces pionniers !

Gilles Gagné

La Baie