Révoltant et injuste

OPINION / Les actions qui suivent ont été organisées par Loge m’entraide au nom des locataires appauvris de Saguenay qu’elle défend et représente de par sa mission première.

1er octobre 2015 : Loge m’entraide dépose une lettre au maire de l’époque, Jean Tremblay, pour obtenir une aide municipale modeste de 71 300 $ par an pendant 10 ans afin de fonder la coopérative d’habitation la Solidarité à Jonquière, un besoin urgent. Demande refusée.

8 décembre 2016 : Loge m’entraide manifeste devant l’hôtel de ville pour demander à nouveau une aide municipale modeste. Manifestants ignorés. 

11 février 2016 : Loge m’entraide tient son premier sit-in silencieux mensuel sur neuf dans les escaliers de l’hôtel de ville afin d’exprimer le besoin urgent des locataires appauvris. Besoin ignoré. Comme par hasard, à la même heure, le comité exécutif de la ville vote une résolution coupant à jamais l’unique don annuel de 1500 $ que le maire offrait à Loge m’entraide pour assurer sa survie.

14 avril 2016 : 3e sit-in et dépôt d’une pétition signée par 5600 citoyens demandant d’offrir l’aide municipale. Citoyens ignorés. 

11 novembre 2016 : Loge m’entraide écrit au maire l’informant que 112 000 $ ont été amassés auprès de 69 donateurs, baissant l’aide municipale modeste requise au projet. Donateurs ignorés.

8 juin 2017 : le comité exécutif de la ville octroie 150 000 $ par an pendant 25 ans à l’Office municipal d’habitation pour 105 logements dédiés à des locataires ayant un trouble du spectre de l’autisme et/ou problème physique/intellectuel. Loge m’entraide demande en signe de partage un fragment du 3,7 M $, soit 7 133 000 $, pour aider aussi la naissance de la coopérative d’habitation la Solidarité à Jonquière. Partage ignoré.

13 juin et 19 septembre 2017 : Loge m’entraide tient 2 tintamarres, derniers cris au maire avant son départ politique. Cris ignorés.

Et dire que pendant ces 24 mois de combats acharnés des locataires appauvris, se planifiait et se signait en catimini des contrats blindés à coup de millions $, avec indemnités de départ ahurissantes à des employés/fonctionnaires dit-on « amis du maire » (425 000 $ à M. Ghislain Harvey, 155 000 $ à Mme Francyne Gobeil et 560 000 $ à M. Louis Coulombe) ! Mettons-nous à la place des locataires appauvris ! Le cœur me serre à chaque contrat et indemnité que je vois passer publiquement tellement c’est révoltant et injuste !

Les locataires appauvris ont été ignorés, écorchés et ont aujourd’hui perdu confiance aux élus municipaux. Dommage que la nouvelle mairesse ait décliné leur demande de rencontre... Même 5 minutes pour les saluer auraient suffi à guérir un peu leur blessure. Loge m’entraide fait donc appel aux élus municipaux, spécialement ceux de Jonquière, pour que ce projet d’exception, vécu dans un contexte singulier, reçoive l’aval financier requis lors du budget municipal du 20 décembre prochain.

Si la nouvelle administration a réussi à trouver en 1 mois de nouvelle gouvernance plus de 1 million $ à offrir en indemnités de départ, elle peut aussi trouver au nom de la lutte à la pauvreté et du droit au logement, 71 300 $ par an pendant 10 ans équivalent à 0,51 $ par an pendant 10 ans par habitant (argent qui restera à la collectivité et non à des intérêts privés), pour offrir un toit digne à des locataires appauvris de Jonquière.

Et quand ce projet ne sera plus menacé par l’arrivée d’une nouvelle table de concertation où seront invités à tort, les propriétaires de logements qui auront pour seul but de mettre à mort ce projet, Loge m’entraide sera sans doute dans de meilleures dispositions intérieures pour pouvoir discuter objectivement de l’avenir du logement social à Saguenay comme le veut la mairesse.

Sonia Côté, coordonnatrice 

Loge m’entraide

Pourquoi sacrer ?

OPINION / Dimanche soir (le 10 décembre dernier), le gala des Olivier. Une belle vitrine pour nos humoristes et une belle occasion pour récompenser les spectacles de l’année. Il y a beaucoup de talent chez nous et une belle relève déjà prête à prendre le relais si on veut bien leur faire de la place. Félicitations à M. Morency et à son équipe pour le numéro d’ouverture, un petit bijou.

Toutefois, en écoutant certains numéros et présentations, je constate que notre société est encore prisonnière du colonialisme religieux alors que je croyais que nous étions rendus plus loin collectivement et qu’il n’était plus nécessaire de sacrer pour obtenir un rire ou de dire le mot « fuck » 10 fois en moins de 2 minutes pour obtenir un effet. 

Est-ce un problème de génération ou de niveau de langue ? Mais toujours est-il que je m’ennuie de l’humour tout en subtilité de Sol qui n’avait pas besoin de sacrer ou de dire « fuck » pour obtenir des rires. 

Pierre Lincourt

Chicoutimi