Trions d'abord les idées

OPINION / Selon le nouveau chef du Parti des citoyens de Saguenay, Dominic Gagnon, le bac brun serait déjà « dépassé », parce que le tri des matières résiduelles, dans le futur, sera supposément effectué par un robot de tri. L’argument central de M. Gagnon est que l’on gagnerait en efficacité grâce aux performances remarquables du robot en question, qui pourrait donc traiter « 20 tonnes de matières à l’heure à raison de 21 heures par jour, soit 120 000 tonnes par an ». Voici maintenant pourquoi cet argument ne tient pas la route.

Traiter 120 000 tonnes de matière résiduelle par an, c’est assurément très efficace... mais beaucoup moins que de ne pas avoir à en traiter du tout ! ... Autrement dit, si tout le tri se faisait à la source, soit par le citoyen lui-même, et si bien sûr celui-ci était encouragé à le faire, plutôt que l’inverse, comme on le ferait en le déresponsabilisant encore davantage avec un tel robot, on n’aurait tout simplement pas besoin de ce dernier, ce qui permettrait plutôt de sauver les coûts de son achat et de son opération qui, je le présume, ne doivent pas exactement s’élever à 2 cents non plus.

De façon tout aussi évidente, quel bon sens y a-t-il au départ à mélanger les déchets organiques et non organiques, pour ensuite les « redémélanger », et ce bien sûr aux frais du contribuable ? 

La chose est encore plus absurde dans le cas des déchets biodégradables, puisque l’on sait tous d’emblée ce à quoi celle-ci, et seulement celle-ci, est sensée être destinée, soit le compostage... On le sait où ils vont, alors pourquoi ne pas simplement les séparer d’emblée, puis les envoyer directement là, d’autant plus que l’on sait que rien d’autre ne va là de toute façon ! 

Et en ce qui a trait aux déchets non organiques, y a-t-il davantage de logique à s’assurer de bien les souiller de matière organique, en veillant comme M. Gagnon à tout faire pour que l’on n’ait surtout pas de bac brun ? S’il est aussi connaissant qu’il prétend l’être en ce qui a trait à la gestion des matières résiduelles, n’est-il pas censé être bien conscient que celle-ci revêt un intérêt économique bien réel, notamment en ce qui concerne les déchets non organiques, par exemple le papier ou le métal ? Or on aura beau employer tous les robots que l’on voudra, si l’on veut s’assurer qu’une matière résiduelle perde une partie ou même la totalité de sa valeur, la meilleure façon de faire est encore de la « contaminer », ou en d’autres termes de la mélanger à une autre, notamment la matière organique. 

Autrement dit, c’est une chose de parler d’efficacité, mais c’en est une autre de montrer ce à quoi cette chère efficacité est sensée servir... Or, je remarque que M. Gagnon prend bien soin, dans son « argumentaire », de ne pas prétendre que toute cette prétendue « efficacité » serait sensée se traduire en économies réelles pour le contribuable... et heureusement qu’il ne le fait pas, car cela relèverait du mensonge pur et simple ! Comment pourrait-on avancer, en effet, que d’acheter puis d’opérer un robot puisse s’avérer plus rentable que de faire en sorte que le tri à la source soit bel et bien effectué une fois pour toutes, et qu’il n’y ait ainsi à peu près plus de tri à faire, que ce soit par un robot ou par qui que ce soit ! 

Ce n’est donc sans doute pas pour rien si, pour se justifier, M. Gagnon invoque plutôt le fait que les citoyens « n’en veulent pas, du bac brun »... Il a ainsi le mérite au moins de révéler clairement ce qui est réellement en jeu dans tout cela, soit le manque de volonté politique, à commencer par la sienne ! Il démontre aussi, une fois de plus, qu’il y a deux façons de faire de la politique : en ne fonctionnant que par électoralisme pur et simple comme il le fait, ou en faisant réellement preuve de vision, et en ayant donc l’avancement réel de sa communauté, ce qui, soit dit en passant, me paraît tout autrement plus typique de Josée Néron !

Charles-Olivier Bolduc

Éducateur de la garderie « Les P’tits Génies »

Chicoutimi-Nord

Tour du chapeau

OPINION / L’année 2017 sera-t-elle l’année où on verra du progressisme dans une région qui est souvent reconnue conservatrice ?

Notre université régionale a choisi une femme pour diriger cette institution de haut savoir, et ce, pour la première fois en près de 40 ans d’existence. Et de un…

Les propriétaires du centre commercial Place du Royaume ont fait de même en nommant, à la direction de ce méga centre, une femme. Et de deux…

Y a-t-il un alignement des astres qui va permettre à madame Josée Néron d’accéder à la mairie ? Et, éventuellement, de trois…

Si c’est le cas, la région va pouvoir bénéficier, au cours des prochaines années, de la présence, à des postes névralgiques pour le développement de notre ville et de la région dans sa totalité, de trois femmes de tête mais, aussi et surtout, de trois dames de cœur.

Ronald Boivin, 

Saguenay