Un événement singulier

OPINION / Un autre Salon international du livre de Québec se déroule jusqu’au 14 avril au Centre des congrès de la capitale. Qui plus est, on y célèbre sa 60e édition, ce qui en fait le plus ancien Salon du livre au Québec.

Pour moi, qui suis du Saguenay, ce salon du livre a toujours revêtu un cachet très particulier, même lorsque j’ai habité quelque temps la ville dans les années 90. Ma première visite remonte justement à 1991. 

J’habitais le Vieux-Québec, juste au-dessus de la Libraire Pantoute, c’est tout dire ! J’avais derrière moi des années d’études en littérature à l’Université du Québec à Chicoutimi. Et j’avais toujours sous la main mes livres de chevet, soit la poésie de Baudelaire et de Rimbaud et le livre Cent chansons de Félix Leclerc. Voilà des œuvres que je lisais sans me lasser et qui étaient source de ravissement et d’inspiration. Et c’est avec ces bouquins plein les poches de mon manteau de printemps que j’allais passer plusieurs heures au Salon du livre de Québec. 

Si comme moi vous êtes un amoureux des livres et de leurs auteurs, le Salon de Québec vous comblera. Vous me direz peut-être que c’est bien là le propre de tous les salons du livre de ce monde. Bien entendu ! Mais celui de Québec m’est toujours apparu singulier en ce qui a trait à la promiscuité que nous avons avec ceux et celles qui écrivent en ce monde. Ces auteurs de romans, de poésie, de bandes dessinées, de biographies, de théâtre, etc. J’y ai même rencontré le fameux caricaturiste du Soleil de Québec, André-Philippe Côté, qui proposait un recueil de ses œuvres. !

Et depuis quelques années, il y a cette fort belle idée du Salon international du livre de Québec de nous proposer plus d’un écrivain qui agit à titre d’invité d’honneur.

Si la vocation première d’un salon du livre est de mettre à l’honneur les livres, celui de Québec rend hommage à leurs auteurs plus que tout. 

Yvan Giguère

Saguenay

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PROJET DE LOI 17

Loin de moi l’idée de me faire spécialiste de l’interprétation d’un projet de loi et, en toute franchise, je n’ai que très peu parcouru le document. Cependant, puisque mes garçons et moi sommes des utilisateurs occasionnels de taxis, on peut se poser des questions sur ce qu’on connaît en référence à notre vécu.

La première question qui me vient à l’esprit est par rapport à la sécurité qu’offriront ces nouveaux chauffeurs. Je ne dis pas que les chauffeurs de taxi sont sans tache quant à la conduite, mais si on fait une courte rétrospective, combien de fois avons-nous vu des accidents impliquant des chauffeurs de taxi ? Qu’est-ce qui nous garantit que ces chauffeurs auront les assurances appropriées et surtout à jour, en cas d’accidents nous impliquant comme clients ? Vous n’avez qu’à penser aux nombreux cas de non-respect de jugements par des conducteurs coupables d’ivresse au volant. 

Quelle garantie aurons-nous que ces nouveaux chauffeurs seront disponibles lorsque nous en aurons rapidement besoin ? Ces nouveaux chauffeurs seront-ils aussi responsables lorsqu’on a des valises ou objets pesants à mettre dans le coffre ? Qu’est-ce que prévoit cette loi pour s’assurer que ces conducteurs paieront leur juste part d’impôts ? Quel processus est prévu pour la vérification de l’état des véhicules ? 

J’aurais bien d’autres questions aussi naïves, réelles ou techniques concernant ce projet de loi. Mais encore là, je ne suis pas un expert. Je ne suis qu’un usager occasionnel des taxis et un humain qui constate qu’un gouvernement enlève encore le pain de la table de milliers de professionnels et leur famille, des gens qui sont actifs au sein de leur communauté, au profit de je ne sais qui, sans savoir si cela aura un impact positif pour le commun des mortels. 

Denis Lalancette

Chicoutimi

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LE POLITIQUE EN OTAGE

Savoir distinguer le religieux de l’historique, voilà ce que M. François Legault et l’Assemblée nationale semblent incapables de faire. La question de la laïcité et du retrait du crucifix à l’Assemblée nationale me démontre l’ignorance historique de nos parlementaires. Lorsqu’en 1936, Duplessis a fait installer cet ornement religieux, il soulignait avec éclat la promiscuité malsaine entre le religieux et le politique. 

Enlever aujourd’hui ce symbole historique marquerait, en soi, l’abnégation de cet état de fait et l’ignorance des effets néfastes de la période Duplessis sur la société québécoise. 

La présence du crucifix à l’Assemblée nationale, et plus précisément dans le Salon bleu, lieu de décisions gouvernementales, rappelle à la mémoire de nos représentants les abus du passé par l’action combinée du religieux et du politique. 

Le crucifix se fait ainsi le gardien de la mémoire collective et perd sa signification initiale, qui était étroitement liée avec l’autoritarisme clérical catholique. Par la laïcité, on prétend évacuer du public l’influence religieuse, mais en fait, nous nions l’influence historique qu’a eue le religieux sur le vivre ensemble québécois.

Préserver la présence du crucifix, c’est ouvrir nos livres d’histoire et enseigner aux citoyens que l’aveuglement du politique est un fait historique et que nous apprenons du passé pour façonner l’avenir et pour mieux vivre le présent. 

Les élus de tous les paliers de gouvernements devraient relire leur histoire pour mieux apprécier les legs de notre patrimoine et insuffler un sentiment d’acceptation collectif d’un passé pas toujours équitable, juste et respectueux.

Annie Bonneau

Roberval