Un budget qui change la vie des aînés

OPINION / Le gouvernement caquiste de François Legault a envoyé un message fort aux aînés en les plaçant au cœur du premier budget Girard. Enfin, les aînés ont reçu la part du budget qui leur revient !

De fait, ces investissements de 2,5 milliards $ sur cinq ans pourraient marquer un point tournant dans l’amélioration de la qualité de vie des personnes de 50 ans et plus au Québec, particulièrement les plus vulnérables.

Même si ce budget ne règle pas tous les problèmes, le premier exercice financier du ministre des Finances, Éric Girard, propose des solutions à des enjeux auxquels il était nécessaire de s’attaquer rapidement.

Mais, dans l’immédiat, qu’est-ce que ce budget va changer dans la vie des aînés ? Ça va donner quoi concrètement ?

Concrètement, l’ouverture de 900 lits en CHSLD, combinée à la réalisation de plus de 10 000 unités de logement d’AccèsLogis Québec et à l’ouverture de 30 maisons des aînés d’ici 2024, va créer entre 2100 et 4200 nouvelles places d’hébergement. Sur le terrain, cela permettra un plus grand accès aux CHSLD et une diminution des listes d’attente.

Le Programme québécois d’Infrastructures prévoit des investissements de 20,2 milliards pour le secteur de la santé et des services sociaux. Ça se traduira par la création de nouveaux bâtiments, par la rénovation et la mise à niveau de ceux qui sont actuellement en place et par le remplacement d’établissements vétustes. C’était là une demande importante formulée par le Réseau FADOQ lors des consultations prébudgétaires.

Nous avons insisté à plusieurs reprises sur l’importance d’instaurer de meilleurs ratios personnel-patients dans les CHSLD, sur le fait que le gouvernement devait prendre acte des résultats encourageants des projets pilotes. Notre organisme a été soulagé d’apprendre que le gouvernement investira un milliard sur cinq ans pour l’ajout de personnel, plus particulièrement de personnel infirmier. De plus, le réseau de la santé sera soutenu par une présence d’infirmières praticiennes spécialisées et par de nouveaux préposés aux bénéficiaires.

On verra une différence aussi dans les soins à domicile, grâce à une injection de 280 M$ par année. Cela représente une augmentation de plus de 10 millions d’heures de services à domicile. Aussi, annuellement, environ 1000 personnes handicapées bénéficieront d’une adaptation de leur logement.

Les aînés vont également profiter d’un plus grand accès à la santé avec l’ajout de ressources dans les CLSC et la mise sur pied de cliniques d’hiver.

Les mesures du budget Girard amélioreront concrètement le sort des travailleurs d’expérience qui souhaitent prolonger leur carrière, grâce à l’accès étendu et bonifié à 60 ans du nouveau « crédit d’impôt pour la prolongation de carrière ». Pour un employé qui n’était pas admissible auparavant et qui n’avait que des revenus de travail, le crédit d’impôt bonifié viendra augmenter de 10 000 $ le niveau de revenu à partir duquel il paie l’impôt du Québec. Il s’agit là d’un allègement fiscal important.

Les proches aidants auront également plus de répit. L’investissement de 21 millions à compter de 2019-2020 permettra l’ouverture de services de répit et de maisons des proches aidants. Le Réseau attend d’ailleurs beaucoup de la politique nationale pour les proches aidants qui sera annoncée d’ici la fin de 2019.

Dans un contexte de changement de garde politique, le Réseau a su collaborer rapidement avec le nouveau gouvernement pour établir une liste de priorités touchant les aînés. Le budget Girard montre que plusieurs de nos revendications ont été entendues et cela consolide notre position de leader de la défense des droits collectifs des aînés.

Nos dirigeants ont compris l’importance de la qualité de vie des aînés. Il était temps, direz-vous, dans un contexte où le vieillissement de la population a des répercussions dans toutes les sphères de notre société. Le budget Girard représente un pas dans la bonne direction, mais ce n’est pas la finalité. Il y a tant à faire, tant de mesures à corriger et à repenser.

Soyez assurés que le Réseau continuera de mettre son expertise à profit pour faire avancer la cause des aînés. C’est en collaborant tous ensemble que nous trouverons les meilleures pistes de solution.

Maurice Dupont, président

Réseau FADOQ

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UN UNILINGUISME GÊNANT

OPINION / L’ex-procureure générale et ancienne ministre de la Justice du Canada, Jody Wilson-Raybould, qui vient d’être expulsée du caucus libéral par Justin Trudeau, accomplissait ses tâches en n’utilisant qu’une seule des deux langues officielles du Canada, soit l’anglais évidemment. Elle était et demeure encore unilingue, il va de soi. C’était et ça demeure inacceptable. Juste pour cette raison, elle ne méritait pas de demeurer en poste.

Et malheureusement, il s’en trouve d’autres hauts gradés du gouvernement canadien qui sont unilingues anglais. Au moins, Mélanie Joly parle les deux langues couramment. Et voilà bien le propre des francophones du Québec qui se retrouvent au Parlement : ils et elles s’expriment pour la plupart dans les deux langues. Serions-nous presque les seuls à respecter nos semblables d’un océan à l’autre ?

Et quand avez-vous entendu la dernière fois un Québécois dire à un touriste ontarien de passage au Québec : « Désolé, je ne parle pas anglais » ? Plutôt rarissime, n’est-ce pas ? Mais, un touriste québécois de passage en Ontario se fera dire à qui mieux mieux : « Sorry, I don’t speak french. » Quand on y pense le moindrement, ça fait un peu pitié et c’est vraiment gênant à constater.

Yvan Giguère

Saguenay