Un beau sermon sur la montagne

OPINION / Contrairement à Sébastien Lévesque, je pense qu’on n’a pas le droit d’aimer, de pardonner, d’avoir de la compassion pour des personnes qui frayent dans ce que Victor Hugo a appelé la lie de la société. Ce serait leur faire une fleur qu’ils ne méritent aucunement.

L’amour inconditionnel prôné par Sébastien Lévesque dans sa dernière chronique hebdomadaire dans Le Quotidien (Le pouvoir de l’amour) est courageux, mais naïf, et relève de la fantasmagorie; ça fait «mèrethérèsane». C’est sûr que si des humains se mettent à aimer ceux qui les persécutent et vice versa, il y aura un jardin qu’on appellera la terre qui sera assez grand pour des millions d’enfants. Seulement, d’emblée, Trump, Kim Jong Un, Erdogan, al Assad, Salman, Poutine, Bolsonaro, etc. Beurk! Pas capable.

Certes, il y en aura pour affirmer que la leçon donnée par M. Lévesque n’est pas à prendre au pied de la lettre; tout au plus un idéal à atteindre.

Sinon, me semble qu’aimer, pardonner, cela ne s’apprend pas. Savoir aimer, savoir pardonner, entre autres à ses bourreaux nazis, aux requins de la finance qui mettent des billions à l’abri dans des paradis fiscaux qui pourraient servir à aider leur prochain, en ce temps de pandémie. Savoir, cela fait appel à l’hémisphère gauche du cerveau, alors qu’aimer et pardonner procèdent du droit. Des sentiments. Apprendre des sentiments pour finir par les savoir?

Amélie Lemieux, la mère de Norah et Romy assassinées, qui vient tout juste de débuter son calvaire. Me demande bien comment...

L’amour inconditionnel est une étoile inaccessible; on ne peut qu’en rêver.

Marcel Lapointe

Jonquière