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Réponse de la Coalition Fjord à Éric Tétrault

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
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OPINION / Depuis la fondation de la Coalition Fjord en novembre 2018, nous n’avons jamais répondu aux lettres ouvertes de partisans du projet de GNL Québec et de Gazoduq, et ce, pour plusieurs raisons. Nous reconnaissons et défendons le droit de toutes et tous à s’exprimer sur le sujet et invitons les gens à le faire dans un cadre de respect et de dialogue, car nous sommes conscients que le débat actuel peut mener à des divisions dans nos communautés, créant parfois des fossés difficiles à surmonter pour travailler ensemble et, simplement, vivre ensemble.

Par Adrien Guibert-Barthez, coordonnateur, au nom de la Coalition Fjord

Nous tenions cependant à répondre à votre lettre ouverte nous étant adressée, où vous disiez que notre campagne de mobilisation était «irresponsable», que nous versions dans une «démagogie verte qui polarisera davantage l’opinion publique» ou encore que nous ne comprenions pas les paramètres des changements climatiques. D’ailleurs, si l’on en croit vos propos, le BAPE ne les aurait pas compris non plus.

Nous passerons outre ce ton paternaliste pour nous concentrer sur les arguments que nous avons amenés et que vous avez tenté de réduire.

Nous considérons inacceptable que les tarifs d’hydroélectricité pour l’ensemble des Québécois et Québécoises augmentent de 2,5% par année à partir de 2030 pour permettre à GNL Québec de payer moins cher son électricité.

Cette hausse des tarifs fut tout d’abord dénoncée par l’Union des consommateurs et s’explique (rapidement) ainsi : selon le Plan d’approvisionnement 2020-2029 présenté par Hydro-Québec en novembre dernier, l’époque des surplus en énergie se terminera en 2027. Après cette date, la société d’État devra aller chercher plus de puissance en construisant de nouvelles centrales ou en achetant auprès de fournisseurs. Le coût de production des nouvelles centrales étant plus élevé que celles construites par le passé, le coût moyen de production augmentera et créera un manque à gagner pour Hydro-Québec.

Lors de la séance du BAPE du 22 septembre à 13h, à la suite d’une question posée par un de nos membres, GNL Québec dévoilait que la consommation électrique de son usine serait de 4,6 MWh. Cette consommation doit être additionnée à celle de Gazoduq, que nous estimons à près d’un Mégawattheure (la compagnie n’a pas confirmé la consommation nécessaire, mais a rendu publique la puissance nécessaire, soit 120 MWh). Cette quantité phénoménale d’énergie correspond à la consommation moyenne de près de 300 000 maisons. C’est donc une quantité non-négligeable qui, forcément, ferait augmenter les coûts pour Hydro-Québec.

De 2027 à 2030, ces nouveaux coûts seraient assumés par Hydro-Québec et le gouvernement du Québec. En trois ans, on parle d’un milliard de dollars de manque à gagner.

Dis autrement, ce serait un milliard de dollars qui n’iraient pas dans les coffres de l’État pour payer nos écoles, nos hôpitaux et toutes les autres dépenses de la société.

À partir de 2030, le coût serait refilé aux clients d’Hydro-Québec en augmentant leur facture de 2,5%. Cette augmentation, sur la durée de vie du projet de GNL Québec, totaliserait 10 milliards de dollars.

Vous pouvez être en désaccord et trouver que ce n’est pas cher payé pour construire une nouvelle usine et un nouveau gazoduc, mais vous seriez en porte à faux avec 87% de la population qui n’est pas d’accord de voir ses tarifs d’hydroélectricité augmenter pour compenser le manque à gagner d’Hydro-Québec.

Enfin, permettez-nous, M. Tétrault, de soulever bien respectueusement le conflit d’intérêt évident qui est le vôtre, vous qui représentez des vendeurs de gaz, ce qui explique le biais de votre propos, mais ne justifie pas leur mépris.