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Stade de soccer Saguenay: Serge Simard devrait connaître les règles

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Le Quotidien
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OPINION / Je suis estomaqué de voir à quel point Serge Simard, qui s’est annoncé comme candidat à la mairie, a tendance à lancer la pierre alors qu’il se trouve dans une maison de verre. Encore une fois, le 9 avril dernier, il a utilisé la section « Opinions » du journal Le Quotidien pour faire valoir son point de vue sur l’actualité municipale. Cette fois, il se permet de critiquer le conseil exécutif de Saguenay pour l’octroi du contrat de construction du Stade de soccer à une firme de l’extérieur.

Par Marc Bouchard, conseiller municipal du discrict 11, Saguenay

En tant qu’ancien conseiller municipal de Saguenay, ancien président de la Conférence régionale des élus (CRÉ) et ancien ministre responsable de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, il est gênant de constater à quel point monsieur Simard ne connaît pas les règles d’octroi de contrat imposées par le gouvernement du Québec, pour lequel il a lui-même œuvré.

Premièrement, il devrait savoir qu’un contrat de cette ampleur (plus de 9 millions de $) est automatiquement soumis aux accords de libre-échange, ce qui nous empêche d’y inclure des critères favorisant les entreprises locales. Ces règles s’appliquent à tout le Québec, Saguenay n’y fait pas exception.

Dans le cas du Stade de soccer Saguenay, si on se souvient bien, le conseil municipal a adopté une résolution le 7 octobre 2019, afin de limiter le montant de sa construction à 25 millions $. Il avait choisi d’adopter le modèle d’appel d’offres communément appelé « clé en main ». C’est-à-dire que l’enjeu pour les entreprises soumissionnaires était de présenter le projet de la meilleure qualité possible pour un maximum de 25 millions $. Bien des gens ont douté que ce soit possible. Aujourd’hui, ils ont obtenu leur réponse.

Donc, dans ce contexte, le comité exécutif a adopté à l’automne 2020 les grilles de pointage qui ont été utilisées par le comité de sélection pour le choix de l’entrepreneur. Tel que les règles l’imposent, les membres du comité de sélection et leurs délibérations ne sont pas connus par les élus. Ces règles d’octroi de contrats sont là pour empêcher que des élus puissent s’ingérer dans une forme de favoritisme.

Monsieur Simard devrait se rappeler de la Commission Charbonneau, qui a éclaboussé son gouvernement, et faire preuve de prudence. Il aurait aussi tout à gagner à démontrer à la population de Saguenay qu’il maîtrise les règles de base de la gouvernance, ce dont les citoyens sont en droit de s’attendre de lui avec sa longue expérience politique.