Réponse à une personne qui se dit athée

OPINION / Je vous trouve bien courageux, monsieur Sébastien Lévesque, de vivre sans croire en une puissance bienveillante, vivante et agissante au plus profond de vous. Et je vous admire sincèrement, sans ironie aucune, de ne compter que sur vos ressources humaines pour donner sens et saveur à votre existence. Pour ma part, je me sens trop vulnérable et avec trop de limites pour y arriver. Je rends grâce chaque jour d’être capable de mettre de côté ma rationalité pour croire en un Dieu vivant. Vous dites qu’il n’y a pas de preuves scientifiques de l’existence de Dieu ni de raisonnements assez concluants pour y croire ? Je vous en prie, n’épuisez pas vos énergies à chercher avec votre tête ; vous n’en trouverez pas. La véritable expérience de Dieu est une rencontre du cœur. Elle demande un abandon complet dans la confiance. C’est pourquoi elle est folie pour les sages de ce monde.

Vous qualifiez l’athée de non croyant ! En raison de mon respect pour lui, je n’y crois pas. Déjà, ne croire qu’aux preuves est une croyance. Qu’il cherche plutôt ce qui le fait vivre, ce qui donne du sens à son existence et lui donne le goût de la vivre. Vous-même, cherchez ce qui vous motive à écrire vos chroniques fort stimulantes. Cherchez avec patience, vous trouverez quelles sont vos idoles.

La fête de Noël offre chaque année l’occasion d’alimenter cette recherche. On y célèbre la naissance d’un enfant né vulnérable, sans faste ni puissance, pauvre parmi les pauvres, avec la mission d’annoncer la richesse de l’amour. Une mission qui féconde encore des fruits après deux mille ans, comme le manifestent les nombreux élans de générosité envers les plus démunis.

Je termine avec ces citations de Saint-Exupéry, puisée dans Terre des hommes. « Des réflexions sur la puissance et la relativité des croyances. La vérité n’est point ce qui se démontre, mais ce qui simplifie. […] Tous, sous les mêmes mots contradictoires, nous exprimons les mêmes élans. […] Ce sont les terres qui savent reconnaître le blé. »

Ces citations invitent à ne pas juger la richesse des croyances sur leur objet, mais sur leurs fruits. Si elles produisent des fruits de justice, d’entraide et d’amour et contribuent à construire un monde de paix, elles sont crédibles parce que profondément humaines. Parfois, elles sont en communion avec le visible et l’invisible, parfois non. Quelle importance si les fruits regorgent d’humanité !

À vous ainsi qu’aux lecteurs et aux lectrices du Quotidien, je souhaite une année ressourçante et féconde en joie, paix et amour. Et longue vie à la nouvelle coopérative !

Robert Gaudin

Saint-David-de-Falardeau