Rien à fêter pour les personnes mal logées

OPINION / Il y a un an, le premier ministre canadien, Justin Trudeau, et son ministre responsable de l’habitation, Jean-Yves Duclos, déposaient la première Stratégie fédérale sur le logement de l’histoire du Canada. Pourtant, alors que le compte à rebours vers les élections générales fédérales de 2019 est déjà lancé, peu de choses ont changé pour les ménages locataires mal logés.

Le nombre effarant de ménages qui vivent des problèmes graves de logement, voire qui se retrouvent sans logis, exige des initiatives audacieuses. Au Québec seulement, 457 340 ménages locataires consacrent plus de la norme de 30 % de leur revenu pour se loger, dont 195 635 très précaires, puisqu’ils y consacrent plus de 50 %. Un logement trop cher, en mauvais état, voire insalubre ou trop petit, est le lot quotidien de trop nombreux locataires. Des centaines de milliers de personnes vivent dans des conditions nuisant à leur sécurité, leur santé et la pleine jouissance de leurs droits. Pour les femmes victimes de violences, les enfants, les personnes en situation de handicap et les autochtones, l’impossibilité de vivre dans un logement adéquat a des conséquences particulièrement dramatiques, qui font souvent les manchettes.

Il y a un an, Messieurs Trudeau et Duclos déclaraient que « la vision de la Stratégie nationale sur le logement est que tous les Canadiens disposent d’un logement répondant à leurs besoins et qui est abordable ». Or, peu des mesures présentées jusqu’à maintenant assurent que les logements construits soient réellement accessibles financièrement aux ménages à faible et modeste revenu. Non seulement la majorité des sommes allouées par Ottawa pour la Stratégie ne sera dépensée qu’après les élections de 2019, mais aucune n’est directement réservée pour le développement du logement social, la seule formule qui permet de garantir un logement de qualité et véritablement abordable aux ménages à faible ou à modeste revenu, cela de façon durable. Il faut que le gouvernement libéral comprenne que les centaines de milliers de personnes mal logées sur son territoire n’ont pas le luxe d’attendre 10 ans. C’est maintenant qu’elles doivent se priver de manger, couper dans l’hydro-électricité, l’habillement de leurs enfants et qu’elles sont chassées de leurs milieux de vie.

Malgré ses promesses durant la campagne électorale qui l’a mené au pouvoir, le premier ministre n’a pas su non plus rassurer les locataires des OSBL, des coopératives d’habitation et des HLM financés par le fédéral, se contentant d’annoncer des mesures temporaires concernant la protection de leurs logements.

Le 22 novembre 2017, en présentant sa stratégie, le gouvernement Trudeau annonçait aussi son intention de mettre en œuvre progressivement le droit de chaque Canadien et Canadienne d’accéder à un logement convenable. Comme plusieurs autres organismes québécois et canadiens, le FRAPRU demande à Ottawa de reconnaître formellement le droit au logement, en présentant sans tarder la loi qu’il a promise.

Nous avons amplement les moyens de combattre l’itinérance et de pallier au manque alarmant de logements sociaux et communautaires, et ce, dès maintenant. Ce n’est pas l’argent qui manque pour améliorer les conditions désastreuses de logement, mais la volonté politique. Pour preuve, le cadeau récent de 2,3 milliards $ fait à Chrysler pour éponger sa dette, alors que cette somme correspond à peu près au montant annuel revendiqué par le FRAPRU au fédéral, pour le logement social.

Le projet de loi qui sera déposé dans les prochaines semaines, tout comme le dernier budget avant les élections, doivent être à la hauteur des besoins et des objectifs ambitieux énoncés dans la Stratégie. D’ici là, nous n’avons rien à fêter.

Véronique Laflamme, porte-parole

Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)

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L’ENJEU DE L'ÉDUCATION

OPINION / L’éducation est un enjeu de première importance pour une société. Le proverbe « une société éduquée est une société en santé » ne saurait être plus vrai dans un monde aussi industrialisé que celui d’aujourd’hui. Heureusement, le Québec n’y échappe pas. Tout au long des années d’existence de notre province, l’éducation a été au cœur des débats et des actions politiques. Les politiciens, eux, ont clamé que l’éducation était une priorité. On est en droit de s’attendre que le nouveau ministre de l’Éducation, un enseignant d’expérience, qui se dit à l’écoute de la population réponde avec empressement et courage à besoins exprimés par celles et ceux qui travaillent dans les écoles, les élèves et leurs parents et grands-parents. Tous réclament de meilleures conditions d’apprentissage et pour cela, il est essentiel que tous les personnels qui interviennent auprès des élèves puissent accomplir leur mission sereinement.

Le collectif Debout pour l’école ! regroupe plus de 1000 citoyennes et citoyens de tous âges et de toutes les régions qui défendent le projet d’une école équitable et de qualité pour tous. Le 30 octobre, il a lancé une pétition adressée au ministre de l’Éducation afin qu’il priorise les vrais enjeux. Toute la population est invitée à la signer sur son site (https ://ecole.ca.edu/). Il y a péril en la demeure, donc il est temps d’agir comme citoyenne et citoyen épris de justice sociale.

Mathieu Simard

Responsable régional du collectif Debout pour l’école !

Saguenay