Travailleurs temporaires

OPINION / Félicitations à Mme Laura Lévesque pour son article sur les travailleurs temporaires et le moyen de leur donner du travail à l’année. La réforme de l’assurance-emploi de M. Harper allait dans ce sens.

Mais ce n’est pas nouveau ; M. Raymond Malenfant, à la fin des années 70 et début 80, a bien essayé. En effet, propriétaire du Manoir Richelieu et de la station de ski Mont Grand-Fonds, il voulait réunir ses employés de services (les gens qui travaillaient à l’entretien du gazon, des arbustes, etc.) au Manoir durant la période estivale. Ces derniers devaient travailler au Mont Grand-Fonds pendant l’hiver. Préposés aux remonte-pentes, à l’entretien des pistes, tous les travaux d’extérieurs qui demandent un personnel polyvalent. Je suis certain qu’il y avait aussi du personnel d’intérieur pour l’accueil, enfin toutes les personnes dont les compétences n’étaient plus requises au Château ou inversement au centre de ski, pouvaient travailler aux deux endroits, pour le même propriétaire, même entité syndicale s’il y a lieu ; et cela toute l’année. La tranquillité, quoi ! Et surtout, des gens qui ont du travail à l’année.

La réalité est toute autre ; nous l’avons oublié Mme Lévesque ! Si vous fouillez dans les archives du journal, M. Malenfant s’est buté aux syndicats et à ses membres, bien conseillés par M. Gérald Larose, président de la CSN. Les employés du centre de ski avaient un syndicat et ceux de l’hôtel également, affiliés tous les deux à la CSN. Où était le problème ?

Il faudra le demander à messieurs Larose et Malenfant, et à des centaines de travailleurs qui ont été en grève. Je peux vous dire que ç’a brassé !

Comme vous pouvez le constater, même avec la loi de l’assurance-emploi, qui favorise (oblige) cette pratique, dans les faits, c’est autre chose. Il y a des gens qui n’ont pas besoin de travailler douze mois par année, surtout avec la conciliation travail/famille ; ce n’est pas aujourd’hui que cela va s’améliorer.

Gérard DeschênesChicoutimi