Toute une analyse !

OPINIONS / La chronique de Sébastien Lévesque, publiée dans l'édition du 2 octobre, a suscité un nombre exceptionnel de réactions. Son sujet: l'école à la maison pouvant être une alternative au système public qui serait moins axé sur le développement des qualités personnelles des enfants, a indiqué le chroniqueur.

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TOUTE UNE ANALYSE 

Ça mérite qu’on y réfléchisse.

Probablement que lorsque la situation familiale ne permet pas l’éducation à la maison, il faut compenser, nous, parents, afin de supporter nos enfants et les guider à devenir des meilleurs humains curieux, sensibles aux autres et ouverts sur le monde.

On se disait à travers l’aventure pédagogique pas du tout parfaite qu’on rééduquait à la maison pour compenser. On leur mentionnait que c’était notre job de parents, ce qu’ils finissaient par accepter.

Très bon commentaire ce matin en y réfléchissant. Il pourrait inciter des parents à y réfléchir et à rééduquer pour compenser.

Yvan Gravel

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COMMENTAIRE GRATUIT

J’ai lu et relu votre avis sur les écoles au Québec et je dois vous dire qu’aucun de vos arguments n’est appuyé sur des faits, des statistiques ou autres arguments. Vos avis sur l’éducation sont malheureusement gratuits. Pas fort pour un journaliste (NDLR : il est chroniqueur).

Ceci dit, je suis quand même sympathique à l’idée que les éducateurs devraient être des accompagnateurs et des guides dans l’apprentissage des enfants et que les enfants devraient pouvoir avancer plus librement dans leur démarche d’apprentissage.

Gaétan Samson

Saint-Ferréol-les-Neiges

JUGEMENT DE VALEUR

J’ai lu votre article en entier. Il m’a grandement fait réagir. Je demeure abasourdie d’y lire autant de jugement et de propos strictement personnels, sans nuances.

J’ai des amies enseignantes qui font un travail extraordinaire auprès des enfants, dans un contexte difficile. Elles stimulent leur créativité, font appel à leur capacité de réflexion et tentent de leur faire apprivoiser et accepter la différence. Le tout agrémenté de connaissances générales et académiques.

J’ai fréquenté l’école et j’y ai fait des rencontres et des apprentissages précieux qui ont guidé le reste de ma vie.

Mes enfants ont fréquenté l’école et sont devenus des adultes épanouis et accomplis, ouverts sur le monde et sur les autres.

Mes petits-enfants fréquentent le CPE et sont des enfants pétillants de vie, de bonne humeur et de curiosité.

Le ton de votre article et votre façon de tenter de vendre votre point de vue personnel ne témoignent pas, de mon point de vue, d’un journalisme professionnel.

Annick Bouchard

Cap-Rouge

+ RADICALISME ?

Comme parent, Sébastien Lévesque a bien sûr le droit de ne pas envoyer ses filles à l’école, tel un disciple de Rousseau qui soutient que l’enfant naît pur et parfait et que c’est la société qui le corrompt.

Mais comme chroniqueur au Quotidien et professeur de philosophie dans un cégep, il révèle une idéologie qui surprend par son radicalisme. « Ce n’est donc pas l’école qu’il faudra repenser, mais toute la société, » soutient-il dans une condamnation sans appel du milieu de l’éducation actuel qu’il voit comme un « système d’oppression ». J’espère que, contrairement au chroniqueur qu’il est, le professeur Lévesque fait les nuances nécessaires dans ses cours. Pour ne pas vider ses classes.

Laval Gagnon

Chicoutimi

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DONNEZ UNE CHANCE À L'ÉCOLE

C’est avec curiosité et beaucoup d’attention que j’ai lu votre article paru ce matin. Ma vie professionnelle s’est déroulée dans une école. Trente-quatre années passées dans le même milieu à aimer les jeunes, à semer des graines dans leurs têtes, sans jamais savoir si une quelconque petite pousse y germerait.

C’est vrai que l’école n’est pas parfaite, pas plus que le système de santé, ni le garage où je fais entretenir ma voiture, sans doute pas mieux non plus que la salle de rédaction d’un journal. Si la société n’est pas parfaite et qu’elle doit changer, ce n’est pas en restant tous chez nous à faire notre petite affaire que des changements vont s’opérer. Surtout, n’y voyez pas de jugement sur l’école à la maison, je n’ai pas de statistiques qui confirment ou infirment ce choix des parents.

Des réformes dans les écoles, on en a connu. En santé, on est reconnus pour évoluer, alors qu’en éducation, c’est réformer qui semble être notre tasse de thé. Malgré cela, les écoles sont remplies d’enseignants passionnés, qui ont à coeur la réussite et le bien-être de leurs élèves.

