Un corridor non nécessaire

OPINION / Dans vos parcours quotidiens au volant de votre voiture, vous avez sûrement identifié une rue ou plusieurs segments de rue dont le pavage mériterait d’être refait, mais les années passent et la dégradation se poursuit, le pavé se dédouble, les trous sont de plus en plus nombreux et rien n’est fait pour corriger la situation. Par ailleurs, on vient d’apprendre que les 40 kilomètres de nouveau pavage promis par la mairesse de Saguenay, Josée Néron, seront écourtés en raison de la hausse du prix du béton bitumineux.

L’an dernier, Saguenay aménageait une nouvelle allée pour les autobus dans le stationnement ouest de l’Université du Québec à Chicoutimi afin de faciliter leur mobilité. Mais tenez-vous bien, on n’est pas satisfaits de cette modification, et voici ce qui se passe depuis le mois de mai dans le secteur du Cégep et de l’UQAC. On a commencé par abattre plus de deux cents arbres matures, on a complètement défait la côte qui reliait ces deux institutions, on a fait un nouveau tracé et on l’a asphalté, on a enlevé tout le pavage du stationnement ouest de l’UQAC, on change de place le terminus qu’on avait fait en 2018. On construit un tunnel souterrain pour permettre aux pauvres étudiants de se rendre au nouveau terminus sans affronter l’hiver et on va refaire le pavage neuf sur ce stationnement de près de 18 000 pieds carrés.

Bien plus, on a aménagé un terminus près de l’ancien Grand Séminaire (coin Jacques-Cartier et Sydenham), une nouvelle rue et pour ne pas que les étudiants du Cégep aient froid, eux aussi, en hiver, on a construit encore ici un très long tunnel entre ce terminus et le Cégep. Toutes ces modifications aux infrastructures des deux institutions coûtent 18 millions $ au nom de l’écomobilité alors que les étudiants ont refusé, lors d’un scrutin secret, qu’un montant pour le transport en commun soit ajouté à leurs frais d’inscription.

Afin de constater l’ampleur de ces travaux non nécessaires à mon avis, je vous invite à descendre de votre voiture et à constater de vos propres yeux ce qui s’y passe.

Eugène Tremblay

Chicoutimi

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L'AMPHITHÉÂTRE

Michel Tremblay, conseiller municipal de Chicoutimi,

Ainsi, vous appuyez le projet de l’amphithéâtre sur ce qu’on appelle, ici à Saguenay, la zone ferroviaire. Avez-vous consulté vos citoyens ? Ce serait peut-être une bonne idée.

Votre collègue, Simon-Olivier Côté, de Chicoutimi aussi, n’est plus du bord de la mairesse. Le pouvoir des beaux sourires en gros a ses limites. Monsieur Simon-Olivier, présume-t-on, est de la génération qui aura à payer et à entretenir ce château fantôme, jusqu’à la fin de ses jours. Ces jeunes ont des termes de maison et de véhicules. La plupart sont au salaire minimum, ils travaillent deux par adresse, n’ont même pas l’idée ni le temps de savoir ce qui se trame à leur insu au conseil municipal, et cela fait l’affaire – oh yes ! – de nos représentants.

J’ai écrit « représentant » et non « dirigeant ». Ne vous méprenez pas sur votre rôle. Vous nous « représentez ». Vous représentez qui ?

Les « petits amis de la Racine » ou le citoyen moyen qui n’a que faire de se dandiner collé-collé en prenant du vin qu’il peut se procurer chez tous les bons dépanneurs.

La zone ferroviaire. Ne l’a-t-on pas déjà appelé zone inondable du fait que la rivière Saguenay y faisait son lit avant – avant, ouvrons nos livres d’histoire.

Pourquoi aucun projet d’affaires n’a vu le jour avant les illuminations de ce conseil. Pourquoi ? Ce n’est pas le talent qui manque en affaires au Saguenay. Des raisons majeures ont bloqué les projets d’envergure. Ces gens voyaient plus loin que leurs prochains mandats comme élus du conseil.

On en a eu des leaders au Québec qui ont pensé plus à leur gloire personnelle. Jean Drapeau. J’ai eu pendant des années une admiration inconditionnelle pour son charisme que j’ai confondu avec son talent.

Je n’ai jamais aimé son Stade olympique qu’on paie encore, je pense, et qui ne sert qu’aux cyclistes du Grand défi Pierre Lavoie, deux heures par année.

Je n’ai eu aucun plaisir à me faire tasser comme une sardine à Expo 67. J’aimais l’île Sainte-Hélène pour avoir eu le privilège d’y être allée souvent, une fois par année pendant huit ans. Ce décor artificiel ne m’attire plus. On ne se bat plus dans le monde pour les Jeux olympiques ni pour les Expos. Le monde change, et les temps changent.

Autre exemple : Québec et son Centre Vidéotron.

Qui n’a pas été payant pour Pauline Marois ni pour son bras levé dans les airs un certain jour de mars 2014. Qu’on compare à un détecteur de fumée, vu de pas mal partout. Combien de nos taxes vont encore à ça ?

Le centre Georges-Vézina est à combien d’arpents, disons de Théâtre Banque Nationale ? On a tous des « chars », sinon des « becyques ».

Vivez-vous à Saguenay, messieurs-dames du conseil ?

La moitié des pages de notre Quotidien raconte des drames. Quelque 16 000 personnes vont vivre près du crassier de Rio Tinto. Est-ce que cela a dérangé le conseil ?

La décroissance de la population. Presque tous nos jeunes, la moitié sûrement, quittent la ville pour ailleurs. Nous sommes une population vieillissante. À qui notre attention ?

Poser la question, c’est y répondre, monsieur le conseiller. Pensez plus loin que le mandat de madame et le vôtre, s’il vous plaît.

Pauline Germain

Chicoutimi