Un député qui rame à contre-courant

OPINIONS / Le chef du Parti populaire du Canada (PPC) prend position contre l’enseignement de la sexualité à l’école. Ben coudonc. Sous prétexte de protéger les droits individuels, Maxime Bernier s’oppose à ce que nos jeunes soient informés de leur réalité sexuelle. Si je comprends bien, il faudrait s’en remettre au bon vouloir des parents, frères ou soeurs aînés, instructeurs sportifs, amis (es) de la ruelle ou autres. Le besoin est pourtant criant, et l’urgence d’agir l’est autant selon les spécialistes en la matière.

Bien sûr, nombre de détails sont encore à régler, dont la formation spécifique des enseignants concernés, l’intégration complète au processus scolaire, le suivi des balbutiements, etc. Ce n’est pas rien, j’en conviens, mais ce sont là les exigences d’un ajout qui a trop tardé. En comparaison, ce n’est pas parce qu’on s’interroge sur le nombre et la proximité des bornes de recharge qu’on doit se cambrer face à la popularité croissante des véhicules électriques.

Certains vont alléguer – l’Église catholique en tête – que nos ancêtres n’ont pas reçu cette formation à l’école du village, pas plus d’ailleurs que les cours d’anglais et d’informatique. Mais nous ne sommes plus à l’époque des diligences. Nos fillettes n’ont pas à tricoter leurs gilets et les garçons ne servent plus la messe le dimanche. Nos jeunes ont des besoins différents pour affronter le présent.

En faire la négation sous prétexte de brimer les droits de la personne équivaut à une irresponsabilité éducative, voire une malsaine stagnation. Pas surprenant que le chef du PPC soit si bas dans les derniers sondages. Sa cote de popularité se rapproche davantage de zéro que de héros. Maxime Bernier rame à contre-courant.

Roger Matteau

Shawinigan

+ LOIN DU P'TIT CHINOIS DE LA SAINTE-ENFANCE

Les forces sont inégales, ça saute aux yeux, quand on surveille un tant soit peu ce qui se passe sur l’île hongkongaise située à quelques coups d’aviron de la Chine continentale.

Pékin qualifie d’abjectes les forces démocratiques hongkongaises qui luttent contre le pouvoir local ; rien d’autre qu’une agence choisie par le tentaculaire pouvoir chinois communisto-capitaliste.

Cette démocrature – c’est entendu – n’endure rien qui déroge de sa ligne de pensée à quelques kilomètres de ses frontières. Pensons au Tibet. Elle commence alors à s’impatienter, tout en laissant les affaires s’envenimer assez pour s’octroyer l’autorité de mettre fin à une insurrection dans l’intérêt de tous. La bonne vieille recette éprouvée dans les dictatures face à ces « fauteurs de trouble » hongkongais, qui réclament notamment des élections sur l’île non organisées par Pékin.

En d’autres mots, cette population chinoise, de culture occidentale colonisée jusqu’à la fin du siècle dernier par les Britanniques, de nouveau dans le giron chinois, réclame que Pékin respecte ses engagements d’une entente signée avec l’Angleterre. Le plus fondamental : un pays, deux systèmes politiques. Mais que faut-il redouter dans un futur proche ? C’est écrit dans le ciel.

Déjà, quelques milliers de soldats de la redoutable Armée de Libération... du Peuple... en faction à Hong Kong n’attendent que le feu vert de monsieur Xi, le commandant en chef des armées chinoises, pour se jeter à bras raccourcis sur les « forces abjectes » hongkongaises, comme les a qualifiées Pékin, parce qu’elles se révoltent.

Et les Occidentaux dans tout cela ? Ils n’y pourront rien, comme ils l’ont fait face à la Russie, lorsque cette dernière s’est emparée par la force de la Crimée. Des sanctions économiques contre la Chine ? Laissez-moi rire !

La Chine projette d’assujettir les nations voisines en prenant le contrôle de la mer de Chine. La Chine, en mesure de se positionner fortement en Afrique, roule des mécaniques dans l’Arctique, pour s’assurer une route de la soie permanente vers les Amériques, comme celle qu’elle vient d’établir avec l’Europe. La Chine est de plus en plus équipée pour devenir l’incontournable nation à prendre en compte. Un euphémisme pour parler du contrôle de la planète.

Marcel Lapointe

Jonquière