Un conseil peu emballant

OPINION / Je me fais une obligation de regarder, en direct, de mon salon, par le biais de la technologie, la réunion mensuelle de notre conseil de ville de Saguenay.

Ce n’est pas emballant.

La dernière, celle du 3 décembre 2018, aura duré, avec les questions des quelques citoyens, peu nombreux, on peut comprendre pourquoi, plus de 3 heures.

MATV nous présente la réunion quelques jours après pendant 2 heures seulement, ce qui élimine à coups sûrs les questions-réactions des personnes présentes.

Je me suis demandée si le fait de couper la présentation du conseil au grand public, après seulement 2 heures, ne venait pas du conseil de ville lui-même.

Parce que la rare et indiscutable unanimité de ce conseil de ville, autour de la table, est tout le contraire chez ces quelques payeurs de taxe présents.

La réunion se déroule sous nos yeux, hermétique, avec une inquiétante unanimité, 7 points du jour, hormis l’ordre du jour et l’acceptation du procès-verbal, avec 5 à 7 points à adopter à chacun de ces points. Ça se passerait en grec ou en arabe et cela serait aussi clair.

Des explications alambiquées, rapides, avec toujours des beaux sourires, des mains levées, unanimes. Inquiétant.

C’est clair que rendus à la réunion, tous les jeux sont faits. Nous assistons, un peu niais, à la répétition d’une réunion. On n’aime pas la controverse. On fait ce qu’il faut. On est payé pour, et assez bien, merci. Unanimité. Personne ne demande le vote et quand il y a vote, la mairesse, c’est supposé être drôle, lève la main.

Les citoyens dans la salle, qui assistent, impuissants, à ce triste spectacle, ces simagrées souriantes d’unanimité, quand ils prennent le micro, ils n’en peuvent plus. L’unanimité change de bord. De mon salon, je les comprends tellement.

Ces quelques patients et courageux citoyens parlent pour nous. Ils sont nos vrais représentants. Ils font ça gratis. La plupart sont jeunes, gars et filles, inquiets pour leur avenir, devant les résolutions unanimes concernant Port Saguenay, GNL, et quoi encore, qui sont supposées provoquer un essor économique, encore des $$$, pour notre ville.

Le représentant des usagers du Transport en commun a été particulièrement pertinent.

Toutes les demi-heures, 7 jours par semaine, un monstre du STS passe dans ma rue complètement vide.

Ça ne passe pas à MATV. On ne veut pas entendre ça du monde pas unanime. C’est pourtant à ce moment-là que la vraie démocratie s’exprime.

À cette réunion, l’engagement d’une vérificatrice générale est passé comme une lettre dans la boîte à malle. 155 000 $/an, a-t-on lu dans Le Quotidien quelques jours après.

Silence total sur l’engagement et le salaire du monsieur en communication, qui vient du CIUSSS.

Je suis désolée. J’aurais préféré ne pas avoir eu à écrire une telle opinion.

Je m’ennuie de l’époque et de la classe d’Ulric Blackburn.

Pauline Germain

Chicoutimi

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L'UNIVERSITÉ SAINTE-ANNE POUR MODÈLE

OPINION / J’ai enseigné le français, langue seconde, dans l’une des plus vieilles universités francophones du Canada l’année de son centenaire en 1990, soit l’Université Sainte-Anne de Pointe-de-l’Église en Nouvelle-Écosse. Celle-ci célébrera donc en 2020 ses 130 ans d’existence. Le jeune professeur que j’étais alors se trouva privilégié d’œuvrer dans une institution qui faisait la fierté des francophones de la place, majoritairement des Acadiens.

Cette université qui abrite une école d’immersion en langue française est pour moi le symbole parfait de la belle coexistence des deux langues officielles au Canada. Un lieu d’unité des deux peuples fondateurs loin de la division à laquelle le premier ministre de l’Ontario Doug Ford nous convie en refusant de financer tel que prévu l’Université de l’Ontario français. Des étudiants venus de partout au Canada s’y donnent encore rendez-vous pour y apprendre le français. Comme en Ontario, la majorité des habitants de la Nouvelle-Écosse (Nova Scotia) s’exprime en anglais soit quelque 840 000 locuteurs, tandis que 31 100 autres utilisent le français dans la vie de tous les jours. Et pourtant on retrouve dans cette province canadienne une université francophone.

L’Université Sainte-Anne peut donc servir de modèle afin de démontrer toute la pertinence et toute la richesse que pourra apporter à sa population la venue d’une première université francophone en Ontario.

Yvan Giguère

Saguenay