Saguenay, ville blanche

OPINION / En réaction à l'éditorial de Marc St-Hilaire, publié dans l'édition du 25 juillet
Ce n'est pas parce que les dirigeants du groupe La Meute émettent parfois (peut-être trop souvent) des commentaires ambigus ou confus qu'ils sont automatiquement et directement responsables des réactions plus ou moins significatives de certains. Se pourrait-il que dans la confusion générale, on cherche un coupable au mauvais endroit ? Vous paraphrasez le maire Labeaume en évoquant l'installation d'une « simple famille d'immigrants qui souhaite s'installer au Québec tout en conservant ses croyances et ses pratiques religieuses, dans le respect de la Charte canadienne des droits et libertés de la personne ». Avez-vous pensé qu'il se pourrait que cette image ne soit en fait qu'une métaphore qui cache l'essentiel du problème encore une fois ? C'est tellement plus simple ; et qu'il se peut que les actes de quelques individus et les démarches entreprises par certains groupes de pression en toute légalité et conformément aux prescriptions de la charte des droits et du Code criminel (eux aussi !), puissent être motivées par un phénomène d'un tout autre ordre... d'une nature incommensurablement plus complexe et plus menaçante pour notre société ; et que les réactions qu'il motive, que d'aucuns associent volontiers à du « racisme systémique », soient tout à fait légitimes et justifiables dans cet autre contexte ? 
Ce qui devrait être inquiétant ne serait-il pas cette désinvolture avec laquelle le mainstream médiatique et la bien-pensance triturent et orientent le débat en le réduisant au simple pseudo-constat du « racisme systémique » ou de la montée d'une hypothétique extrême droite au Québec ? 
Pour ma part, j'observe depuis plusieurs années les avancées spectaculaires des communautés musulmanes - car c'est bien de cela qu'il s'agit - ici comme ailleurs dans le monde et ce que j'y vois n'a rien de banal. L'islam est de toute évidence bien plus qu'une simple religion. C'est plus une idéologie politico-religieuse envahissante et revendicatrice qu'une simple religion. Et ce n'est pas la moins raciste des idéologies, ni la moins sexiste, ni la moins homophobe, ni la moins violente... ni la moins invasive permettez-moi ! Ce à quoi nous assistons ici comme ailleurs n'est pas une banale installation d'immigrants tranquilles et de bonne foi... mais bien plus une prolifération et une intensification du multiculturalisme et du communautarisme, voire du sectarisme, qui exacerbent les tensions puisque nos responsables politiques tout autant que nos commentateurs médiatiques et nos juristes semblent s'entendre pour accorder, de facto et pour une raison inconnue ( !), la primauté au droit religieux (islamiste par défaut) sur les autres droits fondamentaux protégés eux aussi par la charte canadienne (C 2) : le droit à la liberté de conscience et le droit à la libre expression entre autres, ce qui est non conforme à l'esprit et la lettre de la constitution canadienne et de la Charte québécoise des droits ! Un jour, il faudra cesser les bigoteries pour parler des « vraies affaires » !
Amicalement.
Richard Harvey
L'Ascension
Sylvain Lelièvre, toujours présent
OPINION / L'autre jour, je me suis mis à fredonner deux chansons de Sylvain Lelièvre en marchant par un temps magnifique d'été, soit premièrement Marie-Hélène et ensuite Petit matin. Des chansons que je connais par coeur et qui font partie de mon répertoire bien personnel, aux côtés de celles de Félix Leclerc, Gilles Vigneault ou encore Léo Ferré. C'est tout dire ! Et je me suis rendu compte qu'en 2017, cela fait 15 ans déjà que Lelièvre nous a quittés.Il nous a quittés comme ça, sans préavis, sans tambour ni trompette, et puis il s'était endormi dans le ciel en plein vol, la tête pleine de rêves et de chansons tendres à venir. En fait, il nous a quittés comme il a vécu ; discret, sans tumultes et sans grandes affiches pour annoncer sa dernière sortie. J'aimais Sylvain Lelièvre. J'aimais cet homme de tendresse et de conviction qui était d'une intégrité et d'une intelligence remarquables. Lelièvre était un être surdoué.
À 20 ans, il remporta un grand prix national de la chanson et plus tard, un autre prix d'envergure international. Il était toujours dans la vingtaine et n'osait pas encore vraiment se présenter sur scène avec sa voix et son piano. D'autres chantaient ses chansons. Il y allait étape par étape, ne voulant pas faire trop de tapage.
Dans le cadre d'un entretien à une émission de télévision, il disait que la plus grande blessure de sa vie avait été d'attendre trop longtemps pour faire éclater son talent.
N'empêche que Lelièvre nous aura légué une oeuvre riche et toute en nuance, une oeuvre empreinte de notre quotidien. Ses chansons demeurent une référence incontournable. Il demeure un de nos grands auteurs-compositeurs-interprètes. Sylvain Lelièvre est toujours bien présent parmi nous.
Yvan Giguère
Saguenay