Sur la procréation assistée

Monsieur Jean-François Cliche,

Je viens de lire votre chronique sur la fécondation in vitro, parue dans Le Quotidien (et du Soleil, NDLR) de mercredi et je tiens à vous dire merci. J’ai eu recours à la FIV, en 2014 (dans le cadre du projet de loi) et après 11 ans d’infertilité, j’ai mis au monde ma fille en 2015. L’an dernier, nous avons décidé de retenter notre chance avec les embryons restants, ce qui nous donné notre garçon, en novembre dernier. Nous avons dû défrayer la somme de 1500 $, plus les coûts liés à la médication cette fois-ci. Merci de parler de ce sujet qui est trop souvent tabou, mais surtout merci d’appuyer les couples infertiles dans tout ce « niaisage » politique qui nous brime à repeupler le Québec.

Christine Tremblay,

Chicoutimi

Pénurie : les retraités sont là

Un chercheur américain diplômé en psychologie du travail mentionnait que la majorité de ses patients dont l’âge se situe vers 50 ans, voire au-delà de 70 ans, souffraient de pathologies psychologiques. Une détresse souvent associée à un départ à la retraite, suivi par des causes multiples, qui varient selon les individus, dont la volonté de s’adapter tout en demeurant utiles. Mais pourquoi en sont-ils rendus là ?

Le constat est fort simple, et pour plusieurs de ses patients dit-il, ils ne s’étaient pas préparés à prendre leur retraite, tant financièrement, mentalement, que socialement, et leur vie de couple s’en trouve chambardée. Autre point qu’il a remarqué, après plusieurs mois de thérapie avec plusieurs d’entre eux : que de connaissances et de diplômes, d’expérience, etc. perdus avec des gens qui ont travaillé des dizaines d’années dans des entreprises, et dont le savoir pourrait être fort utile pour des entreprises en pénurie de main-d’oeuvre.

Support
Il ne s’agit pas d’entrer en compétition avec nos jeunes diplômés ou de les remplacer, bien au contraire !

Avant tout, il s’agit d’exercer un support tout en leur offrant notre expérience. Pour cela, il n’est pas obligatoire de travailler à temps plein. Ce que ces gens recherchent, c’est un peu de confort, de plaisir à travailler, de se sentir utile, de socialiser et ne vous inquiétez pas, vous serez surpris du travail qu’ils accompliront, ainsi que de leur assiduité.

Plusieurs de ses patients, disait-il, étaient devenus malades ; la sédentarité et la solitude les avaient minés, il se sentait vieillir prématurément et leur liste de médicaments ne faisait que s’allonger.

Évidemment, il y en a pour qui la retraite a été profitable et ils se plaisent dans ce nouveau mode de vie. Ici au Québec, un facteur joue contre nous, la population vieillit à un rythme fou et la pénurie de main-d’œuvre devient problématique pour plusieurs entreprises. Je pense à nos PME qui auront besoin de la relève, dans un marché de plus en plus compétitif.

Dans les régions, cette pénurie est encore plus criante. À Saguenay, 20 pour cent de la population a plus de 60 ans et ce chiffre va grimper dans les prochaines années.

Il y a plusieurs mois, j’ai écrit aux députés Denis Lemieux, du parti libéral, et Karine Trudel, du NPD, pour demander à nos différents paliers de gouvernement de mettre en place différentes mesures incitatives pour encourager les entreprises à embaucher des retraités, pour combler des manques d’effectifs dans plusieurs secteurs névralgiques.

De plus, on ne peut penser que ceux et celles qui retournent sur le marché du travail soient pénalisés par des taux d’imposition injustifiables.

Dans ce contexte, nous devons changer les règles et supporter des gens qui ont travaillé une grande partie de leur vie et qui peuvent faire partie de la solution. Vous me direz : « Oui ! c’est une alternative et pourquoi pas ? »

Pas de réponse
Finalement je n’ai reçu aucune réponse de la part de Mme Trudel et de M. Lemieux. La surdité n’a pas d’âge, et encore davantage en région, quand nos élus se vantent sur la place publique d’être à l’écoute des citoyens.

Plusieurs des patients de ce chercheur en psychologie du travail ont repris le marché du travail. Parmi eux, certains ont décidé de s’investir dans le bénévolat. L’un d’entre eux a dit : « Je me sens utile et apprécié dans ce nouveau travail et je me suis remis à penser que le vieillissement est irréversible, mais quand on n’y pense plus, alors tout prend un autre sens. »

Oui ! il y a du travail à faire, dans l’éducation, dans la santé et surtout pour trouver des alternatives afin de nous aider à faire face à une population vieillissante, mais combien utile si nous réfléchissons un peu. Il faut agir !

Denis Lefebvre,

Saguenay