Touché par l’humilité du chroniqueur

En réaction à la chronique de Roger Blackburn intitulée « La reine du sébaste n’est plus » et publiée dans l’édition du 3 juillet.

Bonjour M. Blackburn,

Un simple message pour vous dire que votre texte d’adieu, de rétrospective et de pardon destiné à Mme Perron est très beau. Je ne la connaissais pas personnellement, mais votre humilité m’a définitivement touché. C’est plutôt rare de lire un journaliste qui fait ce genre de mea culpa public et c’est terriblement humain et vrai.

Ceci dit, je suis aussi un grand défenseur et utilisateur de la ressource faunique et l’histoire de la pêche blanche au Saguenay me choque. Quand les gens de L’Anse-Saint-Jean faisaient, dans les années 80, des voyages de pick-up à la « dump » pour se débarrasser de tout le sébaste récolté, à l’époque peu considéré pour ses qualités gastronomiques... J’en suis désolé et je comprends très bien votre papier de l’époque sur la Reine du désastre.

Alors merci pour cette dose de pardon, mais surtout de nous informer justement dans votre domaine d’expertise. Vous le faites très bien et c’est une chance de vous avoir dans la région.

Félix Ledoux

Garde de parc fédéral

Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent

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LE FRUIT EST MÛR, M. LEGAULT

Sur la base du consensus et d’une promesse électorale, la main sur le coeur, vous avez fait promulguer une loi pour mettre fin à la peur de l’autre : une loi sur la laïcité, qu’une majorité de Québécois ont appuyée par sondages, notamment.

Maintenant, nous en sommes à une autre promesse phare de votre programme, lors de la dernière élection : la réforme du mode de scrutin. Au printemps dernier, un vote fut pris par 3 partis sur 4, soit le vôtre, Québec solidaire et le Parti québécois. Au total, les trois formations politiques représentent plus de 75 % des électeurs à l’Assemblée nationale du Québec.

De plus, comme ce fut le cas pour une loi sur la laïcité, les sondages de la population ont révélé, sans l’ombre d’un doute, une très forte propension pour un nouveau mode de scrutin : le scrutin mixte compensatoire. Et ce, pour la prochaine élection en 2022.

Voilà toutes les conditions réunies pour passer à l’acte et nous permettre de croire encore à la possibilité de faire reculer l’absentéisme à l’urne ; remonter la crédibilité des élus au parlement ; faire reculer le cynisme ambiant de la population envers les politiciens. Bref, donner à la démocratie un souffle nouveau.

Le fruit est mûr, M. Legault, et vous le savez fort bien. Mais sans pour autant, comme vous le faisiez dans l’opposition et durant la dernière campagne électorale, manifester un enthousiasme débordant ; et cette assurance tranquille qui réconforte même les plus angoissés.

Cueillez-le plutôt que de tergiverser, comme vous vous êtes mis à le faire, en envisageant la tenue d’un référendum pour gagner du temps, sur une question que trop de politiciens, avant vous, n’ont pas eu le courage de régler.

Vous dites envisager un référendum sur la question. Voyons donc ! Ce serait inutile, car la population est prête depuis longtemps ; les sondages, que avez articulés pour justifier une loi sur la laïcité, le démontrent clairement.

Cette procrastination de votre part sera perçue comme un abus de démocratie, pour accommoder quelques députés de votre caucus angoissés à l’idée de perdre leur siège, advenant la réforme du mode de scrutin. À telle enseigne, les électeurs seraient profondément décus et s’en rappelleraient en 2022, s’ils se sentaient encore une fois floués, car privés de voter selon un mode beaucoup plus juste et démocratiquement avant-gardiste.

Marcel Lapointe

Jonquière