Retour vers le passé

OPINION / Sous forme d’humour subtil, la caricature de Mario Lacroix, dans Le Quotidien de jeudi, démontre toute l’incohérence des décisions de l’administration municipale actuelle. Michel Potvin, qui, pas plus tard qu’il y a quelques semaines, annonçait des coupes de près de 2 millions $ chez Promotion Saguenay, se trouve maintenant à la tête de l’organisme, que son parti, l’Équipe du renouveau démocratique (ERD), a tenté de discréditer par tous les moyens.

Et cet outil de développement économique que l’ERD souhaitait voir se distancer de l’administration municipale compte désormais quatre représentants de la table du conseil de ville au sein de son conseil d’administration.

Qui plus est, on glorifie désormais les réalisations de Promotion Saguenay en surfant sur les réalisations de l’administration précédente. Pourtant, la vraie question est de savoir où on en est après deux ans de tergiversation, de changements de direction, de coupes et d’augmentation de taxes.

Les citoyens sont-ils mieux servis ? Ont-ils vu la ville croître et mieux se positionner pour accroître ses attraits comme moyen de rétention à l’égard de sa population ?

Après un peu plus de deux ans, on en est plutôt un pas en arrière. Un retour vers le passé, où la langue de bois faisait recette.

La mairesse nous ressort la vieille cassette chère à l’ex-candidat à la mairie Arthur Gobeil : des axes stratégiques, des processus d’élaboration de plan stratégique – imaginez, on est loin de l’application –, des termes vides de sens, mais qui frappent l’imagination. Comme cet affreux néologisme des années 70 qui nous annonce « des projets structurants ».

À travers cette panoplie de vocabulaire inventé par les technocrates, on tente de camoufler notre incapacité à trouver des projets rassembleurs pour sortir notre ville de l’immobilisme de ses administrateurs. Comme objet de diversion, qui agit plutôt comme élément de discorde entre les arrondissements, on nous propose un projet d’amphithéâtre au centre-ville de Chicoutimi. Et pour enrober le tout, on nous offre des consultations publiques électroniques, rendues possibles à la suite de l’acquisition d’un logiciel appelé Bang the Table, propriété d’une firme de Vancouver.

Quand on manque idées et de capacité à décider, on consulte. Ou mieux, on dresse des tables de concertation, comme disent nos technocrates. Ça ne fait rien avancer, mais ça passe le temps.

Outre la mairesse, la table du conseil compte 15 conseillers, bien rémunérés, qui ont été choisis par la population pour prendre les décisions. Alors que dans ces pages, récemment, le président de l’ERD glorifiait l’administration municipale actuelle en lui attribuant le mérite d’unifier la région, il semble qu’on devrait d’abord travailler sur l’unité au sein des membres du conseil de ville afin que tout le monde pousse dans la même direction pour trouver des solutions à l’immobilisme actuel.

Richard Banford

Ex-chef de cabinet

Saguenay

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PRIORITÉ À LA VIE

De plus en plus de piétons sont happés par les automobilistes. À Montréal, cela commence à devenir une habitude sordide. Le 11 mai, une jeune piétonne de 23 ans a succombé à ses blessures, quelques jours après avoir été frappée de plein fouet par un conducteur.

On me dira qu’il faut s’y faire, que des piétons, il en tombe par dizaine tous les jours dans les grandes villes de notre planète. Qu’on est dans un monde fou où le parc automobile mondial est en train de nous engouffrer de toute façon. Je sais bien, mais moi, je ne m’y fais pas. Je ne me résonne pas à ce sujet.

Vous voyez, 23 ans – l’âge de la jeune piétonne qui est décédée sur le Plateau Mont-Royal –, c’est à peu près le même âge qu’Hélène, figure emblématique de ma mémoire. Jeune étudiante en art, talentueuse, vouée à un brillant avenir aux dires de ses professeurs, une artiste qui avait déjà en elle une touche de génie. Mais surtout, une amie chère à moi, belle, gracieuse, intelligente et vertueuse, qui m’a fait connaître et aimer les grands noms de la chanson française et québécoise, qui m’a introduit au monde de l’art moderne, qui aimait à la folie la vie, mais qui savait si bien critiquer notre monde avec vision et grande pertinence. Elle était plus âgée que moi de quelques années, elle était presque une mentore à mes yeux. Elle marchait dans notre monde la tête haute et le regard frondeur, en fredonnant les airs de Ferré et de Barbara. Quand je marchais à ses côtés, je rêvais du jour où enfin je pourrais lui prendre la main pour aller valser ensemble sous les étoiles.

Mais un soir, où 200 kilomètres me séparaient d’elle, elle fut projetée hors du cadre de la vie par un automobiliste qui avait oublié qu’il fallait donner priorité aux piétons, surtout dans une ville comme Montréal. Hélène fut fauchée bêtement, injustement dans un éclat vif, alors qu’elle était en plein élan vers la lumière. Alors qu’elle était en plein essor, alors qu’elle venait tout juste de quitter, ce soir-là, les portes de l’université, la tête pleine de couleurs et de traits de crayon, traçant à l’avance de grandes oeuvres à venir.

Pour Hélène, mais aussi pour tous ceux et celles qui ont perdu la vie en ne faisant tout simplement que marcher dans nos villes. Pour ces humains actuels, bipèdes vulnérables, marcheurs de jour ou de nuit, hommes et femmes de notre époque. Pour eux, je demande aux automobilistes d’être vigilants et aussi de laisser la priorité aux piétons, comme la loi le stipule. De laisser une chance à tous ces êtres qui marchent sous les astres et sous le soleil. Priorité à la vie !

Yvan Giguère

Saguenay

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LE PARADOXE DES ÉTUDIANTS

Voir des jeunes de cinquième secondaire fêter la fin des cours en brûlant toutes sortes de débris et boire à en perdre la tête, c’est révoltant.

Mais ce qui est encore plus révoltant, c’est de laisser un terrain encombré de cannettes, de bouteilles, de cartons d’emballage, etc.

Et bientôt, nous verrons ces mêmes jeunes dans les rues, pancartes à la main, manifester pour « sauver la planète »...

Prônons une planète en santé, mais laissons les autres ramasser nos détritus...

Quel paradoxe, quel manque de logique et de jugement !

Raymond-M. Gagnon

Saguenay