Trop beau pour devenir réalité.

OPINION / Le troisième lien entre Lévis et Québec, dossier que je suis avec intérêt depuis le début, est sujet à diverses propositions. Cela va d’un mégaprojet à coût astronomique à celle consistant à faire l’économie du projet au profit d’un changement radical des mentalités par l’éducation, ironiquement, dans une ville reconnue comme patrimoniale par l’UNESCO.

La radio rwandaise, du début des années 90, a montré un pouvoir de convaincre une partie du peuple de massacrer l’autre par des moyens médiatiques vicieux provenant de personnages peu scrupuleux. Pour asservir une majorité de citoyens à sa rhétorique, là-bas, la haine a servi de carburant ; à Québec, il s’agit de la cote d’écoute.

Dans le cas qui nous concerne, bien qu’irrationnel au plan financier et incompatible avec les changements climatiques en accéléré, dont ne cesse de prévenir la communauté scientifique, le projet pharaonique d’un tunnel sous le fleuve, défendu par les fake newsers de tout acabit apparaît être le choix d’une majorité.

D’autant que les dirigeants politiques québécois ne manquent pas l’occasion de faire mijoter ledit projet dans la sauce électoraliste de marque caquiste. Un ouvrage gargantuesque que tous les Québécois de Val-d’Or à Gaspé vont devoir payer de leurs taxes et impôts.

Et pourtant, ne dit-on qu’in medio stat virtus (la vertu se tient au milieu) ?

Un projet aussi éclatant de bon sens qu’intelligent, le lien léger et écologique entre les deux rives du grand fleuve proposé par le tandem Charlotte Gagnon-Ferembach et Rodolphe Gagnon dans le journal Le Devoir du 6 août dernier, va demeurer lettre morte chez les caquistes. J’en mettrais ma main au feu.

Pas assez populiste.

Marcel Lapointe,

Jonquière

+ L’air, le feu, l’eau et la terre : quatre éléments... pour notre survie !

Quatre éléments qui sont essentiels à la survie de notre planète et, avant tout, l’avenir de l’espèce humaine.

Au début des années 80, j’entrepris mon premier voyage au Mexique, l’idée première étant de prendre un peu de repos sur les plages de sable blanc de Riviera Maya, surplombé par ces eaux limpides et turquoise.

Mais avant tout, nous avions convenu de nous rendre au Yucatán et de visiter le fameux site archéologique de Chichén Itzá, dont la septième merveille du monde est la pyramide de Kukulcán, également appelée El Castillo. C’est à couper le souffle et extraordinaire de se retrouver devant un gigantesque monument précolombien, vieux de plus de mille ans et construit par les Mayas.

Pour atteindre le sommet du temple de Kukulcán, il faut monter 91 marches sur un des quatre côtés de la pyramide, y compris la plateforme supérieure tout en haut de celle-ci. En calculant « 4 x 91 + 1 » pour le plateau au sommet, on parvient à l’équation de 365, qui correspond au nombre de jours d’une année. J’y suis monté, mais avec un sentiment de respect et une vision de voyage dans le temps. Aujourd’hui, pour une question de préservation, il est impossible de faire son ascension. La position de cette pyramide à chacun de ces quatre points correspond aux quatre points cardinaux et au Soleil. Sans oublier le phénomène de l’équinoxe marquant l’arrivée du printemps qui se produit sur cette grande pyramide du Soleil chaque année. Tout simplement renversant.

Le guide qui nous accompagnait, un Maya de descendance, parlait plusieurs langues et étudiait en sciences à l’Université nationale autonome de Mexico.

Je me souviens de lui, car il savait nous captiver et nous parlait des Mayas comme d’un peuple passionné par l’astronomie, les chiffres et même de l’acoustique.

Les Mayas dévouaient un grand culte à la nature, l’environnement, l’harmonie et l’équilibre. Le guide nous expliquait que même lorsqu’il était jeune, ses parents lui parlaient avec intérêt de l’importance capitale des quatre éléments – l’air, le feu, l’eau, et la terre – évidemment encerclés par les astres.

Encore aujourd’hui, ce voyage à Chichén Itzá vient me chercher et me remet en mémoire tous ces clichés, paysages et monuments de ce site archéologique magnifique, et des messages qu’il nous livre.

Trente-cinq années après ce voyage, plusieurs questions sont encore sans réponse, concernant ces quatre éléments et leur importance pour notre environnement, nos écosystèmes, les organismes vivants (plantes, animaux et micro-organismes) qui interagissent entre eux et avec le milieu (sol, climat, lumière), les menaces pour la biodiversité (pollution, croissance de l’espèce humaine, réchauffement climatique, surconsommation, surexploitation des espèces, pertes d’habitats, notre inconscience, notre incapacité à prendre en compte les conséquences à long terme).

Notre folie à vouloir dépasser le temps, dans une évolution trop rapide, à tout vouloir contrôler et analyser, alors qu’il n’y a plus de place à l’initiative et que nos yeux sont constamment fixés sur des écrans sans vie. Malheureusement, l’homme est en majeure partie responsable de tout ce chambardement qui bouleverse notre planète et engendre des risques sans retour si nous n’agissons pas maintenant. Une des solutions passe par l’instruction, l’éducation, la sensibilisation, la prévention et un consensus mondial sur l’état et les mesures à prendre pour sauver notre planète.

Pour conclure, il est essentiel de revenir à ces quatre éléments essentiels de base – l’eau, le feu, la terre et l’air – pour notre survie, avant que les astres et la nature, qui représentaient un culte invétéré pour les Mayas, ne nous tombent sur la tête.

Denis Lefebvre,

Saguenay