Témoins silencieux de drames humains

OPINION / On voit bien que le ministre ne comprend rien à la détresse vécue par les familles et leurs proches qui ne crient pas, qui souffrent en silence.
Le Maillon existe depuis 34 ans et nous aidons beaucoup de familles et de plus en plus, ces familles s'inquiètent et vivent une grande détresse des suites de toutes ces coupes de postes, de lits. 
La maladie mentale non traitée fait des victimes de plus en plus. Tous les mois, il y a des suicides. Parfois, la personne a besoin de temps pour se rétablir ; la désorganisation mentale, ce n'est surtout pas une chirurgie d'un jour. Les établissements se voient forcés par le ministre de retourner trop tôt les personnes dans leur milieu de vie. 
Quand on décide de faire cette profession, on pense aider les gens et le fait de s'apercevoir qu'on n'y arrive pas comme on souhaiterait nous dépasse totalement. 
Au Maillon, nous sommes les témoins silencieux de drames humains. 
Des pères, des mères qui subissent, jour après jour, les manifestations de la désorganisation mentale de leur proche. Des enfants qui voient un de leurs parents se déstabiliser, cherchant à l'aider, mais étant constamment bloqués par le manque de places, le manque de ressources, la confidentialité et le refus de traitement. Des frères, des soeurs, des conjoints qui se heurtent à la bureaucratie et qui ne peuvent accompagner et seconder un proche malade. Des familles entières en deuil, elles ont perdu leur être cher. Tout cela, on le vit durement. 
Il nous semble pourtant que ce gouvernement pourrait régler ce système qui va mal, plutôt que de se fermer les yeux et mettre la hache dans les plus démunis de notre société. 
Ces coupes nous amènent à vivre de plus en plus à travers chaque drame humain de l'impuissance. C'est à se demander comment il fait pour dormir, ce ministre qui a abandonné les humains au triste sort de la maladie mentale non traitée. Dans quel monde vit-on ? 
Comment faire plus ? Vers qui se tourner pour que les choses changent ? Qui entendra la souffrance et nous aidera à dénouer cette impasse ? 
Au Maillon, nous avons le coeur lourd, car il cumule toute la peine des familles depuis plusieurs années. 
Cher M. Barrette, entendrez-vous notre cri du coeur ?
Guylaine Laberge
Bertrand Santerre, président
Le Maillon 
Se relever grâce à l'entraide
OPINION / Du pire émerge parfois le meilleur. Même si certaines blessures demeurent encore vives, le baume sur le coeur reçu par les citoyens de Lac-Mégantic a sans conteste permis à notre communauté de se relever plus rapidement.
Dès les premiers instants de la tragédie, notre ville a reçu une aide considérable sous forme d'encouragement, de support et de solidarité. Au début, cette aide-là s'est manifestée davantage par un soutien humain, un soutien à la municipalité et aux citoyens, et par la suite, nous avons vécu une très grande solidarité par des dons de toute la population. Une campagne a été mise sur pied par la Croix-Rouge et ce support financier nous a permis d'aider nos citoyens à se relocaliser, à se reloger, à vivre durant les premières semaines et à subvenir à leurs besoins pressants, les premiers besoins.
Nous avons été touchés et même surpris par cette vague de solidarité venue de partout au Québec, mais aussi de plusieurs endroits à travers le monde.
La solidarité s'est ensuite transformée en mode de guérison. Les citoyens de Lac-Mégantic, bénéficiaires de toute l'aide apportée, se sont transformés en donateurs de temps pour aider leur ville à se relever avec l'idée d'améliorer la qualité de vie des citoyens. Les résidants de Lac-Mégantic étaient déjà tissés serré, mais l'avènement de cette catastrophe a amplifié la volonté de servir des citoyens. Nous l'avons vécu par exemple avec la relocalisation de la bibliothèque qui avait été rasée par les flammes. 
Il ne fait aucun doute que l'engagement des citoyens à participer à la vie de la municipalité est fondamental pour alimenter la vitalité de leur milieu. 
J'ai découvert que la philanthropie, ce n'est pas que de donner de l'argent, c'est de donner de son temps, c'est s'impliquer. Quatre ans plus tard, de voir les citoyens dont de nombreux jeunes, s'impliquer et vouloir faire de leur milieu de vie un espace plus vivant et accueillant, cela nous permet d'avoir confiance en l'avenir. 
Colette Roy Laroche
Ex-mairesse de Lac-Mégantic