Saint-François-Xavier, patron du diocèse

OPINION / Dans l’article « 140e anniversaire du diocèse » de Chicoutimi, paru le 1er décembre 2018, à la page 38 du Progrès, on souligne que ce diocèse a comme patron saint François-Xavier. On nous informe que ce nom voit le jour dans notre histoire régionale en 1859, avec l’érection d’une paroisse et d’une église dédiées à François-Xavier.

Or, ce nom s’est inscrit à notre histoire régionale beaucoup plus tôt. En effet, on le voit apparaître sur les cartes géographiques du jésuite Pierre-Michel Laure dès 1731. Tous connaissent le cap qui se situe sur la rive nord de la rivière Saguenay, un peu en aval de la rivière du Moulin, précisément là où la rivière bifurque vers le nord-est tout en s’élargissant. Ce cap, Laure le désigne sous le nom de Cap Saint-François-Xavier et qu’on nomme maintenant plus simplement Cap Saint-François.

Mais poussons encore plus loin. Voici un extrait, écrit par le père Laure en 1720 (Mission du Saguenay, Relation inédite du père Pierre Laure) lors de son arrivée à Chicoutimi après une absence de près de 20 ans des missionnaires, faute d’effectifs :

« Mais puisque je reviens à ce poste ruiné, que pour me consoler de sa perte, il fallut penser tout de bon à établir celui de Chekoutimi. La Providence m’avait donné un commis aussi pieux et fidèle qu’obligeant, désintéressé et adroit. En un mot c’était le Sr Montandre des Grondines, dont le nom, la conduite et la probité ne vous sont point inconnus. Il commença par régler judicieusement la boisson des sauvages, toujours ferme sans les choquer. Il arrangea mon petit ménage. Il entreprit de faire ma chapelle… Quoique cette église, dédiée sous les noms de St. Fr. Xavier et du B. Regis, ne soit que de pièces sur pièces, elle a sa beauté. Enduite de chaux, bien vitrée, une voûte et un retable peints, elle a presque tous ses meubles, j’ose dire toutes ses commodités. »

On peut donc constater encore une fois que notre mémoire collective s’effrite et que, 139 ans plus tôt qu’on ne nous le laisse croire, le nom François-Xavier faisait déjà partie de notre paysage culturel et géographique. C’est donc à juste titre qu’en 1859 on a perpétué ce nom et qu’on l’a associé au diocèse de Chicoutimi.

Jacques Pelletier

Chicoutimi

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EN APPUI À SOPHIA, MA PETITE NIÈCE

OPINION / Pour connaître les véritables motivations de certaines décisions politiques qui touchent la fibre identitaire d’une minorité, on se doit, indubitablement, de fouiller dans les détails. Parce que, souvent, c’est là où se cache Belzébuth ?

Il importe, alors, de s’autoriser à questionner la véritable motivation qui amène le tandem élu Ford-Mulroney à s’attaquer, comme il le fait, aux 600 000 francophones de l’Ontario.

Le tandem des lecteurs d’opinion, Chouinard-Miville, dans une libre opinion récente au journal Le Devoir, intitulée « Nous ne sommes pas dupes, Madame Mulroney », ont écrit le passage suivant qui m’a sidéré : « Le gouvernement a exigé que le Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques cesse de publier des magazines destinés aux élèves franco-ontariens, et ce, en dépit du fait qu’ils étaient financés entièrement par le gouvernement fédéral. »

Alors là, pour moi, il n’y a plus de doute possible, la minorité francophone en Ontario est attaquée à sa base même : la jeunesse franco-ontarienne, dont Sophia et ses semblables font partie. Sans doute, que la minorité francophone qui est en croissance fulgurante, par exemple, dans le grand Toronto ainsi que dans le Centre-Sud-Ouest de l’Ontario, selon le dire des auteurs, dérange, de plus en plus, une certaine frange de la majorité anglophone : celle qui a toujours eu comme but ultime l’assimilation de la minorité francophone en Ontario.

Non, n’exagérons rien, il ne s’agit pas de nettoyage ethnique, comme il s’en est produit ailleurs (Rwanda, ex-Yougoslavie) et comme il s’en produira toujours, malheureusement (Myanmar, Chine). Mais, convenons que la méthode Ford-Mulroney, beaucoup plus subtile, mais pernicieuse, consistant à vouloir faire du ROC, un territoire unilingue anglophone, se situe dans la même fourchette.

Marcel Lapointe

Jonquière