Un appel à la solidarité pour les aînés cet hiver

OPINION / La Table de concertation des aînés du Royaume constate un important vide de service pour les aînés à Saguenay qui ont besoin d’aide pour le déneigement et le déglaçage des escaliers extérieurs et des entrées de leur domicile. C’est préoccupant pour plusieurs raisons. C’est un enjeu majeur de sécurité et de prévention des chutes, mais également un enjeu d’accès aux services à domicile pour les personnes en perte d’autonomie. En effet, si les escaliers ne sont pas bien déneigés, déglacés et sécuritaires, une employée qui vient donner des services ou des soins à domicile pourrait ne pas être en mesure d’accéder au domicile de la personne. Finalement, plusieurs aînés s’isolent pendant l’hiver, car elles n’osent pas prendre le risque de sortir de chez elles.

Présentement, sur le territoire de Saguenay, il existe quelques compagnies qui offrent un service de déneigement manuel, mais souvent le coût très élevé est financièrement peu accessible pour plusieurs. Cela peut coûter aussi cher que de faire déneiger son entrée complète par une machine. Notons que, selon le recensement 2016 de Statistique Canada, ce sont 5130 personnes de 65 ans et plus, vivant en ménage privé, qui vivaient sous le seuil de la mesure du faible revenu à Saguenay. De plus, il y a peu (sinon aucune) de promotion pour les services de déneigement manuel, souvent connus de « bouche-à-oreille ».

Nous faisons donc appel à la solidarité : si vous le pouvez, offrez votre aide pour déneiger l’escalier d’un voisin ou d’un proche qui a de la difficulté à le faire seul. Si vous avez une idée de solution collective, n’hésitez pas à contacter la Table pour nous la partager : ainesduroyaume@outlook.fr.

Jessica Tremblay Doucet

Travailleuse de milieu auprès des aînés

Membre de la Table de concertation des aînés du Royaume

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MADAME TRUDEL, AVEC DU BON SENS...

On prend souvent conscience d’une richesse insoupçonnée lorsqu’on l’a perdue à jamais.

L’île d’Anticosti, tirée des griffes des pétrolières grâce à l’opiniâtreté du maire de la place appuyé par ses concitoyens, est aujourd’hui, un intouchable joyau du patrimoine canadien et candidate à la liste patrimoniale de L’UNESCO.

Et que dire de l’île d’Orléans, défendue avec acharnement par Félix Leclerc, contre des promoteurs immobiliers et autres à l’affût de la moindre parcelle de beauté naturelle pour engranger du fric ? Quand le grand troubadour a prononcé sa célèbre phrase dans la chanson, Le tour de l’île : « Imaginons l’île d’Orléans, un dépotoir », les insulaires n’ont pas mis de temps à monter aux barricades.

Aux dires d’une touriste d’ici, un guide norvégien raconte aux touristes de partout dans le monde venus voir les fjords de son pays qu’il en existe peu ailleurs sur la planète. Cependant, il ne manque pas l’occasion d’en citer un : le Fjord du Saguenay au Québec, parce qu’il est le seul à ne pas se jeter dans la mer. Voilà alors des gens d’ailleurs sensibilisés à un attrait touristique incomparable qui pourrait susciter leur intérêt si d’aventure ils viennent visiter notre pays.

Il y a également, dans Le Quotidien du 14 février dernier, le touchant témoignage d’un Baieriverain, Rémi Aubin, lequel ne tarit pas d’éloges envers le fjord du Saguenay et qui vit une grande histoire d’amour avec lui. Il poursuit en disant adorer ce décor de beauté avec la baie, les montagnes, les couchers de soleil, c’est magnifique. Enfin, il dit aimer partager cet amour avec des étrangers : cinéastes sur le fjord travaillant pour de grands diffuseurs tels que Thalassa, TV5, National Géographic.

Le fjord du Saguenay prend sa source à Chicoutimi, ville que les Français connaissent bien mieux que bien des Montréalais selon le témoignage de la consule de France, Françoise Brochet. « Soyez certains qu’à Paris on a plus de chance d’entendre : “Ah oui, Chicoutimi, c’est beau, j’y suis déjà allé ; ” “Le fjord c’est magnifique ! ” » Le Saguenay et son fjord, ce sont 80 000 Français qui viennent les visiter chaque année.

Mais pour combien de temps encore, si les opposants à GNL, qui croient au développement durable, entre autres, par l’industrie touristique, ne réussissent pas à freiner les ardeurs de promoteurs de tout acabit motivés par l’argent au détriment de la beauté d’un site patrimonial unique.

Pour peu que l’on se laisse séduire par le chant de la sirène du mouvement « Je crois en ma région », le fjord du Saguenay risque de devenir une simple voie maritime mise au service de vendeurs du Temple pour transporter de l’énergie fossile par méthaniers : une activité d’une autre époque.

Bien davantage. Si, à une circulation déjà existante (navires de transbordement à Port Saguenay, bateaux de croisières et ceux de Rio Tinto) viennent s’ajouter ceux de GNL, de BlackRock et d’Arianne-Phosphates, comment ne pas imaginer le fjord du Saguenay, un jour, un dépotoir ?

Marcel Lapointe

Jonquière