Revoyons les critères de sélection

OPINION / La nouvelle Loi sur l’immigration au Québec, adoptée en avril 2016, est entrée en vigueur cette semaine, le 2 août, tout comme les règlements qui en découlent. Il faut s’en réjouir.

Les nouvelles dispositions créent un processus d’admission plus efficace pour les nouveaux arrivants au Québec. Ce nouveau processus prévoit raccourcir de 32 à 12 mois le temps de traitement des demandes de certificat de sélection du Québec. Il remplace le principe du premier arrivé, premier servi, par un processus qui donne priorité aux candidatures qui répondent le mieux aux besoins de main-d’œuvre du Québec. C’est tant mieux pour les entreprises québécoises; tant mieux aussi pour les immigrants : on sait que l’emploi reste, et de loin, leur meilleur levier d’intégration à leur société d’accueil.

Il demeure toutefois préoccupant qu’à son entrée en vigueur, dans les faits, des nouvelles dispositions de la loi restent inconnues.

Plus préoccupant encore, le chantier de la sélection et de l’accueil des immigrants demeure à compléter.  La nouvelle réglementation n’a pas modifié les critères de sélection, qui reflètent toujours de vieux schèmes de pensée face aux qualifications des travailleurs. 

En résumé, on privilégie la longueur de la formation, au détriment du domaine de cette formation. Le système de points qui gouverne la sélection des immigrants contient en lui les germes d’une situation qui perdure : la prévalence d’immigrants surqualifiés pour les emplois qu’ils occupent cohabite avec une pénurie de main-d’œuvre pour des postes requérant des niveaux de qualification professionnelle ou technique. En 2011, on constatait que 49 % des immigrants étaient surqualifiés pour le poste qu’ils occupaient, contre 30 % pour les travailleurs nés au Québec. Selon une étude de Statistique Canada, en 2015-16, pour chaque poste vacant nécessitant un diplôme universitaire, six chômeurs qualifiés étaient disponibles; mais seulement deux étaient disponibles pour les postes ne requérant aucun niveau minimal de scolarité. 

Au Québec, et dans nos régions en particulier, la véritable pénurie concerne non pas ceux qui ont un doctorat, mais bien les postes non qualifiés, ceux requérant un diplôme d’études secondaires ou collégiales. Il est donc essentiel et urgent de revoir les critères de sélection.  La FCCQ a déjà formulé sa position à cet égard. Elle tient en trois points :

1. Supprimer les seuils éliminatoires pour les travailleurs peu qualifiés, s’ils bénéficient d’une offre d’emploi validée, c’est-à-dire la confirmation qu’un employeur est disposé embaucher le candidat à l’immigration. Si un employeur québécois s’est donné la peine d’aller recruter ce travailleur jusque dans son pays d’origine, le besoin à combler doit être très réel. En outre, peu importe leur niveau de scolarité, ces travailleurs créeront de la richesse au Québec dès leur arrivée.

2. Pour les mêmes raisons, augmenter la pondération accordée dans la grille de sélection à l’existence d’une offre d’emploi validée. En principe, la grille de sélection doit mesurer la facilité d’intégration d’une personne dans sa société d’accueil. Puisque comme l’emploi est le meilleur levier d’intégration, cette proposition devrait aller de soi, d’autant que les entreprises peuvent contribuer à la francisation des nouveaux employés

3. Augmenter la pondération accordée au domaine de la formation relativement à la durée de celle-ci. 

C’est à ces seules conditions que la grille de sélection pourra mieux tenir compte de nos besoins de main-d’œuvre et des goulots d’étranglement qui freinent la croissance et la création de richesse au Québec.

Grâce à la nouvelle réglementation sur l’immigration, on donnera la priorité aux candidats qui correspondent le mieux à nos critères de sélection. Reste à revoir ces critères pour qu’ils reflètent à la fois nos besoins de main-d’œuvre à combler et, par la même occasion, les chances réelles des candidats de s’intégrer rapidement à la société québécoise. 

Stéphane Forget, MBA

Président-directeur général

Fédération des chambres de commerce du Québec

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UNE OPÉRATION MARKETING

OPINION / À peine au cœur des vacances (fin juillet) les commerces annoncent le retour à l’école. « Dépêchez-vous, profitez de nos bas prix ! » C’est devenu comme les grandes fêtes de l’année : périodes de profits. 

S’il vous plaît, laissez les cerveaux se reposer, laissez la paix aux parents, laissez vivre l’été ; c’est si court !

Je rêve du jour où l’école sera gratuite ou presque. Je crois que l’élève peut apprendre avec un minimum de moyens. Terminé les maux de tête concernant le budget de la rentrée et pour les commerces (désolée pour eux !), ils devront se replier encore et encore sur les événements de l’année (Noël, Saint-Valentin, Pâques, Halloween, etc.). 

Je ne crois pas également que les commerces aient tant à cœur le monde scolaire : l’argent et l’éducation, deux créneaux bien différents.

Le retour à l’école devrait signifier la hâte à l’apprentissage. Non au stress de magasinage, non au marketing ! L’école n’est pas un événement ; c’est la base d’une société en santé, un point c’est tout ! 

Monique Lefebvre

Sainte-Geneviève-de-Batiscan