Un été sans Traversée

La semaine passée, l’impensable est arrivé à Roberval. Les organisateurs de la Traversée internationale du lac Saint-Jean ont annoncé l’annulation de la 66e édition. Dans les circonstances actuelles, en temps de crise de la COVID-19, c’était la bonne décision.

Cependant, pour une communauté où l’été se passe en deux temps, avant et après la Traversée, c’est une grosse claque au visage.

Depuis 1955, les nageurs ont toujours traversé cette mer intérieure qu’est le lac Saint-Jean. Vraisemblablement, seule la COVID-19 pouvait forcer une pause pour le rêve fou de Martin Bédard.

Impossible d’accueillir des nageurs provenant des quatre coins du globe quand les frontières sont fermées, et encore plus difficile d’organiser le traditionnel Souper dans les rues quand on doit garder deux mètres de distance entre chaque festivalier. Pour respecter le fameux deux mètres, les organisateurs de la Traversée auraient dû fermer le boulevard Saint-Joseph et le boulevard Marcotte pour que les 10 000 convives puissent manger tout en respectant les règles de distanciation sociale.

Dans son histoire, la Traversée internationale du lac Saint-Jean a vécu quelques crises. On peut penser tout de suite à la 44e édition, en 1998. À ce moment, le plus vieux marathon de nage en eau libre était devant un gouffre financier très important. Sans le travail acharné des bénévoles et le soutien indéfectible des Robervalois, l’événement n’aurait pas survécu.

Des décisions stratégiques comme la création du Fonds de réserve pour faire face aux jours plus difficiles et le retour du trajet original de 32 kilomètres ont fait en sorte que la Traversée n’a jamais été en danger au cours des vingt dernières années.

Heureusement, encore aujourd’hui, l’équipe de direction est solide, les bénévoles sont toujours aussi passionnés, les commanditaires sont heureux d’appuyer l’événement et les nageurs sont au rendez-vous.

La 66e Traversée est déjà derrière nous, même si l’été n’est pas encore commencé. Par contre, il y a des questionnements importants pour l’édition 2021, qui ne sont pas sous le contrôle des dirigeants de la Traversée.

Est-ce que nos frontières seront ouvertes à nouveau en juillet 2021 ? Est-ce que les nageurs de la France, de l’Espagne ou de l’Argentine pourront avoir les deux pieds sur le quai de départ à Péribonka l’an prochain ?

Bien tristement, il est impossible de répondre à cette question aujourd’hui. La COVID-19 pourrait empêcher les déplacements internationaux pour encore plusieurs mois.

Sans oublier, est-ce que les grands rassemblements seront autorisés par la Santé publique en juillet 2021 ? Encore là, la réponse est inconnue.

Au cours des 66 dernières années, la Traversée internationale du lac Saint-Jean a su surmonter bien des tempêtes même quand le vent soufflait très fort. Les défis pour l’organisation de l’événement seront vraisemblablement titanesques, au cours des prochaines années, mais comme le dit la devise de Roberval : « À cœur vaillant rien d’impossible ».

