Un dimanche aux JMC

OPINIONS / Assez paradoxal de constater, bon an mal an, qu’aux concerts des Jeunesses musicales du Canada (JMC), quatre fois par année, à la salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière, les aînés sont majoritaires, alors que cet organisme culturel fut fondé pour intéresser les jeunes à la musique classique. D’autant que le rapport qualité/prix est ridiculement bas pour assister à une variété impressionnante de spectacles de musique classique donnés par de jeunes talents non moins impressionnants. JMC existe depuis près de soixante-dix ans pour faire découvrir de jeunes talents du merveilleux monde de la musique classique à une jeunesse qui, on le voit d’un concert à l’autre, en refuse l’engouement. La musique classique est un peu comme la gastronomie, plus on la goutte jeune et plus les chances de la déguster pour toujours sont fortes.

Un dimanche de mars au Centre Culturel, j’étais aux premières loges pour assister au troisième concert annuel, pour, cette fois, voyager à l’ouest de la Volga afin d’y apprécier les grands artistes russes : Prokofiev, Tchaïkovski et Rachmaninov, grâce aux bons soins d’un duo sensationnel, le Duo Cheng  composé de la pianiste de collaboration et grande sœur, Silvie, et de son jeune frère, Brian, un virtuose du violoncelle. Ce fut pour moi un voyage fantastique et déniaisant. Le duo nous a même gratifiés d’un rappel sur scène en jouant le merveilleux Cygne de Camile Saint-Saëns. Pour tout dire, un spectacle de qualité supérieure à prix modique. Oui oui ! Ça existe aussi chez nous. Et les artistes qui nous visitent ne tarissent pas d’éloges envers l’organisation bénévole de Luc Bouchard, toujours aux petits oignons avec eux. 

Souvent, de surcroît, les spectateurs ont droit à de l’insolite sur la scène du mont Jacob. Par exemple, la présence d’instruments de musique qui ont, avec les classiques, traversé le temps sans égratignure ni mauvaises notes entre les mains de jeunes virtuoses. Je pense ici au violoncelliste québécois Stéphane Tétreault, présent aux JMC au mont Jacob en 2015, qui s’est exécuté sur un Stradivarius datant de 1707 offert par une richissime mécène québécoise. Cette fois-ci, c’est avec un rare et précieux violoncelle, fabriqué par Bartolomeo Tassini à Venise en 1754, que Brian Cheng a brillé avec éclat sur la scène du Centre culturel du mont Jacob. Preuve que la qualité d’un instrument bien conservé est intemporelle. C’est un peu comme le bon vin.

Marcel Lapointe,

Jonquière

Chiens dangereux: tolérance zéro

Il semble bien que le gouvernement du Québec, par la voie de son ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux, soit en train de reculer dans l’épineux dossier des chiens dangereux. Celui-là même qui avait déclaré qu’il avait la ferme intention d’interdire les pitbulls au Québec suite au décès de la Montréalaise Christiane Vadnais, survenue après l’attaque sauvage d’un tel molosse. Mais voilà que maintenant, le ministre dit vouloir trouver un consensus dans la foulée de la consultation publique tenue à l’Assemblée nationale en prévision de l’adoption du projet de loi 128.

On perçoit également que le ministre semble être fortement influencé par la décision de l’administration Plante, qui a annulé le fameux règlement de l’ancien maire Coderre qui interdisait l’arrivée de tout nouveau pitbull à Montréal. Évidemment, ajoutons à cela la présence on ne peut plus influente de la SPCA, qui joue à outrance sa carte de la discrimination raciale qui est faite, selon elle, aux molosses dangereux.

Et ce fameux registre national des morsures auquel Montréal tient tant. Je serais tenté de dire ici à Valérie Plante qu’il ne devrait même pas en être question. Que lesdites morsures devraient justement être évitées et – à tout le moins – devenir complètement inacceptables.

En établissant un registre des morsures de chiens dangereux, on instaure automatiquement la tolérance pour ces dernières. Il y a des chiens, et donc, acceptons qu’il y ait de temps en temps des morsures et arrêtons de rechigner à ce sujet. Acceptons même que parfois des enfants soient défigurés et en rare cas isolé, qu’un humain soit tué par un de ces chiens comme ce fut le cas pour Christiane Vadnais. Un décès de temps en temps, y’a pas de quoi fouetter un chat, après tout ! 

Pour ma part, c’est tolérance zéro envers les chiens dangereux. Et je dis au ministre Coiteux qu’il doit arrêter de tergiverser et de vouloir plaire à tout le monde en jouant, pour sa part, la carte du consensus et en voulant trop polariser le débat. S’il est bel et bien le ministre de la Sécurité publique, qu’il agit en conséquence et qu’il le prouve. Mais voilà qu’il a affirmé cette semaine qu’il refusait de s’engager à interdire les pitbulls.

Le ministre recule donc dans ce dossier, rien de moins. La loi 128 telle que prévue, risque de changer de cap, au grand dam de toutes ces familles québécoises qui ont vu un des leurs être attaqués ces dernières années par un chien de type pitbull.

Yvan Giguère,

Saguenay