Restaurer les structures existantes

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
OPINION / Afin de diminuer la dette de la ville, les échevins indépendants ont fait front commun et ont rejeté le budget présenté par la mairesse et le conseiller aux finances. Dans la deuxième version du budget, une augmentation du taux des taxes municipales et un arrêt des grands projets (aréna au centre-ville, «soccerdôme» et conversion d’une église en bibliothèque) ont rallié les élus.

À ma grande surprise, les promoteurs de ces projets n’ont pas lâché le morceau et la galère des mégas projets est repartie avec l’accord de la mairesse. Avant de se lancer dans la construction de nouvelles structures, ne vaudrait-il pas mieux restaurer celles qui existent et qui ont été négligées depuis plusieurs années, dont le pont de Sainte-Anne qui a été donné à la Ville (structure et entretien) par le ministère des Transports à la demande de feu le maire Henri Girard, et le centre de ski Mont-Fortin, pour ne nommer que ceux-ci.

La ministre des Affaires municipales et députée de Chicoutimi, Andrée Laforest, sait très bien qu’une majorité des citoyens de Saguenay s’opposent aux grands projets précités et demeure très prudente avant d’accorder les subventions demandées par la mairesse. D’ailleurs, il ne faut pas ignorer que même si une subvention est accordée pour tel ou tel projet, elle ne couvre jamais la totalité des coûts et il s’ensuit que la Ville doit emprunter pour combler la différence et augmenter ainsi le « service » de la dette.

La dernière idée farfelue des élus pour obtenir une subvention pour réparer le pont de Sainte-Anne, et qui m’a fait bien rire, était de le faire reconnaître comme une structure patrimoniale. Est-ce assez farfelu ?

Eugène Tremblay

Chicoutimi

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PLUS DE LEADERSHIP

La semonce de la ministre Laforest renforce l’impression de plusieurs contribuables, soit que Saguenay fait du surplace, ce que vous soutenez aussi dans votre texte (L’heure de gouverner, éditorial de Marc St-Hilaire publié le samedi 18 janvier). D’un autre côté, plusieurs conseillers disent consacrer de 40 à 50 heures par semaine à leur travail et même qu’être conseiller à Saguenay est un job à temps plein. Je ne doute en rien de leurs efforts et du temps qu’ils consacrent aux affaires de la Ville. Mais quand on travaille autant pour des résultats jugés insuffisants par des habitants de la Ville et par une ministre qui veut aider, est-ce vraiment dû seulement à un manque de cohésion et à des différends dans un conseil si des dossiers ne décollent pas ou sont si lents à aboutir ?

Vous écrivez que le conseil devra livrer des résultats quantifiables et des réalisations tangibles d’ici les prochaines élections. Fort bien, mais pour cela, il va falloir plus que la collégialité entre les membres du conseil et les peut-être trop nombreuses heures de travail que certains conseillers y mettent. Dans une Ville, les politiciens passent, mais l’appareil administratif reste. Là se trouve l’expérience de gestion de la Ville, la connaissance des dossiers et des couloirs de communication avec les ministères, la préparation et le cheminement des dossiers à défendre, etc. Les politiciens qui réalisent de grandes choses ont habituellement derrière eux de forts mandarins. Est-ce que l’appareil administratif sert bien le conseil, est-ce que le conseil exploite bien cet appareil ? Prenons un exemple : le conseiller Potvin, responsable des finances, avait comme objectif d’abaisser de 5,2 millions $ les dépenses de la Ville en 2019, cible atteinte à moitié. L’écart est assez important pour poser ces questions : l’appareil administratif était-il partie prenante de cet objectif, ou non ? Si oui, pourquoi tant d’écart ? Sinon, pourquoi ne pas avoir sollicité son avis avant d’établir la cible ? Un conseiller a pour sa part voté contre le budget 2020 parce que l’objectif de réduction de 2019 n’a pas été réalisé au complet. Il le croyait atteignable. Pourquoi ne l’a-t-il pas été ? Je doute que le manque de collégialité au conseil soit en cause dans ce cas ni le bon vouloir des conseillers et de la mairesse.

Pour obtenir des réalisations et des résultats significatifs en moins de deux ans, plus de collégialité oui, mais aussi du leadership et un efficace support de l’appareil administratif de la Ville, si possible bien sûr.

Roger Boivin

Chicoutimi