Un autre appel à l’aide

OPINION / Après des semaines d’efforts, pour ne pas dire des mois à rechercher inlassablement 25 000 $ en dons pour éviter une fermeture à l’été 2018, c’est à bout de souffle que Loge m’entraide a lancé publiquement un cri à l’aide, le 21 février dernier, permettant de récolter le tiers de l’objectif.

En fait, l’organisme accuse plusieurs secousses financières depuis deux ans. Une communauté religieuse d’ici a coupé un don annuel de 2000 $, une seconde de l’extérieur un don de 5000 $. En 2016, l’ancien maire a coupé l’unique don annuel de 1500 $ que la ville versait depuis 18 ans. Heureusement qu’en 2017, un donateur anonyme est venu offrir 10 000 $, ce qui nous aura sauvés des eaux.

Mais à force de cumuler des manques à gagner ici et là, l’espoir de survivre s’affaiblit de mois en mois. Même la nouvelle administration de Saguenay, sous la gouverne de Josée Néron, a refusé par deux fois (janvier et février 2018) de redonner le don municipal de 1500 $ prétextant que « Des vérifications ont été faites auprès de nombreuses autres villes et aucune ne donne pour le fonctionnement d’un organisme comparable au vôtre ». 

Étonnant direz-vous ? Oui, en effet. Pourquoi avoir mobilisé le temps d’un fonctionnaire de la ville pour faire une recherche provinciale en vue d’offrir ou non un don de 1500 $ à un organisme communautaire qui se dévoue depuis 20 ans au service et à la défense de la population locataire vulnérable, appauvrie et sans défense ? Et pourquoi notre demande d’aide n’a pas été discutée démocratiquement autour de la table du Conseil municipal où le vote des échevins aurait peut-être été différent de celui de la mairesse ?

Quoi qu’il en soit, nous continuons à espérer des dons pour aider à payer nos frais de base (loyer, téléphone, comptabilité, assurances, papeterie, etc.) et ainsi redresser nos finances. Citoyens, entreprises, communautés religieuses et autres sont invités à poser un geste de partage en postant un don, quel que soit le montant, à Loge m’entraide, 30 Racine Est, bureau 230, Chicoutimi, G7G 1P5.

Et si vraiment au bout de cet effort collectif, le cœur sans doute épuisé, nous devions fermer nos portes, nous prendrions quand même le temps de retourner les dons amassés à qui de droit avant de mettre la clé dans la serrure. Mais d’ici là, nous gardons confiance en l’avenir en souhaitant une bonne nouvelle financière à annoncer à court terme.

Sonia Côté, coordonnatrice

Loge m’entraide

Budget des banquiers

OPINION / Faire fonctionner l’économie à crédit en faisant des déficits à répétition, sachant qu’on laisse le pouvoir au parti suivant, après plus ou moins deux mandats, est-ce intelligent  ? Planifier des déficits cinq ans d’avance et faire grossir de 80 milliards $ une dette déjà très lourde de 669,9 milliards, est-ce responsable ? Non, c’est dément ! Avoir comme réponse que les autres pays sont plus endettés que le nôtre, c’est une réponse de délinquant. « Regardez les Américains, leur produit intérieur brut est hypothéqué à la hauteur de 108 %. Et nous, c’est seulement 36 %. »

Mais le magicien qui nous fait passer pour des riches passe sous silence que ce sont les mêmes payeurs d’impôts qui sont endettés au niveau provincial, municipal, organismes paragouvernementaux, et personnellement pour plus de 4000 milliards de dollars. Quand on pense que la majorité des payeurs d’impôts n’ont pas plus de trois mois de côté pour assurer leur subsistance, c’est complètement indécent un tel budget.

Demandez à chaque payeur d’impôt s’il aurait préféré un budget équilibré. Il vous répondrait oui. Les plus sages vous diraient d’avoir un coussin pour prévenir les coups durs. Faudra-t-il effacer les mots équilibre budgétaire dans les livres de comptabilité ? Le déficit zéro, c’est aussi insignifiant que le surplus zéro. Si le budget avait démontré l’équilibre budgétaire, les journalistes bien branchés en économie et en finances auraient, comme aux Jeux olympiques, décerné la médaille d’or au gouvernement central.

La médaille d’or du budget, savez-vous qui l’a remportée ? Ce sont les banquiers. Les actionnaires des banques doivent faire en sorte de maintenir la dette élevée pour continuer à s’enrichir à même notre argent. Sur nos dépôts, ils nous accordent plus ou moins 1 % d’intérêt, alors qu’ils prêtent notre argent au gouvernement, c’est-à-dire à nous, en nous faisant payer le maximum possible. Avec les cartes de crédit, ils prêtent l’argent des déposants avec des taux usuraires de 20 %, plus les frais. C’est intelligent ça ?

Alors, les vrais décideurs du budget, ce sont les banquiers qui ont tout intérêt à nous faire avaler des déficits et être des esclaves de la dette qui grossit et s’alourdit d’année en année. Ne trouvez-vous pas qu’il y a des limites à se faire abuser ?

En 2017, les Canadiens ont payé en intérêts sur la dette 24 milliards de dollars. Cela représente 92 millions par jour ouvrable. Les chiffres du compteur ne sont plus lisibles tellement ça tourne vite. De plus, on a mis un silencieux pour ne plus entendre le sifflement strident du compteur dans la Chambre des Communes.

Pour changer cela, ça prend de l’éveil de conscience collective, du sens commun et de la volonté. Comme pour la santé d’une personne, l’équilibre est tout indiqué pour la santé financière.

Martin Belley

Saint-Nazaire