Mais l’école, c’est un monde en soi. Bien sûr, un nombre impressionnant d’élèves décrochent, plusieurs d’entre eux subissent de l’intimidation et l’école n’est pas taillée sur mesure pour les garçons, mais c’est le premier réseau social. À l’école, on apprend des autres, les élèves des enseignants et l’inverse est aussi vrai.

Donnez une chance à l’école. C’est le meilleur endroit qu’on ait trouvé pour laisser des enfants toute la journée, entre autres pour qu’ils soient en contact avec la différence. À l’école, il y a plein de choses qu’on aime, d’autres qu’on n’aime pas, mais il suffit de trouver un truc qu’on aime et voilà que le moteur se met à ronronner.

« Toutes nos aptitudes au bonheur et au malheur viennent de là. Plus les adultes croiront en l’école et investiront pour que celles-ci favorisent l’épanouissement, mieux la planète se portera. Il n’y a qu’une façon de changer le monde, c’est d’aller où le monde est en train de changer. Où le corps grandit, où le cerveau se développe, où l’âme se déploie. C’est à l’école. Après, il est trop tard. » (Stéphane Laporte, La Presse, 31 août 2019)

Marlène Gagnon

Québec

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SERVIR LE BIEN COMMUN ?

Quelques bons points, mais plusieurs moins bons... La société n’aime pas les enfants ! ! ! Plutôt elle ne les aime pas toujours de la bonne manière.

Pour changer la société, il faut s’impliquer de l’intérieur ; pas certain que de se retirer du système au lieu de s’y intégrer et de faire notre part pour l’améliorer soit la chose à faire. Chose certaine, ça n’aide pas au développement du bien commun, grand principe philosophique qu’on m’a enseigné.

Quoi qu’il en soit, bonne chance dans le chemin que vous prenez pour améliorer notre société.

Richard Sanfaçon

Rivière-du-Loup

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PESSIMISME

Quelle vision pessimiste ! Comment faites-vous pour vivre dans une telle société ? Pour un jeune qui décroche – un de trop bien sûr – combien de milliers réussissent leur scolarité et leur vie professionnelle ? Et que feront vos enfants lors de leurs études supérieures ? Réintègreront-ils le système scolaire que vous décriez tant ?

François Lapointe

Jonquière

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L'ÉCOLE, MIROIR DE LA SOCIÉTÉ

Comme vous le constaterez, les problèmes de l’école et les efforts de redressement ne datent pas d’hier.

Dès 1972, il faut parer au décrochage. Les études et les enquêtes comme Esquisse 75, L’école québécoise en 1979, révèlent combien l’école est sensible aux vagues de fonds qui déferlent sur le Québec. Le peace and love des années 1960 amène surtout la libération des contraintes financières, religieuses et sexuelles et l’édification des cités étudiantes plus populeuses que des villages.

Les années 1970 sont marquées par le progrès économique et la performance à tout prix. L’école forme l’étudiant producteur efficace et super consommateur.

Les années 1980 se caractérisent surtout par la crise des valeurs et le moi, idéalisé par les chartes des droits de l’enfant et des droits et libertés. Pendant toutes ces années, les générations d’étudiants digèrent difficilement les changements. En essayant de sauvegarder l’essentiel, les parents et les éducateurs s’adaptent. Comme en 2019, l’école n’apparaît ni une panacée ni un remède magique aux maux de la société. Elle est le reflet et le miroir d’une société un peu déboussolée qui se cherche. Elle a ses limites.

Pendant la grève des autobus scolaires de 1974, quoi de plus approprié pour occuper les enseignants que de monter un projet éducatif sur vidéo résumé ainsi ? L’école n’est-elle pas perfectible ? N’existe-t-elle pour les étudiants qui ont besoin d’un projet éducatif formateur ? En effet, n’essaient-ils pas d’acquérir le sens de l’effort dans la discipline et les méthodes de travail ; le sens de l’autre dans l’acceptation des responsabilités de la vie étudiante ; le sens de la transcendance enseignée à la maison et continuée dans l’enseignement ; le sens des valeurs d’ouverture qui donnent un sens à la vie ; le sens de l’intégration sociale où l’école, perçue comme une plaque tournante, permet de vivre positivement, même les mauvais moments.

Inévitablement, l’étudiant expérimente ce qui est inhérent à toute vie humaine : la joie, l’amour, la souffrance, l’échec et le découragement, si fréquents en période de formation.

Ainsi, au fil des jours, comme dans la vraie vie, les étudiants découvrent que pour comprendre la société québécoise et s’y intégrer, ils doivent faire l’apprentissage et l’expérience des valeurs qui façonnent la société.

Éduquer a toujours été difficile. Le sera-t-elle de plus en plus ?

Maurice Larouche

Alma