Surcapacité de l’aluminium

Les auteurs sont Jean Simard, président et chef de la direction Association de l’aluminium du Canada, Heidi Brock, présidente et chef de la direction de The Aluminum Association, Gerd Götz, directeur général de European Aluminium, et Yoshihisa Tabata, directeur exécutif de Japan Aluminium Association.

OPNION / En tant que dirigeants des associations nationales de l’aluminium du Canada, des États-Unis, de l’Europe et du Japon, nous exprimons depuis de nombreuses années notre profonde préoccupation face à la surcapacité injustement subventionnée et aux autres comportements de distorsion du marché qui sapent la croissance durable de l’industrie de l’aluminium. L’important rapport de l’OCDE publié au début de l’année, intitulé «Mesurer les distorsions sur les marchés internationaux: la chaîne de valeur de l’aluminium», montrait que les facteurs non liés au marché étaient à l’origine de l’augmentation récente des capacités de production d’aluminium, qui a eu des répercussions tout au long de la chaîne de valeur.

Le rapport de l’OCDE suggérait d’améliorer la conception des règles commerciales, ainsi que la nécessité d’enquêter sur le soutien des gouvernements tout au long de la chaîne de valeur et de mieux prendre en compte l’influence des acteurs étatiques, compte tenu en particulier du double rôle des entreprises d’État en tant que destinataires et fournisseurs de soutien. Le rapport a estimé le soutien public reçu par 17 entreprises internationales à l’aide d’informations accessibles au public. Bien que la plupart des aides publiques aient été fournies dans le secteur de l’aluminium primaire, l’OCDE a démontré que cette aide apportait également des avantages significatifs à la production plus en aval de la chaîne de valeur. Au total, ces entreprises ont reçu près de 70 milliards $US sous différentes formes de soutien sur la période 2013-2017. Notamment, 85 % des subventions documentées ont été attribuées à seulement cinq entreprises, toutes d’origine chinoise.

La dernière déclaration commune du B7 publiée au début de ce mois est aligné avec les résultats du rapport de l’OCDE. Le B7 recommande de créer «un meilleur cadre pour les subventions industrielles et le traitement des entreprises publiques», exhortant les gouvernements à adopter des politiques qui entraînent des réductions vérifiables et mesurables des capacités excédentaires et permettent une croissance axée sur le marché.

Notre objectif est un commerce libre et équitable.

Nous sommes très reconnaissants de la manière dont les gouvernements, les institutions et les entreprises convergent sur la question des surcapacités pour lesquelles les preuves sont largement disponibles et partagées – comme le confirme le rapport de l’OCDE. Cependant, le temps presse, les producteurs d’aluminium subissant une pression plus forte que jamais. Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est d’une solution conçue pour le secteur de l’aluminium afin d’assurer un avenir solide à toutes les parties prenantes, y compris dans les pays qui ont le plus bénéficié du soutien des gouvernements. Il est essentiel que la voie choisie inclue toute la chaîne de valeur. Elle doit être axée sur le marché, multilatérale, basée sur un engagement multipartite, transparente, fiable, complète, vérifiable et applicable.

Soutenus par la robustesse du rapport de l’OCDE, nous réitérons notre appel aux dirigeants politiques mondiaux pour qu’ils entament le processus d’établissement de nouvelles règles plus efficaces sur les subventions et que les entreprises d’État mettent fin à de telles pratiques faussant les distorsions. Nous pensons que c’est un problème qui devrait être traité par les dirigeants du G7 avec le ferme soutien de l’OCDE et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ouvrant ainsi la voie à une approche multilatérale permettant de résoudre des conflits similaires dans d’autres secteurs. Comme le B7, nous espérons que les discussions trilatérales entre les États-Unis, le Japon et l’Union européenne pourront rapidement apporter des propositions concrètes dans ce domaine.

Compte tenu de l’ampleur et de la durée du préjudice subi par notre secteur, nous appelons le G7 à prendre les devants pour des actions ciblées et décisives. Au nom de tous nos membres, nous sommes prêts à soutenir les gouvernements et les organisations internationales avec nos connaissances, nos données et notre engagement à définir de nouvelles règles commerciales et de nouveaux mécanismes opérationnels et réglementaires permettant à tous les producteurs et à tous les acteurs en aval, où qu’ils se trouvent dans la chaîne de valeur de l’aluminium, de trouver la confiance, la transparence et l’équité.