Réponse des résidences Chartwell

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
OPINION / M. Marc St-Hilaire, directeur général et rédacteur en chef,Nous avons lu avec intérêt la lettre d’opinion diffusée dans votre publication, signée par des employé/es représentant les travailleurs et travailleuses des résidences Chartwell qui sont actuellement en grève. Nous jugeons nécessaire d’exprimer notre point de vue en contrepartie.

Le monde entier traverse une crise sans précédent face à la pandémie de COVID-19. En raison de l’impact de cette maladie, particulièrement sur les aînés, nous regrettons le moment choisi par le syndicat pour exercer cette grève, alors que nous devons tous nous unir pour combattre l’une des situations les plus difficiles de notre vie. Nous avons d’ailleurs été soulagés que le Tribunal administratif du travail ait été sensible à la situation en ordonnant le maintien de plus de services essentiels pendant cette grève, dont 100 % des soins de santé. Nos équipes sont à pied d’oeuvre pour continuer de servir nos résidents malgré les contraintes imposées par le syndicat, afin de préserver leur confort et leur sécurité alors que nous continuons notre lutte contre la propagation de la COVID-19.

Nos discussions à la table des négociations se poursuivent cette semaine dans le but de parvenir à une entente dans l’intérêt de tous. Comme les syndicats ne représentent qu’un seul groupe des parties prenantes, il faut reconnaître que leurs revendications ne tiennent pas compte de l’impact financier d’une rémunération plus élevée sur nos résidents, leurs familles, nos partenaires, nos investisseurs ou tout autre groupe d’intérêts. Les salaires des employés correspondent, en fait, à la plus grande part de nos dépenses. Ensuite viennent les frais d’exploitation, qui englobent notamment la nourriture, les fournitures, les services publics, les taxes foncières et les améliorations apportées aux immeubles. Ces éléments représentent la majorité des dépenses prélevées sur les revenus générés. Historiquement, les distributions à nos investisseurs, qui sont d’ordre public, s’élèvent en moyenne à environ 4 % par an, ce qui, vous en conviendrez, ne représente pas un rendement important contrairement à ce que véhicule le syndicat.

Comme vous le savez, lorsqu’on choisit de vivre dans une résidence pour retraités, on choisit beaucoup plus qu’un simple appartement locatif. Nous proposons plutôt un large éventail de services adaptés aux besoins des aînés. Puisque les loyers et services des résidences privées pour aînés sont régis par la Régie du logement du Québec, les augmentations de loyer sont indexées selon la variation des indices des prix à la consommation, qui n’ont rien à voir avec les augmentations beaucoup plus importantes que nous subissons en lien avec les salaires, la nourriture et les autres dépenses. C’est donc dire que les augmentations de coûts sont presque entièrement absorbées par les opérateurs de résidences tout en veillant à maintenir la grande qualité de nos services pour le bien-être de nos résidents. Aucune entreprise ne peut absorber une augmentation importante de ses coûts sans que cela ait une incidence sur ses autres parties prenantes. Nous sommes d’ailleurs un cas unique.

Nous sommes reconnaissants envers notre personnel qui a fait preuve d’un courage, d’un engagement et d’une résilience extraordinaires pendant cette pandémie. Nous restons déterminés à obtenir un dénouement équitable pour eux ainsi que toutes les parties dans le cadre du processus de négociation établi.

Nous invitons les syndicats à collaborer avec nous pour que l’issue des négociations soit équitable pour toutes nos parties prenantes. Les négociations concernant la rémunération des salariés doivent tenir compte de la capacité de payer de nos résidents, des réglementations gouvernementales concernant l’augmentation annuelle des loyers et des crédits d’impôt pour aînés et, enfin, de la capacité des entreprises à poursuivre leurs activités dans le but d’offrir des services de qualité, et à réinvestir dans leurs immeubles. Cette solution existe : nous sommes prêts à travailler avec tous nos partenaires pour la trouver et invitons nos partenaires syndicaux à se joindre à nous dans cette démarche.

Marie-France Lemay

Vice-présidente, Opérations et ventes

Chartwell