Suivre l’exemple

OPINION / Après lecture de l’article de Mélanie Côté sur des jeunes de Jonquière qui nettoient leur environnement dans leur temps libre, je me suis sentie interpellée. Je fréquente régulièrement, comme tant d’autres personnes, différents sentiers de randonnée de la région, tout particulièrement ceux du Manoir du Saguenay à Arvida. La nature y est très belle, la faune et la flore si abondantes. Malheureusement, j’observe depuis que je les visite de nombreux déchets qui traînent ici et là. Avec le temps, le boisé bordant ces petits chemins se garnit de détritus de toutes sortes. Déçue, irritée, ça me donne envie de critiquer ceux qui en sont la cause. Mais chaque fois que je vais marcher, rien ne change et j’aperçois toujours ces foutus déchets.

Alors voilà ce que ces jeunes m’ont apporté : le goût de faire quelque chose pour améliorer la beauté de notre environnement. Je me suis donc mise à la tâche et je donne un peu de temps pour ramasser des déchets dans ce joli petit coin de nature. Savez-vous de quoi est composée une grande partie de la récolte ? Les fameux petits sacs de toutes les couleurs qu’on repère à des mètres de distance et qui renferment les cacas de nos amis canins. Il y a quelque chose que je ne comprends pas. Même si ces sacs sont biodégradables, ils en mettent du temps avant de disparaître. On a le temps de les voir cent fois. Ne serait-il pas plus logique, les besoins canins terminés de pousser avec une branche les restes dans le bois tout simplement ? La décomposition se fera plus rapidement d’ailleurs.

En fait, je souhaite sincèrement préserver la beauté de cet environnement et compte sur l’effort de chacun qui le fréquente.

Un grand merci à ces jeunes qui m’ont éveillée à l’importance d’agir plutôt que de critiquer et de subir.

Carole Tremblay

Jonquière

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LIQUÉFACTION DE GAZ FOSSILE: NON !

OPINION / Le Québec de demain passe par une transition écologique de notre économie, notamment par une transition énergétique propre et renouvelable. Le projet global de la compagnie américaine GNL, promoteur agressif du projet d’usine, est incompatible avec cette réalité incontournable.

On ne peut pas croire que le Saguenay-Lac-Saint-Jean se fera l’entremetteur d’un projet d’une autre époque, nous sommes rendus ailleurs…

Comment peut-on permettre à une compagnie américaine d’utiliser du gaz fossile sale, produit en grande partie par fracturation, un procédé d’extraction extrêmement polluant ? Lui permettre de le faire voyager à partir de l’Alberta, dans un gazoduc sur plusieurs centaines de kilomètres, de le transformer en gaz liquide qui demeure un gaz fossile sale et de l’entreposer dans de grands réservoirs réfrigérés à -162 degrés Celsius ? Lui permettre de le transporter dans d’immenses méthaniers réfrigérés à -162 degrés Celsius traversant le magnifique fjord de la rivière Saguenay en perturbant la pouponnière du béluga, et de l’exporter à l’extérieur du Québec pour produire des gaz à effet de serre par sa consommation ailleurs dans le monde ?

Rien de tout ça ne rejoint nos objectifs de transition écologique et énergétique dans le contexte actuel de réelle urgence climatique.

On ne peut pas rester muets face à cette injustifiable opération de mise en marché et de propagande à laquelle se livre cette entreprise américaine, chez nous. Déjà, depuis plusieurs années, mais encore plus intensément cette année, c’est à coup de centaines de milliers de dollars américains que l’entreprise tente d’influencer l’opinion publique.

La compagnie américaine GNL affirme qu’elle n’utilisera pas son gaz naturel fossile sale pour son usine, car il est trop polluant par rapport à l’hydroélectricité. Quel aveu ! Son produit est banni pour sa propre consommation. Voilà une stratégie pour créer un écran de fumée et duper l’opinion publique.

Aussi, GNL dit que son usine sera carboneutre ! Il faut d’abord se questionner sur la justification de ce projet, car on ne peut pas tout faire au nom de la carboneutralité. Est-ce que des cigarettes de tabac bioéquitables, carboneutres, roulées dans du papier recyclé, équipées de filtres biodégradables et vendues en vrac seraient moins nocives pour la santé ? L’usine de la compagnie américaine reste injustifiable, car tout le processus contribuerait à perpétuer notre dépendance aux hydrocarbures, dans des processus de production de plus en plus polluants.

Aujourd’hui, nous avons la responsabilité d’offrir à notre jeunesse les emplois du futur qui nous sortent de notre enlisement avec les énergies fossiles de plus en plus sales. L’avenir de la région doit s’orienter davantage vers l’économie verte. D’autant plus que le secteur des énergies vertes au Canada se développe plus rapidement que l’ensemble de l’économie et rivalise avec les industries les plus reconnues en matière d’emploi, selon un nouveau rapport du groupe de réflexion Clean Energy Canada.

Il est plus que temps de lever nos boucliers face à cette opération pour nous embrigader dans une avenue que nous ne voulons pas !

C’est d’ailleurs réconfortant et stimulant de voir que la Coalition Fjord, qui milite pour la protection du fjord du Saguenay, soit animée par un groupe de jeunes engagés et énergiques !

C’est révélateur de leur niveau d’inquiétude, un exemple de plus de leurs convictions à prendre leur avenir en main et un symbole des priorités qui motivent cette génération dans l’espoir d’un monde meilleur.

Jean Paradis

Fondateur de Négawatts

Alma