Marc-André Leclerc

Ancien nageur en eau libre

JE ME PRÉSENTE: COVID-19

Vous m’avez baptisé COVID-19, un inconnu jusqu’à présent, mais étais-je réellement inconnu ? Il faut être suffisant pour le penser. D’abord, laissez-moi vous rappeler que la moindre particule de matière contient l’Univers entier ; demandez aux spécialistes de la philosophie bouddhiste. Si vous avez de la difficulté avec la philosophie, demandez donc à ceux qui font notoriété en mécanique quantique. On me dit invisible ; vous êtes à même de réaliser qu’invisible ne veut pas dire qui n’existe pas. En conséquence, je suis composé de matière, ce qui m’amène à vous apprendre que je suis là pour rester, pour toujours parce qu’un grain de matière ne donnera jamais un grain de néant. Vous aurez beau trouver un vaccin, n’empêche que je veillerai sur un processus de changement que je vous impose, devant lequel vous semblez démontrer certaines intentions pour le moment, quitte à revenir plus fort encore. Vous avez déjà été avisé par des prédécesseurs à vous questionner sur vos comportements, Ebola, SRAS, Zika... mais vous n’avez pas écouté, me voilà donc à leur demande. Quand je parle de « vos comportements », je tiens à préciser que je n’accuse personne de ce qui vous arrive. Personne ne veut d’un rhume, encore moins de ce qui vous arrive. Pour qu’il y ait culpabilité, il faut qu’il y ait eu préméditation. Certes, vous étiez « conscients » de ce qui pouvait arriver, mais vous étiez trop occupés à chercher un illusoire bonheur ailleurs que dans le simple fait «d’être avec ce qui est», ici maintenant. Mais pour «être avec ce qui est», il est impératif d’avoir passé d’une conscience égocentrique à une conscience universelle, cosmocentrique. Or, cela nécessite une profonde démarche individuelle à laquelle, potentiellement, vous appelle l’épreuve que vous vivez tant individuellement que collectivement. C’est là que réside la solution afin que vos intentions de changements se concrétisent.

J’aurais pu prendre la forme d’un tigre ; primo, il ne reste que très peu sinon aucune forêt encore vierge sur cette Terre. Secundo, vous auriez pu me tuer facilement ; le fils d’un riche président américain parcourt la planète pour tuer ce qui reste d’animaux en voie d’extinction. Quand bien même j’aurais voulu me cacher, vous êtes capables de dénicher des étoiles à des milliards d’années-lumière. Quant à apparaître dans l’eau ou dans l’air ; trop pollué, je n’y aurais pas survécu moi-même. Il ne restait que cette forme microscopique invisible. La question à résoudre : Comment me propager ? L’humain, lui-même, cet égocentrique sans conscience universelle, qui se prend pour le nombril du monde, un despote sur sa propre planète, cette terre-mère, sa nourrice. Je savais que les humains voyagent d’un pays à l’autre, de façon plus qu’exhaustive, démesurée et souvent injustifiée. Je me suis dit pourquoi ne pas prendre l’avion avec eux ; facile. En l’espace de quelques mois, sans frais, incognito, j’aurai conquis le monde. Vous aurez beau dire que c’était diabolique de ma part, mais j’avais planifié que mes premiers symptômes ne seraient pas apparents et qu’ainsi je pourrais exponentiellement contaminer qui je voudrais, où je voudrais, sans égard à la classe, au statut, mais pas nécessairement à l’âge. Malheureusement, je le dis avec sincérité, plusieurs en mourront, plus particulièrement les gens âgés et ceux, rarement quand même, dont le bilan de santé présente certaines faiblesses. Si je préserve les enfants et les adultes du mitan de la vie, c’est parce qu’ils sont en mesure de redresser la direction vers laquelle tend ce monde.

Enfin, vous vous demandez sûrement comment j’ai su me faire aussi compétent, si je puis dire, pour un simple virus. Étonnant, surtout quand on pense que je ne sais ni lire, ni écrire, l’école, l’université, pas besoin ; il y a d’autres façons de se ressourcer et de s’exprimer. Ce lieu de ressourcement auquel je réfère ici porte différents noms : la conscience universelle, l’Âme de l’univers, le monde parallèle (holographique), le champ énergétique électromagnétique, l’information non locale de la mécanique quantique, l’énergie sombre, et encore. La première cellule à l’origine de ce que vous êtes possédait tout le savoir et l’intelligence cosmiques à l’origine de ce que vous êtes… et de ce que vous avez fait de votre existence en tant qu’individu et que collectivité. Pourquoi en serait-il autrement pour ce que vous appelez un simple virus ? Ses cellules ne contiennent-elles pas tout le savoir et l’intelligence cosmiques ?

Magella Potvin

Psychologue, philosophe et théologien

Chicoutimi