Un ALÉNA pour tous les travailleurs

OPINION / Les travailleurs que nous représentons dans le secteur privé au Québec, au Canada, aux États-Unis et au Mexique suivent avec beaucoup d’appréhension les négociations entourant l’ALÉNA.

Alors que l’avenir même de l’accord est en jeu, nous souhaitons passer un message aux négociateurs : un nouvel accord devra enfin prendre en compte les intérêts des travailleurs et travailleuses ou il ne sera pas. 

Dans sa forme actuelle, l’ALÉNA a accentué les inégalités et limité la capacité d’agir des États. Les travailleurs et travailleuses en ont assez de passer en dessous de la table, au profit des intérêts des riches et des puissants. 

Ne nous y trompons pas, en tant que syndicalistes, nous ne sommes pas opposés au commerce, bien au contraire. Plusieurs emplois en dépendent. Mais cela ne dispense pas les négociateurs au chevet de l’ALÉNA de devoir conclure un accord plus juste, plus démocratique, qui crée un marché nord-américain plus sûr, plus équitable pour les travailleurs de nos trois pays. 

L’actuel ALÉNA ne répond pas aux besoins et aux attentes du monde ordinaire. Les plus riches, les secteurs de l’économie qui peuvent le plus facilement être délocalisés, réussissent à tirer leur épingle du jeu. De l’autre côté, les travailleurs et les industries les plus exposés à la concurrence étrangère déloyale ramassent les pots cassés. 

On a fait croire aux travailleurs qu’ils auraient leur part du gâteau, que la richesse serait partagée, que les salaires monteraient au Mexique. Rien de tout cela ne s’est concrétisé. 

Les présentes négociations doivent permettre de corriger le tir. Il y a un sérieux problème au chapitre des droits des travailleurs au Mexique. Les travailleurs doivent pouvoir se regrouper au sein de syndicats démocratiques, négocier librement des contrats collectifs. Le traité doit garantir un vrai régime de relations de travail, avec des tribunaux objectifs. 

Dans le même esprit, nous approuvons les efforts des négociateurs canadiens en faveur d’un régime de lois du travail qui respecte le droit d’association dans les trois pays et rendrait illégales les dispositions « right-to-work » aux États-Unis. 

Un nouvel ALÉNA doit permettre aux gouvernements de protéger les plus vulnérables, de reprendre le contrôle des services publics, d’instituer des politiques d’achat national, dans la mesure où elles ne discriminent pas les pays partenaires. 

Les négociateurs devraient enfin s’attarder à réduire les privilèges des grandes corporations et assurer une plus grande imputabilité.

Les États-Unis ont proposé de permettre aux gouvernements de se soustraire aux dispositions du Chapitre 11 qui donnent aux compagnies et aux investisseurs le droit de poursuivre des États lorsque leurs décisions vont à l’encontre de leurs intérêts commerciaux.

Nous ne comprenons pas pourquoi le gouvernement canadien continue de défendre l’existence même de ce Chapitre 11, sachant que le Canada a été le plus malmené par ce genre de poursuite. 

Les négociateurs devraient aussi se concentrer sur ce qui rend le marché nord-américain plus fort. Il ne faut pas prendre à la légère les inquiétudes des Américains à l’effet que certains pays comme la Chine pourraient vouloir tirer profit des failles de l’ALÉNA.

Le contournement des dispositions sur les règles d’origine et les pratiques de dumping d’acier et d’aluminium sur le marché nord-américain ont eu des effets délétères sur les travailleurs et plusieurs secteurs économiques. 

Ces failles doivent être colmatées. C’est la seule façon de garantir l’intégrité du marché continental aux yeux des travailleurs et des industries qui ont été bafoués par les importations à rabais. 

L’ALÉNA souffre d’une crise de légitimité politique. Pour qu’un accord émerge, les négociateurs du Canada, des États-Unis et du Mexique doivent viser à construire un marché plus équitable, démocratique et plus sûr.

Leo W. Gerard, président international

Ken Neumann, directeur canadien

Alain Croteau, directeur québécois

Syndicat des Métallos (FTQ)

Napoleon Gomez, président 

Los Mineros (Le syndicat mexicain des mineurs)

Nouveaux tests génétiques

OPINION / Quatre tests génétiques seront dorénavant proposés à toute femme enceinte de 14 semaines ou moins. Ces consultations génétiques, si elles s’avèrent positives, conduiront à une recommandation d’avortement, comme c’est le cas pour les tests en vigueur pour la trisomie 21. 

Tout d’abord, la génétique est loin d’être le seul facteur qui détermine la manifestation d’une maladie. Plusieurs enfants en parfaite santé sont ainsi avortés. Deuxièmement, ces tests comportent des risques pour l’enfant. Troisièmement, la Cour suprême du Canada martèle, dans son jugement Morgentaler de 1988, que les risques et traumatismes de l’avortement augmentent avec chaque semaine de gestation. Enfin, il existe des organismes spécialisés dans l’adoption d’enfants malades ou handicapés. 

Comment s’imaginer qu’aller contre la vie et la nature, par un acte de violence envers la femme et l’enfant, ne puisse comporter de lourds prix à payer ? Pourquoi des milliers de femmes sont-elles inscrites dans des programmes de guérison post-avortement partout dans le monde ?

Isabelle O’Connor

Montcerf-Lytton (Québec)